L’avortement au centre de la bataille judiciaire

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Le juge de Trump sera-t-il confirmé ?

De notre correspondant permanent aux Etats-Unis. – Vingt-quatre heures après avoir été présenté aux Américains comme candidat officiel à la Cour suprême au siège laissé vacant par la démission d’Anthony Kennedy, Brett Kavanaugh a rendu visite au Sénat, cadre de son prochain et unique combat pour obtenir ce poste prestigieux. Il s’agit pour lui d’être confirmé à la majorité simple de cette chambre haute qui compte cent membres. Appelée parfois « Chambre des Etats », celle-ci se transformera pour quelques semaines, au mois de septembre, en tribunal. En principe, on devra juger de la solidité des compétences juridiques de Kavanaugh. En réalité, ce sont ses opinions politico-sociales qui seront sur le gril. Car depuis des lustres, la Cour suprême dérive dans les eaux du sectarisme idéologique sous la pression constante du gaucho-libéralisme qui, jusqu’ici, a dicté sa loi. Terrible défi.

S’il suffisait de jauger les qualités professionnelles d’un juge de cour d’appel (c’est le cas de Kavanaugh) pour lui ouvrir les portes du sommet de l’appareil judiciaire, les choses seraient simples. Mais les aptitudes ne sont qu’une façade. L’essentiel se trouve derrière : le rôle décisif que pourrait jouer Kavanaugh dans les verdicts ultrasensibles, notamment l’avortement. Pour tous, c’est un mystère. Comment cet homme sorti brusquement de l’ombre réagira-t-il lorsqu’il sera confronté à une affaire touchant de très près aux fondements de la légalisation du génocide des enfants à naître, dont 60 millions ont péri aux Etats-Unis depuis 45 ans ? Nul ne le sait. Alors on décrète, on espère, ou l’on s’angoisse. C’est le vice-président Mike Pence qui, guidant Kavanaugh dans les couloirs du Sénat, le présente comme « l’homme idéal à une fonction faite pour lui ». C’est Lila Rose, présidente de Live Action, qui déclare : « Kavanaugh appliquera la Constitution et défendra le plus élémentaire des droits de l’homme : le droit de vivre. »

Mais c’est aussi Dawn Laguens, vice-présidente de Planned Parenthood, qui lance : « Trump a promis de remplir la Cour suprême de juges pro-vie. C’est déjà le second. Kavanaugh va nous retirer nos droits reproductifs. Il faut tout faire pour bloquer sa nomination. » Cette lesbienne qui élève trois filles avec sa partenaire a traduit l’obsession de la gauche : et si le jugement de 1973 venait à être renversé par une Cour suprême métamorphosée ? Le cas pourrait effectivement se produire si Kavanaugh, une fois confirmé, comble les espoirs que les conservateurs ont mis en lui. Le fédéralisme serait le vrai vainqueur d’un tel bouleversement politico-judiciaire. En d’autres termes, l’avortement, au lieu de rester dans les circuits des cours fédérales, passerait sous la juridiction de l’appareil législatif de chacun des cinquante Etats fédérés. Ce serait aux députés et aux sénateurs locaux de décider en quelles circonstances les femmes pourraient faire tuer leur tout-petit. Certains Etats (Louisiane, Mississippi, Nord et Sud Dakota notamment) l’interdiraient. D’autres le glisseraient dans un étroit corset. D’autres enfin (Californie, New York, Massachusetts) le légaliseraient. Un scénario qui aurait dû prévaloir en 1973 si la Cour suprême n’avait pas été pervertie.

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