«Fake news» ? De l’Elysée au gouvernement, ces cinq fois où l’exécutif français a malmené la réalité

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«Les pouvoirs du régulateur seront profondément repensés durant l'année 2018 [...] pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers» : le 3 janvier 2018, lors de ses «vœux à la presse», Emmanuel Macron ciblait ouvertement les médias étrangers lors de l'annonce de son projet de loi pour lutter contre la «propagande» et les «fake news».

«#Fakenews» : #Macron prend les choses en main (?) 🤔
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— RT France (@RTenfrancais) 4 janvier 2018

Près de sept mois plus tard, la question des «fake news» semble moins que jamais l'apanage des médias étrangers... De fait, en faisant récemment des assertions publiques, l'exécutif français lui-même s'est parfois montré peu soucieux d'exactitude des faits. RT France a recensé, chronologiquement, cinq fausses informations relayées tantôt par l'Elysée, tantôt par des membres du gouvernement. Leur point commun : elles ont toutes été annoncées en 2018.

Il n'y a qu'une cinquantaine d'hommes isolés à la rue en Ile-de-France (selon un secrétaire d'Etat très «précis», en janvier 2018)

Le 30 janvier 2018, Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, ouvre le bal des inexactitudes de l'année en dévoilant le nombre «très précis» de sans-abri en région parisienne.

En effet, à l'heure où le débat s'intensifie autour de l'engagement non tenu d'Emmanuel Macron concernant le fait de ne ne plus voir «personne dans les rues, dans les bois [d'ici la fin de l'année 2017]», Julien Denormandie est invité à l'antenne de France Inter pour commenter la situation. Interrogé sur le nombre de personnes qui ont dormi dehors dans la nuit ayant précédé son passage en radio, le secrétaire d'Etat répond en ces termes : «C'est à peu près une cinquantaine d'hommes isolés, pour être très précis».

Quand un #secrétaire d'Etat estime le nombre d'hommes isolés à la #rue en Ile-de-France... à 50
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— RT France (@RTenfrancais) 31 janvier 2018

Indépendamment du caractère difficilement vérifiable du chiffre avancé, l'association Médecins du Monde n'avait pas tardé à dénoncer un «déni de réalité». La ville de Paris avait par la suite, le 15 février, organisé son propre recensement, dénombrant 2 952 sans-abri dans les rues de Paris.

La France a convaincu Donald Trump qu'il était nécessaire de rester en Syrie (selon le président de la République, en avril 2018)

Dans un entretien télévisé diffusé le 15 avril 2018, Emmanuel Macron assure avoir convaincu son homologue américain de maintenir ses troupes en Syrie. En effet, lors de son intervention, le président de la République française n'hésite pas à décrire l'influence diplomatique de la France sur la stratégie américaine en Syrie : «Il y a 10 jours, le président Trump disait : les Etats-Unis d'Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l'avons convaincu qu'il était nécessaire d'y rester [...], je vous rassure, nous l'avons convaincu qu'il fallait rester dans la durée.»

Toutefois, il n'aura fallu que quelques heures à la Maison Blanche, à travers la voix de sa porte-parole Sarah Sanders, pour recadrer l'Elysée, expliquant que le retour «dès que possible» des forces américaines était toujours au programme.

#Trump convaincu par #Macron de rester en #Syrie ? Pas vraiment selon la Maison Blanche...
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— RT France (@RTenfrancais) 16 avril 2018

Si le pouvoir persuasif d'Emmanuel Macron sur Donald Trump concernant l'évolution de la stratégie des Etats-Unis en Syrie reste à confirmer, les contradictions au sein de l'administration américaine à ce sujet restent très prégnantes, le département d'Etat américain ayant (à cette époque) affirmé ignorer un éventuel plan de Donald Trump concernant le retrait des troupes américaines en Syrie.

Frappes françaises en Syrie : un résultat parfait (selon le chef de la diplomatie française, en avril 2018)

Poisson d'avril bis ? Le 19 avril 2018, alors qu'il est interrogé par Ruth Elkrief sur BFMTV, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian se félicite de l'efficacité des frappes françaises en Syrie, affirmant catégoriquement : «Le résultat est parfait».

Cependant, entre des incidents techniques et des problèmes de largage de missiles respectivement rencontrés par la marine nationale et l'armée de l'air française, plusieurs loupés sont venus nuancer la version pour le moins enthousiaste de Jean-Yves le Drian...

#Syrie : de multiples couacs au sein de l'armée française, des missiles auraient connu des ratés
➡️ https://t.co/PtbEkNIFzwpic.twitter.com/dsYhtrwZ5H

— RT France (@RTenfrancais) 20 avril 2018

Selon Emmanuel Macron (encore), «le père de Steve Jobs était un réfugié syrien» (en juillet 2018)

Dans un tweet publié le 4 juillet 2018, Emmanuel Macron juge opportun de convoquer l'exemple de Steve Jobs pour inciter les Nigérians à avoir confiance en eux. Il n'hésite alors pas à présenter le père du fondateur d'Apple comme un réfugié syrien, ce qu'il n'était absolument pas...

«Le père de Steve #Jobs était un réfugié syrien» : quand #Macron prend des libertés avec la réalité
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— RT France (@RTenfrancais) 5 juillet 2018

Affaire Benalla : la communication ratée du porte-parole de l'Elysée (en juillet 2018)

Pour faire face au début de crise politique que s'apprête à traverser l'exécutif français dans le cadre de l'affaire Benalla, le 19 juillet 2018, l'ancien journaliste Bruno Roger-Petit effectue sa première intervention face caméra, en tant que porte-parole de l'Elysée. Le communiquant y multiplie les erreurs. En effet, il affirme par exemple qu'Alexandre Benalla avait «été mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire» dès que l'entourage d'Emmanuel Macron avait pris connaissance de la vidéo compromettante, il qualifie par ailleurs cette décision de «sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission». Cependant, ces deux assertions ont par la suite été infirmées.

Pour la première, on apprend finalement le 25 juillet de la bouche de Patrick Strzoda qu'Alexandre Benalla a été payé pendant ses 15 jours de suspension, le chef du cabinet d'Emmanuel Macron précisant qu'il a été décidé (après médiatisation de l'affaire deux mois plus tard) que «ses 15 jours de suspension [fasse]nt l’objet d’une retenue sur les droits à congés qu’il avait en reliquat au titre de l’année 2017».

Pour la deuxième, comme l'explique RTL sur son site, d'autres chargés de mission ont par le passé connu des sanctions plus lourdes que la décision initialement prononcée à l'encontre d'Alexandre Benalla. Par exemple Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande en 2014, «purement et simplement éjecté du Palais en moins de 24 heures» dans le cadre d'une affaire de conflit d'intérêts impliquant un cirage de chaussures. RTL rappelle également le cas du conseiller en nouvelles technologies de Nicolas Sarkozy, licencié en 2008 immédiatement après son arrestation pour conduite en état d'ivresse...

De nouvelles révélations pourraient mettre en doute la défense d'#AlexandreBenalla et de l'#Elysée#AffaireBenalla#Macron#Politique#Justice

➡️ https://t.co/ckF57abNCMpic.twitter.com/cgOC5Jp4cr

— RT France (@RTenfrancais) 1 août 2018

Lire aussi : Mai 2017 - mai 2018 : les relations difficiles d'Emmanuel Macron avec la presse

 

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