Il existe une approche judéo-chrétienne de la guerre

Michel Garroté
Politologue, blogueur

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Michel Garroté -- Le terrorisme, concrètement, c'est l'emploi de la terreur. Et, par conséquent, la lutte contre le terrorisme, c'est la lutte contre l'emploi de la terreur. Vu sous cet angle, il existe une approche judéo-chrétienne de la guerre. Les pays libres et laïcs de culture (et non pas de "religion") judéo-chrétienne, sont, du fait de cette culture, en droit de faire la guerre au terrorisme, de faire la guerre à l'emploi de la terreur, de résister, par les armes, à l'emploi de la terreur, de porter cette résistance armée au-delà de leurs frontières, comme le font les Etats-Unis et Israël.
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Le problème, c'est que dans les pays libres et laïcs, les médias, et, une partie de la classe politique, voudraient "une guerre qui ne fasse pas de victimes". Dès que les Etats-Unis et Israël mènent une guerre de résistance à l'emploi de la terreur, une résistance armée à l'emploi de la terreur, nos médias, et, une partie de notre classe politique, parlent de "riposte disproportionnée" (d'une "guerre qui fait des morts" en quelque sorte). Résultat : le Hamas, le Hezbollah et les Pasdaran (par exemple) agissent en toute impunité, sachant qu'en Occident, les faiseurs d'opinion leur délivrent un droit de tuer et nous interdisent de riposter.
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A ce propos, le colonel François-Régis Légrier vient de publier un essai sur la guerre juste, intitulé "Si tu veux la paix, prépare le guerre" (cf. sources en bas de page). Par delà les traités d’histoire militaire et de stratégie, voici l’étude des principes qui doivent guider toute action politique au sujet de la guerre « afin de l’éviter quand il le faut ou de la mener à bien quand c’est nécessaire ». Son fil directeur reprend l’antique devise de l’actuelle école de guerre française : "si vis pacem, para bellum". Pour l’avoir oublié par négligence ou idéologie, notre pays a plusieurs fois payé très cher son amnésie. Oui, il existe une approche toute inspirée de sagesse évangélique pour concevoir et faire la guerre, et c’est toute l’actualité de la doctrine de la guerre « juste ».
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A propos des guerres contre les "dictateurs" de Serbie comme d'Irak, l'auteur écrit par exemple, "La guerre étant un acte politique, la dialectique consistant à assimiler un chef d'Etat à un brigand et la guerre à une opération de police est une aberration lourde de conséquences. En effet, loin de pacifier les relations internationales, cette dialectique, négation du politique, contribue à faire disparaître l'état de paix et l'état de guerre au profit d'un état de crise permanent. Elle exacerbe le sentiment d'injustice chez les peuples considérés comme des Etats-voyous ou faillis et met donc en mouvement des forces qu'il est de plus en plus difficile de contrôler. Ensuite, en assimilant la guerre à une opération de police, cette dialectique tend à confondre police et armée."
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Autre sujet d'actualité, la fameuse "guerre contre le terrorisme" :
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"Le terrorisme est un concept désignant un mode d'action - l'emploi de la terreur. Dans ces conditions, "lutter contre le terrorisme" ne veut rien dire. On combat un Etat, une organisation, mais pas un concept. Faire la guerre à un concept est une chose qui risque de durer longtemps. A cet égard, l'expression "lutte contre le terrorisme" est surtout révélatrice de l'incapacité à nommer l'ennemi et donc à l'affronter. On peut craindre que cette capitulation sémantique soit le prélude à une capitulation plus générale."
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Enfin, sur le concept même de guerre juste, qui peut choquer quelques chrétiens, l'auteur écrit : "Certes, on trouve dès l'origine du christianisme une tendance pacifiste prenant appui sur certaines phrases de l'Evangile telles que : "Je vous dis de ne pas résister aux méchants" (Matthieu 5, 39) ou encore : "Ceux qui frappent par l'épée périront par l'épée" (Matthieu 26, 52).
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Mais cette tendance, prônée notamment par Tertullien et Origène, ne sera pas reprise dans la doctrine de l'Eglise, laquelle affirme clairement l'usage légitime de la force contre les fauteurs de troubles intérieurs et extérieurs. Au IVe siècle, saint Ambroise rappelait notamment que "celui qui, en mesure de le faire, n'écarte pas de son prochain une injustice, est autant coupable que celui qui commet l'injustice" et est aussi "pleine de justice la force qui, à la guerre, protège la patrie contre les barbares" (cf. sources en bas de page).
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Adaptation & Mise en Page de Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Sources :
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L'article :
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http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/06/oui-il-existe-une-approche-toute-inspir%C3%A9e-de-sagesse-%C3%A9vang%C3%A9lique-pour-concevoir-et-faire-la-guerre.html
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Le livre :
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https://www.les4verites.com/produit/si-tu-veux-la-paix-prepare-le-guerre
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Un commentaire

  1. Posté par Gagu le

    « cette résistance armée au-delà de leurs frontières »
    Ou comment justifier un interventionnisme inutile et couteux qui n’a rien apporté de positif jusqu’ici en nous faisant croire que cela est justifié par les valeurs judéo-chrétienne … le néo-conservatisme à son paroxysme.

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