Refus de collaborer, opposition aux auditions : Les élus d’En Marche tentent de couvrir l’affaire Benalla et espèrent que les Français « passent à autre chose ».

Face à ce qui devient une affaire d’Etat, l’opposition mais aussi nombre d’élus Marcheurs aimeraient que le président s’exprime pour clarifier le rôle du pouvoir.

Décidément, l’orage levé dans le sillage des méfaits commis par Alexandre Benalla ne retombe pas. Rien n’y fait. Ni la tentative de clarification du porte-parole de la présidence envoyé en première ligne jeudi. Ni le renvoi de l’ambigu « Monsieur sécurité » de l’Elysée. Les conséquences politiques du « Benallagate » n’ont pas fini de secouer l’exécutif qui s’apprête à vivre une des semaines les plus périlleuses depuis le début du quinquennat.

Le silence de l’Elysée

Emmanuel Macron, en première ligne dans ce scandale qui met en cause son protégé, parlera-t-il ? « Mais pour dire quoi ? », rétorque un proche du chef de l’Etat. « Il n’a pas à le faire, relève-t-on à Matignon. Le président est là pour fixer le cap et la stratégie, puis dialoguer avec les Français. Mais pas pour commenter ce genre d’histoire » A l’Elysée, on se refuse donc de répondre à « toutes les questions relatives aux enquêtes judiciaires ».

Mais sous le sceau de l’anonymat, les langues se délient en Macronie. « Ça va nous plomber l’été », se désespère un familier. « Et créer des marques indélébiles », ajoute un fidèle, exaspéré par « l’amateurisme » de ceux qui ont géré le sort de Benalla, au plus haut sommet de l’Etat. « Les apôtres du nouveau monde sont dépassés, ne comprennent rien », tempête le même. En cause : une confiance excessive en leur bonne étoile.

Pas d’accélération ni de fébrilité, vraiment ? Selon nos informations, un déjeuner aurait eu lieu samedi à l’Elysée autour du président, réunissant notamment un des principaux protagonistes de l’affaire, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Sa collègue de la justice, Nicole Belloubet, était également conviée. Mais l’Elysée se refusait ce samedi à confirmer cette rencontre.

Le gouvernement sous pression

A Matignon aussi, l’espoir secret du staff d’Édouard Philippe est que « le truc va retomber », les Français « champions du monde » ayant la tête ailleurs, aux vacances. La preuve ? « Ça fait le buzz sur Twitter, le réseau social du microcosme parisien, mais sur Facebook où sont tous les Français, ça ne prend pas plus que ça », ose un collaborateur.

La ligne du dos rond est-elle tenable ? Notamment pour un ministre de l’Intérieur sous le feu des critiques, dont Jean-Luc Mélenchon ne doute pas de la prochaine démission ? « Le vrai sujet, c’est lundi et mardi avec les auditions de Collomb à l’Assemblée et au Sénat, s’inquiète un ministre. Mine de rien, ce qu’il va dire risque de beaucoup peser sur les responsabilités de chacun. »

L’autre frustration au sein du gouvernement, c’est le sentiment d’être tenu à l’écart par l’Elysée. « Pas d’informations, rien du tout à part les éléments de langage du porte-parolat ! » Reste que des élus Marcheurs, eux, grognent contre ces ministres « qui ne font pas le job, Griveaux et Castaner en tête : on ne les entend pas » !

Le chaudron de l’Assemblée

Samedi, au Palais Bourbon, c’était le chaos. Affaire Benalla ou pas, la majorité En Marche entend coûte que coûte, pressée par l’exécutif, poursuivre l’examen de la réforme constitutionnelle. Mais en face l’opposition, des Insoumis de Mélenchon – qui juge l’affaire « du niveau du Watergate » ! - aux élus lepénistes en passant par LR et le PS, ne lâche rien. Résultat, une cascade de suspensions de séances qui paralyse de facto l’hémicycle.

La vérité sortira-t-elle de la commission d’enquête parlementaire ? Pas sûr, à entendre son co-rapporteur Guillaume Larrivé (LR) : « Le point de désaccord majeur (NDLR : avec sa collègue LREM Yaël Braun-Pivet) concerne le périmètre des personnalités qu’il est nécessaire de convoquer et d’entendre sous serment. » En clair, selon les Républicains, « plus la personnalité est proche d’Emmanuel Macron, moins la majorité est d’accord pour les auditionner ».

 

 

Les Marcheurs ont notamment retoqué le chef de cabinet de Collomb place Beauvau. Et refusé la convocation, pour le « périmètre Elysée », du secrétaire général Alexis Kohler, du porte-parole Bruno Roger-Petit et du chef de cabinet de Macron, François-Xavier Lauch. « Quant à Christophe Castaner, que l’on aimerait entendre en tant que patron de LREM (NDLR : qui employait Vincent Crase, le compère de Benalla), ça fait trois jours qu’on ne le voit plus dans l’hémicycle », persifle un élu LR.

Source

Nos remerciements à Victoria Valentini

 

Rappels :

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Scandale Benalla : Marine Le Pen charge Castaner à l’Assemblée (Vidéo)

5 commentaires

  1. Posté par stop ou encore le

    l affaire est déjà classée , bonne nuit les petits mougeons .

  2. Posté par Romarine le

    UNE POLICE PRIVEE POUR MACRON POURQUOI, POUR QUI ?

    C’est la plus grave affaire de la 5ême République. Tant avec Sarkozy qu’avec Macron et vraisemblablement plus discrètement avec Hollande, la Scientologie a posé ses pions dans l’univers des Présidents sous prétextes de sécurité. Démarche remarquable qui vise essentiellement à avoir la haute main sur la gouvernance de la France etc. et ses petits secrets. Ce qui explique grandement les dérives bolchéviques totalitaires dont celle de l’affaire Benalla. Benalla est grand c’est bien connu… La Scientologie a donc imposé une dérive islamiste pour se développer dans les pays musulmans et prendre en main ceux qui viennent s’imposer de force à travers l’invasion des faux-réfugiés. Elle opère ainsi de la même manière que toutes les mafias criminelles qui se développent sur ce terreau. Et Macron ficelé par sa « maman » de substitution est très obéissant aux ordres de la secte dans son objectif de fabriquer des sur-hommes potiches pour aliéner des nations entières à ses objectif criminels. L’ombre de Soros plane là-dessus, ce qui finit bien par tout expliquer.

    Macron à ouvert plusieurs feux et fronts propres à déclencher la guerre civile et maintenant la secte maintien encore mieux son emprise en voulant lui imposer une police personnelle sous un prétexte sécuritaire fortement fondé par des explosions à la tête des gendarmes et de l’armée. Suffisamment menaçantes pour crédibiliser la probabilité d’un complot de renversement du gouvernement actuel. Voir par exemple les affaires avec le général Piquemal (voir google « général piquemal psychiatrie ») et le gradé CRS Marc Granié (Google « youtube marc granié ». Graves affaires toutes deux escamotées par les médias et ce ne doit pas être les seules où les intervenant finissent dans des hôpitaux psychiatriques comme aux bons temps de l’ex-Urss et de ses récalcitrants.

  3. Posté par Mauron le

    Je peux me tromper mais je pense que le Petit Merveilleux de l’Elysée ne risque pas grand chose. Cette affaire va faire un bide ! Un ami, patron d’entreprise en France, me disait que cette année c’est l’enfer depuis le début mai. Entre les ponts du mois de mai qui, cette année, se sont transformés en viaducts, le Ramadan, la Coupe du Monde de football et maintant les sacro saintes vacances d’août la gestion du personnel à de quoi vous donner un ulcère à l’estomac. L’affaire sera vite oubliée quand la plèbe sera agglutinée et cuite dans l’ambre solaire sur les plages du pays transformées, pour un un mois, en une sorte de masse grouillante.

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