«Ils ont des dollars, nous avons Allah !» : la livre turque en chute libre, Erdogan maintient le cap

La devise turque a chuté de 7% en un jour – un record historique. Le président Recep Tayyip Erdogan dénonce «des campagnes hostiles» contre la Turquie. quant au ministre turc des Finances il doit présenter un plan de refondation économique,

La livre turque a brutalement chuté ce 10 août, perdant plus de 7% de sa valeur face au dollar, sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis et d'inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes.

La devise turque a brièvement franchi dans la matinée et pour la première fois la barre de 6 livres pour un dollar, après avoir perdu quelque 12% de sa valeur. Elle s'est ensuite quelque peu ressaisie et s'échangeait à 8h à 5,96 pour un billet vert, accusant une baisse de plus de 7% sur la journée. La livre turque, dont la valeur a fondu de plus d'un tiers face au dollar et à l'euro depuis le début de l'année, avait déjà cédé plus de 5% face au billet vert la veille.

La chute de la livre survient à quelques heures d'un discours attendu du ministre des Finances Berat Albayrak, également gendre du président Recep Tayyip Erdogan, qui doit présenter le «nouveau modèle économique du pays». Dans ce contexte particulier, la chute de la devise turque n'a pas manqué de faire réagir le président qui a dénoncé le 9 août au soir «des campagnes hostiles» contre son pays. «S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah !», a-t-il lancé.

Des problèmes structurels et une crise diplomatique

Le président turc fait référence à la grave crise diplomatique dans laquelle la Turquie est engagée avec les Etats-Unis au sujet d'un pasteur américain détenu par Ankara. Ces deux alliés au sein de l'Otan ont imposé la semaine dernière des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux. Une rencontre entre de hauts diplomates américains et turcs le 8 août n'a débouché sur aucune avancée notable en vue d'apaiser les tensions et des observateurs s'attendent désormais à ce que Washington impose de nouvelles sanctions pour accroître la pression afin de faire libérer le pasteur.

Ces tensions diplomatiques ne sont pas étrangères à l'épisode de turbulences que connaît le cours de la libre turque, mais les marchés s'inquiètent plus généralement de la politique économique du président Recep Tayyip Erdogan, qui se targue d'être «l'ennemi des taux d'intérêts», refusant de rehausser ceux-ci, comme le lui conseillent de nombreux économistes, afin d'endiguer l'inflation galopante qui a atteint 16% en juillet en rythme annuel.

Signe de l'imbrication étroite des problèmes structurels de l'économie turque et de l'influence de l'extérieur décriée par Recep Tayyip Erdogan, l'inquiétude des marchés a été renforcée par la publication d'un article du Financial Times selon lequel la Banque centrale européenne s'inquièterait d'une éventuelle contagion de cette crise monétaire à certaines banques européennes très présentes en Turquie.

RT

10 commentaires

  1. Posté par Jean-francois Morf le

    Erdogan adore Allah, Mahomet, et la Sharia. (=Satan, AntiChrist, et le Malsain Esprit).
    Les USA adorent Dieu, Christ, et le Saint Esprit.
    Dieu, c’est le hasard qui fait bien les choses aux USA: le dollar va survivre.
    Satan, c’est le hasard qui fait mal les chose en Turquie: la livre turque va crever.

  2. Posté par dan le

    serait-ce l arroseur arrosé ?

  3. Posté par Oblabla le

    La chute s’accélère, vendredi la livre turque a perdu 15% par rapport au dollar. Erdogan va devoir capituler non pas devant les américains mais face aux chinois qui en rachetant les ports turcs, ses sociétés industriels etc. auront le contrôle du pays…

  4. Posté par Antoine le

    Appliquons les lois en vigueur contre Herr Dogan !
    Nous avons toute une planoplie de lois qui ne demandent qu’à être activées ou réactualisées.
    Il est intolérable qu’un dictateur fasse la pluie et le beau temps en Europe. M. Trump l’a bien compris et est ferme face à ce guignol grandi-loquant !
    Il serait temps que mes chers concitoyens cessent de passer leurs vacances en Turquie, achètent du matériel turc et cessent de manger des kebab !
    C’est simple et efficace !
    Je n’ai rien contre le peuple turc (j’ai passé des mois à travailler pour une entreprise suisse en Turquie, super accueil !) qui subit comme nous autres les décisions venues d’en haut !
    Mais il faut faire connaître notre mécontentement et désapprobation !

  5. Posté par Michel le

    Les Turcs l’ont réélu, eux ont donc affaire au diable Erdogan, copié-collé de son guru, – bravo pour la photo d’illustration !- Qu’ils se débrouillent .
    Nous les Gaulois, nous avons Macron et sa clique, nos voisins teutons ont encore leur tique Merkel et les Ibères ont renoué avec les socialopathes. A chacun ses emmerdes.
    Pour que l’Europe cesse d’offrir son cul aux Ottomans, nous Européens Patriotes devons d’abord faire le ménage chez nous.
    « La voix du peuple est la voix de Dieu », alors faisons nous entendre et agissons.

  6. Posté par Nicolas le

    Retour d’outre-mer par l’aéroport de Frankfort: Ce n’est plus l’Allemagne mais un territoire ottoman.

  7. Posté par Bussy le

    Manquerait plus qu’une grave crise en Turquie…. en plus des médecin, ingénieurs et physiciens syriens qui y sont retenus et qui arriveraient en Europe, arriveraient les médecins, ingénieurs et physiciens turcs, augmentés de quelques millions d’astro-physiciens africains se coulant dans la masse en se faisant passer (c’est possible, on le sait !) pour des Syriens et Turcs !

  8. Posté par Burton le

    Les guerres commencent de cette façon, il est temps.

  9. Posté par Jean Durand le

    Je pense que derrière les coulisses, il y a des éléments géopolitiques à l’oeuvre pour déstabiliser Erdogan, et tant mieux, tant pour les turcs que pour nous!

  10. Posté par pierre frankenhauser le

    L’Europe doit cesser de donner le bâton pour se faire battre et devrait boycotter totalement le pays des ottomans: son tourisme, ses produits exportés, ses restos, ses kebabs, son futur aéroport Erdogan d’Istambul, etc. Il faut l’affaiblir économiquement, renvoyer ses ressortissants au bled, détruire ses mosquées sur sol européen et fermer notre frontière commune.

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