A quel stade de l’effondrement sommes-nous ? Et comment se préparer à la transition.

Dominique Baettig
Médecin, Ancien Conseiller national

A quel stade de l’effondrement sommes-nous ? Et comment se préparer à la transition.

La collapsologie, science de l’observation de l’effondrement financier, politique, culturel et sociétal qui est en cours, est utile à approfondir. Un auteur passionnant à lire dans le descriptif des mécanismes est Dmitry Orlov : né en URSS, dont il a connu l’effondrement brutal (et pu observer les capacités de résilience de la population, malgré le pillage de pans entiers de l’économie et l’émergence d’une mafia redoutable), il a émigré aux Etats-Unis, Empire sur le déclin, surendetté, dont il critique la démesure financiariste, l’arrogance, la violence, le droit d’ingérence moraliste.

Parler d’un effondrement n’est ni confortable ni facile dans une société sans limites, fondée sur la confiance aveugle en l’avenir radieux et le déni de la perception des problèmes. Le pessimisme, le réalisme ne sont pas de mise, les gâcheurs de l’utopie de la croissance infinie, les critiques du progrès linéaire avec le Bien garanti sont moqués, stigmatisés, renvoyés dans la marge. Et pourtant il est tellement évident que les choses ne peuvent plus continuer comme ça : épuisement prévisible des énergies non  renouvelables, empreinte écologique destructrice, surpopulation, gaspillage, disparition de nombreuses espèces, pollution, mutations génétiques, pompe aspirante de l’immigration, globalisation néolibérale, gigantisme, perte de l’autonomie, de l’indépendance, de la souveraineté, de la dimension à taille humaine. L’effondrement est là, même si la propagande politico-médiatique veut l’ignorer. Dans le domaine financier, bien sûr, avec une dette publique exorbitante, évidemment non remboursable  donc risques de guerres économiques, d’actions interventionnistes militaires, de démontage d’Etats qui deviennent faillis. L’économie mondiale  se relocalise, devient protectionniste, dans un certain chaos qui effraie les globalistes  bousculés dans leurs certitudes On se souvient que le conseiller de Trump, Steve Bannon, actuellement occupé à fédérer les populistes européens europhobes, avait théorisé la grande remise à zéro (reset) après l’explosion des bulles spéculatives, financières, l’économie numérique et leur effondrement.

Autodétermination

Avec la migration massive  et industrielle imposée, à des Etats comme la Grèce, l’Italie ( mais aussi à d’autres, comme les USA), on voit les dégâts économiques  : économie au noir, baisse des salaires, relocalisation d’entreprises qui trouvent dorénavant à domicile directement une main-d’œuvre meilleure marché et des conditions précaires encore plus favorables. Trafics, pénétration dans le monde économique des cartels de la drogue, démontage de l’Etat submergé et incapable de défendre le Droit. L’immigration de masse est un signe d’effondrement de la souveraineté étatique, une annonce de la mise en péril des acquis sociaux. Quant aux valeurs spirituelles et culturelles, on évolue vers des droits individuels abstraits, avec des groupes qui coexistent sans trouver de raisons de vivre ensemble, une précarisation par impossibilité de rester autonome et indépendant. La démocratie perd son enracinement et le Droit International (des multinationales et des élites globalistes) l’emporte tragiquement sur la souveraineté populaire.

Résilience

  1. Orlov s’intéresse tout particulièrement aux caractéristiques des groupes, des cultures, qui permettent de survivre (résilience, résistance) à l’effondrement.

L’URSS avait laissé en place un système de débrouillardise, de solidarité familiale, d’enracinement dans des valeurs naturelles et de bon sens, tout un réseau qui s’est construit pour aboutir à la Russie résistante et souveraine.

En Suisse, le Système politique démocratique garantit encore la décentralisation, le fédéralisme, la démocratie de proximité. L’initiative populaire « le droit suisse au lieu de juges étrangers » est vital, pour garder notre souveraineté et indépendance, malgré les perroquets mécaniques, les propagandistes des milieux de l’Economie, comme la Conseillère aux Etats Seydoux qui veulent nous faire croire, sans rire, qu’accepter cette initiative permettrait de violer les Droits de l’Homme.

D’autres initiatives vont être positives et doivent être soutenues pour permettre de sauvegarder une souveraineté alimentaire, corollaire de la souveraineté politique et démocratique. Uniterre est claire dans son appel à la souveraineté alimentaire : production locale, à dimension humaine, respectueuse des sols, des animaux, des consommateurs, sans céder aux lois du Marché de l’économie industrielle transnationale. Celle des Verts aussi, même si elle est plus idéologique, qui veut des aliments équitables.

Garder une économie de secours qui permettra, lors de l’effondrement, de se débrouiller et de constituer son autonomie et sa liberté d’approvisionnement est vital. Comme la démocratie directe et les contre-pouvoirs institutionnels. Quand à inscrire le vélo, moyen de transport économique de proximité, dans la Constitution, pourquoi pas. Lorsqu’il y aura pénurie de carburants, par contre, les pistes cyclables ne seront plus très utiles. Les vélos utiliseront les routes classiques.

Autodétermination et autonomie

Apprendre à chacun à savoir se débrouiller, réparer, recycler, savoir se serrer la ceinture, développer des réseaux informels d’échange et d’accès aux biens agricoles de proximité, faire son service militaire pour y apprendre la survie, l’autodéfense, avoir son jardin potager, disposer de moyens individuels de produire des énergies renouvelables. Savoir pratiquer des alliances politiques citoyennes pointues, comme en Italie avec un gouvernement de populistes de gauche, le Mouvement cinq étoiles ( anti-austérité, défense des retraites, économie citoyenne) et populiste de droite ( fin de la migration imposée par les ONG contre l’Etat de Droit, les Droits acquis des autochtones, sortie de l’Union européenne et de l’euro).En Allemagne, la gauche se déchire entre partisans et critiques de la migration, c’est bon signe. Préparer des alternatives politiques, agricoles, industrielles pour le moment où l’effondrement prendra certains par surprise. Voilà l’action politique intelligente d’aujourd’hui.

 

Dominique Baettig, ancien conseiller national, militant souverainiste et antiglobaliste

 

4 commentaires

  1. Posté par miranda le

    LE PROBLEME de l’occident qui a vécu 70 ans de paix, c’est de ne pas pouvoir imaginer que la cruauté existe. Elle lui est montrée chaque jour, mais il reste dans le déni. Peur de faire connaissance avec son agressivité de survie?
    Le plus important à venir, reste l’affrontement futur avec l’Islam fasciste. MR Alexandre MENDEL a pénétré suffisamment de mosquées et entendu suffisamment de discours « anti-occidentaux » pour comprendre que ces gens là ne nous veulent pas un avenir. (cercle aristote – invitation de Mr Alexandre MENDEL pour ses différents livres, dont la France Djihadiste). Cela vaut le coup d’écouter certains passages où il évoque les projets de Daech. Ca fait froid dans le dos.

    D’autres drames peuvent survenir et nous mettre en situation de pénurie alimentaire et autres besoins vitaux. Si nous sommes vraiment COLLABORATEURS ou COOPERATIFS, nous nous en sortirons.
    Si nous cédons à la panique et au chacun pour soi, bon nombre d’entre nous disparaîtront. C’est toujours la collaboration, l’empathie, l’imagination qui ont sauvé l’humanité.

    Elle devrait s’exercer par quartier d’abord. Semblable à des milliers de petites mosaïques en activité. Et par village. D’où l’intérêt de faire connaissance avec son quartier, son village, de se parler de cet avenir INCERTAIN qui nous attend. Ainsi chacun sera prêt à exercer la solidarité le jour du grand drame.

    Ce n’est pas le jour du grand drame, qu’il sera temps de faire connaissance avec son quartier ou son village. Ne pas anticiper c’est se condamner.

    MAIS LES CAMPAGNES DEVRONT AVOIR DE LA SOLIDARITE ENVERS LES VILLES, CAR ELLES SONT DES LIEUX DE PRODUCTION.

    L’essentiel est déjà d’ORGANISER DES MINI CONFERENCES (barbecues ou apéros participatifs) PAR QUARTIER. Afin que les gens se connaissent, se parlent, s’apprécient et soient préparés au futurs bouleversements que nous vivrons. SI CELA EST FAIT, nous sommes à moitié sauvés. Après, il faudra parler d’ORGANISATION, de répartition des tâches, comment se préparer à cultiver de quoi survivre, comment avoir de l’eau en permanence etc…POUR CELA BEAUCOUP DE LIVRES SONT A NOTRE DISPOSITION DANS LE THEME  » SURVIVALISME ».

    – Ne pas oublier que n’importe quelle surface peut nous aider à survivre, pourvu qu’il y ait une bonne terre par dessus. (Le compost est tout à fait gérable dans les villes)
    – Et que l’eau peut couler de tous les toits, pourvu qu’elle glisse dans des réservoirs.
    – Ne pas oublier de créer son « four solaire » (bolivia Inti à Nantes) propose une bonne inititation, avec des matériaux simples) qui sera très utile sur un toit, dans un jardin, une terrasse, un balcon ou un support attaché à une fenêtre. (cuisson pour mijoter).

    Certaines écoles dans les provinces apprennent déjà aux enfants à produire des « légumes », pour le plaisir. Alors que cela devrait être enseigné SURTOUT dans les grandes villes sur les toits d’un maximum d’immeubles ou une partie des jardins publics. Car en tant de guerre , souvenons nous qu’en Angleterre LES JARDINS PUBLICS ont servi de potagers. Les londoniens doivent leur survie en partie aux jardins publics. Tous les londoniens se sont entraidés dans les jardins et « hors jardins ». La collaboration a donc « porté » ses fruits.

    A NOUS DE SAVOIR L’ETRE.

  2. Posté par Ghislaine Vallespin le

    « Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, l’humanité sera confrontée au problème global de sa survie  » Lu dans récit love story « les corps indécents ». On n’y échappera pas. Et cela devrait se vérifier dans quelques années seulement. Encore un peu de patience, la vérité ne tardera pas à voir le jour.

  3. Posté par Dominique Schwander le

    Mon confrère a bien raison de nous encourager à nous préparer à survivre parce que quoiqu’il arrive aux Etats-Unis, en Europe, en Israël, en Russie, en Inde, en Chine, etc, tous les Etats-nations vont devoir faire face à la troisième guerre mondiale qui sévit et se généralise. Les terroristes et les soldats sans uniforme musulmans, les dirigeants palestiniens, le Hamas, les Frères musulmans, les Wahhabites d’Arabie Saoudite, le Hezbollah, Al-Qaïda, l’Etat islamique d’Irak et d’Al-Sham, les mollahs iraniens et leur gouvernement, etc, partagent la même conviction idéologique de conquête et de soumission. Depuis XIV siècles l’objectif à long terme des musulmans est la conquête et la domination musulmane du monde entier. Tant de dirigeants mondiaux et de médias persistent à traiter le conflit israélo-palestinien arabe et musulman comme une question territoriale; ils refusent d’admettre que le jihad ou guerre « sainte » est idéologique et ne se limite pas aux juifs d’Israel mais s’étend au monde entier. En 2007, Al-Qaradhawi, auteur militant de plus d’une centaine de livres sur l’islam et l’islamisme, a déclaré: « les musulmans doivent commencer à agir pour conquérir ce monde … Cela se fera par la prédication et par l’idéologie ».  Ce même cheikh Yousuf Al-Qaradhawi, en 2003, a émis une fatwa (décret « religieux ») autorisant les femmes à commettre des attentats-suicides sans l’autorisation de leurs maris ou de leur chaperon mâle, ni à être escortées par un membre de leur famille, ni à se couvrir la tête d’un étendard musulman. Et voilà que des féministes idiotes utiles défendent les étendards politiques des femme musulmanes, étendards qui n’ont rien de religieux pour ce cheikh au lieu de se préparer au pire qui nous guette.

  4. Posté par Bussy le

    Le problème numéro un, que M. Baettig cite d’ailleurs, est la surpopulation.
    Tous les autres problèmes cités perdraient en intensité si la population mondiale baissait, à commencer par celle de l’Afrique bien sûr.
    C’est très mal parti, ceux qui devraient prendre la tête de ce combat, chercher des solutions, les Verts, n’étant apparemment pas du tout sensibles à ce problème, étant partout pour l’immigration massive donc le bétonnage massif, donc la disparition des espèces animales, etc. et soutenant en plus des tribus qui font des gosses comme les poules pondent des œufs ou d’autres arriérés pour submerger le monde et en prendre le contrôle.
    Quand le chaos viendra, les peuplades citées plus haut n’étant pas très débrouilles et étant habituées à être entretenues voudront s’approprier les biens de ceux qui surnageront…. donc un point important est effectivement de se préparer à l’autodéfense : les autochtones doivent cesser d’être de bons citoyens bien élevés et gentils et commencer à s’endurcir.
    Bienvenue dans ce monde « Orange mécanique » et merci à ses sponsors, de tous bords !

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