Les deux chambres du Congrès ont repris lundi dernier – après un répit de quelques jours – leur fonction législative et, déjà, d’intenses pressions s’exercent sur elles afin qu’une batterie de lois s’érige bientôt contre les armes à feu. Ces pressions promettent d’être d’autant plus vives que le massacre dans un lycée de Floride l’autre semaine (17 morts) risque de loger encore longtemps dans toutes les mémoires. Mais, exiger d’élus qu’ils agissent vite et fort a rarement produit, dans le passé, quelque chose de substantiel. De plus, ces mêmes élus ont quelques bonnes raisons d’hésiter. D’abord, aucun consensus qui pourrait servir de base à un projet de loi n’existe entre les républicains et les démocrates. Ensuite, les élections législatives de novembre prochain paralysent – « Comment la base va-t-elle réagir à de nouvelles initiatives ? » – députés et sénateurs qui se représentent. Enfin, si beaucoup de républicains consentent maintenant à assouplir leur position sur le contrôle des armes, les démocrates, quant à eux, se montrent encore incapables de proposer pour cet épineux dossier une réforme cohérente et surtout efficace.
Là-dessus, les propositions du président Donald Trump viennent compliquer la situation dans la mesure où l’opposition a toujours tendance à se crisper dès qu’une idée sort de la Maison Blanche. Pourtant, comme c’est souvent le cas, Trump a simplement obéi à son bon sens. Il souhaite renforcer et étendre le système de contrôle informatique permettant de savoir si l’individu qui est sur le point d’acheter une arme a déjà montré des signes de déséquilibre psychique. Il promet de relever de 18 à 21 ans l’âge minimum pour se procurer un fusil d’assaut en toute légalité. Il cherche à interdire un accessoire peu encombrant et peu coûteux qui permet de transformer en un temps record un engin semi-automatique en instrument de massacre. Il voudrait également que les Américains prennent conscience que les jeux vidéo (violents à 85%), ne servent qu’à démolir les jeunes cerveaux (97% des 12-17 ans les utilisent) pour en faire, trop souvent, des tueurs. Les films ruisselant de vulgarité démagogique sont aussi montrés du doigt. Comment les soustraire à la jeunesse dont la fascination morbide se trouve gérée par la citadelle Hollywood ?
Mais la proposition la plus spectaculaire de Trump est sans conteste celle qui consiste à armer les enseignants. Il part de deux constatations. D’abord, les tueurs choisissent surtout écoles et lycées parce qu’ils savent que personne n’y est officiellement armé. Pour eux, l’horrible « carton » se trouve garanti. Ensuite, quel est le type d’individu qui, par ses fonctions, entoure, accompagne, surveille les cibles potentielles que sont les élèves ? Le professeur. C’est le seul à être en plein milieu du problème. C’est le seul à pouvoir agir immédiatement pour prévenir un carnage et sauver des vies. On a calculé le temps moyen que met un tueur pour se positionner et tirer : trois minutes. On a calculé également le temps moyen que mettent les policiers pour intervenir sur un théâtre sanglant : huit minutes. La conclusion s’impose. Si l’on veut vraiment tenter de relever ce défi, il faut absolument un acteur sur place, capable de déceler sur le champ la menace qui peut surgir. De plus, le professeur armé servirait de dissuasion. C’est l’un des arguments de Trump : un tueur au cerveau fêlé a toujours peur de l’échec. Sa lâcheté lui déconseillerait de se mesurer à un objectif qui risque de lui résister. Les vies d’innocents tiennent parfois à un fil. Et chaque fil compte.
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