Suisse-UE. Bilan 2017 de nos relations avec l’UE, par Michel Piccand

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BILAN SUISSE-UE 2017

 

Bilan 2017 de nos relations avec l’UE.

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Le compte à rebours final a-t-il commencé ?

 

La fin de l’année 2017 nous aura donné l’occasion de constater que le Conseil fédéral, plus exactement nos conseillers fédéraux PLR et PDC, on ne parle même pas du PS, ne sont pas et ne seront pas à la hauteur des enjeux qui se présentent dans notre relation avec l’UE. Le cirque qu’ils nous ont donné à voir, oscillant entre numéros de tartuffes et attitudes improvisées et irréfléchies, a montré qu’ils n’ont aucune ligne d’action précise ou pré-pensée. On a bien vu que les réponses se sont faites au jour le jour, soit seulement après les événements, et qu’il n’y a eu aucune conduite stratégique ni vision prospective de l’avenir.

Le Conseil fédéral a offert un nouveau milliard de cohésion à l’UE, puis après, le PLR se rappelant qu’il a un électorat est venu nous raconter qu’il voulait en échange renégocier la clause guillotine et bien que ce sera sans effet car impossible à mettre en place, un peu comme si le PLR avait dit à l’UE, nous voulons négocier, nous avons des arguments mais nous les aurons seulement dans 2 ou 3 ans et sans aucune certitude… Nous avons vu ensuite le numéro de l’inénarrable Doris Leuthard qui désormais veut des mesures de rétorsions contre l’UE suite à la discrimination de la Bourse suisse, mais après s’être montrée partout en embrassant Jean-Claude Juncker le président de la Commission européenne. Puis ce fut le tour  d’Ignazio Cassis voulant nous faire croire qu’il prend le taureau par les cornes en nous expliquant qu’il veut un Secrétariat à l’UE, sauf qu’en  réalité ce secrétariat existe déjà et qu’il se nomme le Bureau de l’intégration (rebaptisé Direction des affaires européennes), notez de l’intégration et non pas de la coopération avec l’UE… Puis après – parce que ces gens sont féconds pour inventer des concepts de marketing politique absolument vides – il y a eu le « reset » à nouveau d’Ignazio Cassis,  la remise à zéro des relations avec l’UE dont personne ne sait rien si ce n’est que c’est une volonté d’accélérer le processus de négociation avec l’UE. Pour des gens qui veulent résister on appréciera !

On se demande si ces politiciens savent vraiment ce qu’ils font ou s’ils croient encore que la majorité de la population est inculte et travaille dans les champs en haillons… sans doute influencés par le brillant Schneider-Ammann qui à force de fréquenter la Chine croit sans doute que tous les Suisses sont aussi malléables que des miséreux qui n’ont qu’un calorifère pour toute fortune.

En 2017 pour avoir une vision un peu claire de notre situation avec l’UE il valait mieux lire les textes de l’UE que d’écouter la RTS ou les slogans copiés-collés fabriqués par l’ATS que tous les journalistes reprennent en boucle et colportent en faisant croire qu’on peut nommer application light une violation de notre Constitution et un coup d’Etat. Les textes de l’UE ont une vertu que les racontars politico-médiatiques suisses n’ont pas, les textes de l’UE ne cherchent pas à brouiller les cartes, ils vont toujours dans le même sens.

 

Discrimination de la bourse suisse.

En décembre la Commission européenne, en application de la directive européenne MIFID II, a octroyé le statut d’équivalence à des bourses de pays tiers, USA, Australie, Hong-Kong et Suisse. Pour Londres pour l’instant on ne sait pas. Cette équivalence a pour but de permettre aux banques et sociétés de placement de l’UE d’opérer pour le compte de leurs investisseurs et de placer leur argent dans des pays tiers, ces derniers devant remplir un certain nombre de critères de transparence et de garanties quant au fonctionnement notamment de leur bourse nationale. Les USA, l’Australie, Hong-Kong, et la Suisse ont parfaitement rempli ces critères, leur statut d’équivalence - la reconnaissance qu’ils sont des places financières et des bourses sûres - leur a été reconnu sans restriction, sauf pour la Suisse qui n’a obtenu cette reconnaissance que pour une année…

Outre la question du rapport de force que l’UE entretient avec nous et qui n’échappe à bientôt plus personne, la première question qui venait à l’esprit était de se demander sur quel argument la Commission européenne s’est fondée pour refuser à la Suisse cette reconnaissance complète qu’elle accordait à tous les autres pays. Parce que quand même, si nous savons que l’UE est très loin d’être une démocratie, il semble que la Commission européenne doive tout de même respecter un minimum les règles d’un Etat de droit, que si elle possède un pouvoir exorbitant elle ne peut quand même pas faire tout ce qu’il lui plait sans n’avoir aucun compte à rendre à personne. L’équivalence qui a été accordée est une mesure technique et administrative ; qui en remplit les conditions « techniques » (et la Suisse s’est mise en totale conformité) doit en obtenir la reconnaissance. Si les conditions pour l’équivalence sont remplies la Commission européenne ne peut pas arbitrairement la refuser, ou ne l’accorder que de manière limitée. Pour donner une image, c’est comme si le Conseil fédéral avait accordé une autorisation d’exploiter à une entreprise étrangère et la refusait à une autre pour faire pression et obtenir d’elle des avantages en contrepartie, un tel scénario est tout simplement inenvisageable dans l’ordre juridique de la Suisse. Ce serait une pratique de république bananière.

 

La justification de la Commission européenne pour discriminer la Suisse ne tient tout simplement  pas la route. Outre le fait qu’à la lecture de la décision de Bruxelles on comprend entre les lignes que la Suisse n’est plus pour l’UE un pays tout à fait comme les autres – les Suisses feraient bien d’en retenir la leçon – il n’existe aucun argument, la seule justification énoncée est le renvoi au fait que les relations de la Suisse avec l’UE doivent faire l’objet d’un réexamen et d’un bilan fin 2018, réexamen et bilan qui étaient par ailleurs déjà prévus depuis longtemps. Le seul argument existant pour le refus de l’équivalence est le renvoi à cette échéance générale de fin 2018 qui était prévue de longue date.

Et alors ? Aurait-on envie de dire. Si la Suisse par hypothèse sort enfin – et concrètement – de la libre circulation comme sa constitution l’exige, l’UE remettrait alors en cause la reconnaissance technique de la place financière Suisse à fin 2018 ? Tout en l’ayant accordé aux USA et à Hong-Kong ? C’est absurde, c’est vraiment n’importe quoi. Ce n’est tout simplement pas sérieux ni crédible. Car alors l’attitude de l’UE constituerait une entrave au marché interdite par les règles du commerce international. Une telle discrimination est si contraire à tous les principes de base des textes internationaux sur le commerce quelle est ici non seulement grossière mais elle est naïve.

A lire toute cette affaire on a envie de dire qu’une fois de plus, c’est juste du « pipo », on fait croire au peuple suisse que sa place financière est en danger et  pourrait être bloquée dans le délai d’une année, le peuple commence à avoir peur, et puis Berne, une fois de plus va se « réconcilier » avec Bruxelles, trouver une « solution » mot qui devient détestable dans la bouche des PDC et PLR tellement ils ne cessent de le baver. Une « solution » que le peuple suisse trouvera géniale car il nous réconcilie avec l’UE. Mais maintenant ça suffit, tout ce cirque ça suffit.

Doris Leuthard a promis des mesures de rétorsions contre l’UE avant fin janvier. On les attend, de pied ferme. Et des mesures de rétorsions, pas une négociation, parce qu’ici le dommage créé par l’UE est réel, l’insécurité juridique créée pour les milieux financiers – bien que non réalisable – est inacceptable. Des mesures de rétorsions immédiates il y en a de toutes trouvées : désormais la Suisse ne reconnait les « équivalences » de diplômes des ressortissants UE en Suisse que jusqu’à fin 2018, sous réserve d’un réexamen. La Suisse sous réserve d’un réexamen suspend d’ores et déjà pour fin 2018 l’application unilatérale du principe du cassis de Dijon, qui permet aux produits UE d’être vendus librement en Suisse sans aucun contrôle préalable et même s’ils ne satisfont pas aux normes techniques de la Suisse. Et surtout, la Suisse porte l’affaire devant l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

On verra donc ce que Mme Leuthard va nous sortir de son chapeau, elle qui précisément a fait introduire en Suisse le cassis de Dijon qui discrimine déjà nos propres entreprises en les soumettant à des exigences techniques plus élevées que pour les entreprises de l’UE. Fin janvier, le rendez-vous est pris avec vous tous Mesdames et Messieurs du PLR et du PDC. Sans aucune illusion puisque après avoir été présentée comme une guerrière « sic ! 24heures 27.12.17) que la réponse du Conseil fédéral était une « sèche contre-offensive » (Resic ! Le Temps 20.12.17) Doris Leuthard annonçait aussitôt qu’elle voulait un vote sur la libre-circulation, sachant donc qu’elle refuse déjà d’appliquer le vote du 9 février. Le cirque Leuthard maintenant ça suffit !

Si d’ici deux mois la Suisse n’a pas porté cette affaire devant l’OMC, il y a matière, ne serait-ce que pour l’atteinte au crédit de la place financière suisse mais aussi pour que cesse une fois pour toutes ces tentatives d’intimidations du peuple suisse, alors vous saurez que tout cela n’était que du « pipo ».

Le cirque Leuthard maintenant ça suffit !

 

 

Le peuple suisse a déjà payé.

 

Pour justifier son refus de l’équivalence à la place financière suisse, la Commission européenne s’est donc basée sur un texte du Conseil de l’UE qui fait l’état et le bilan de nos relations avec l’UE et prévoit une récapitulation et un réexamen pour fin 2018. Ce texte nommé « Conclusions » est absolument instructif. [Ndla. Le Conseil de l’UE, appelé aussi simplement le Conseil, réunit les gouvernements de tous les États membres de l’UE].

Dans les relations entre la Suisse et l’UE ressort toujours la question pour l’UE de savoir si les Suisses accomplissent tout ce qu’elle leur demande. Et la réponse est oui. Et comme les Suisses, ou plutôt les autorités politiques suisses accomplissent tout ce que l’UE leur demande, les canaux d’informations officieux se précipitent aussitôt pour affirmer que les Suisses sont les grands bénéficiaires de cette relation. On ne sait jamais, des fois que les Suisses puissent en douter. Ces jours déjà fleurissaient sur les blogs de la Tribune de Genève les commentaires des crypto-journalistes de la TDG qui, se faisant passer pour des blogs de citoyens, transmettaient la doxa officielle en affirmant que les Suisses sont les grands gagnants de cette relation. Mais le sont–ils ? La réponse est non, et voici déjà pourquoi.

 

Les Conclusions du Conseil de l’UE mises à jour au 24 octobre 2017 [Council conclusions on EU relations with the Swiss Confederation (1)] décrivent très clairement comment les Suisses ont accompli ces dernières années tout ce qu’on leur a demandé.

Bien que dans ces conclusions le Conseil de l’UE prenne acte que la Suisse a retiré en 2016 sa demande d’adhésion à l’UE (pt 2) il relève que le parlement suisse a réglé de manière appropriée le vote du 9 février et en conformité avec les principes européens de libre-circulation (pt 3, on appréciera), il relève que la Suisse a continué à satisfaction ces principes avec l’extension à la Roumanie et à la Bulgarie, puis à la Croatie (pt 4) il relève que la mise en place d’un accord cadre institutionnel est maintenant une pré-condition pour la progression des accords réglant les relations avec la Suisse (pt 5).

Le Conseil de l’UE relève en outre (pt 6)  un problème dû à un certain nombre de restrictions à l'accès au marché suisse pour les opérateurs de l'UE dans les secteurs de l'agroalimentaire et des services, et demande que ces restrictions soient levées. Le bon et valeureux Schneider-Ammann et son pion infiltré Jacques Bourgeois de l’Union Suisse des Paysans, tous deux PLR, viennent donc de faire voter au peuple suisse, sous l’alibi de la sécurité alimentaire, un principe de « commerce transfrontalier » qui va désormais aplanir toutes les restrictions en Suisse pour les opérateurs UE du secteur… agroalimentaire… Cette question est donc maintenant réglée. (On dit merci qui ?) Et dire que le PLR Jacques Bourgeois, et d’autres, par exemple le PDC à Genève, ont réussi à vendre ce projet au monde agricole et paysan en leur faisant croire qu’il allait les protéger…

Au point 7 le Conseil se félicite que la Suisse ait pris les dispositions pour continuer sa contribution au fond de cohésion de l’UE (cf. le nouveau milliard de cohésion offert par le conseil fédéral).

Au point 8 le Conseil de l’UE déclare sa satisfaction de la mise en conformité des règles suisses avec celles de l’UE concernant la taxation des revenus de l’épargne.

Au point 9 il regrette le refus de la votation RIE III mais qui de toute façon sera mise en place sous une autre forme pour satisfaire l’exigence de l’UE que la Suisse supprime les régimes fiscaux concernés, que l’UE tient pour une concurrence fiscale dommageable pour elle. RIE III n’est donc en principe plus qu’une question de temps et de modalité, cette question est théoriquement déjà résolue en faveur de l’UE.

Et, en dernier et pas de moindres (pt 10), cette question dont les médias dominants ne vous parlent jamais, la mise en place des NLFA (nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes), les tunnels ferroviaires alpins est un des ouvrages les plus coûteux au monde, celui du Gothard, 22 milliards, qui a été mis en place et payé… par les Suisses, à la grande satisfaction du Conseil de l’UE, puisque cet ouvrage (un tunnel plat pour le transport de marchandise) en lui-même d’aucune utilité pour les Suisses a été exigé par l’UE pour servir l’axe de transport européen no1 Berlin-Palerme. [Pour un historique et le détail de cette question voir  Le financement des NLFA, p. 107. (2)] N.B. Les Suisses vont subventionner cet axe de transport européen pour l’éternité, puisque le transport ferroviaire par définition ne peut globalement jamais fonctionner sans subventions et que l’UE a pris soin de financer la construction d’un tunnel concurrent au Brenner à tout juste 210 km à vol d’oiseau…

Tout ce que l’UE a exigé a été réalisé. Voilà ce que dit le texte européen.

 

Les Suisses veulent le beurre et l’argent du beurre ? Pure foutaise. Les Suisses ont payé de leur propre poche le tunnel ferroviaire le plus cher de toute l’histoire humaine, un tunnel pour le transport ferroviaire européen dont ils n’avaient pas eux-mêmes besoin. C’est dire qu’en termes concrets et économiques les Suisses ont payé là 22 milliards  en échange d’un accès « facilité » au marché européen pour leurs entreprises !

A ces Messieurs et Dames du PLR et du PDC qui ne cessent de vouloir faire la leçon économique à tout le monde, peut-être faudra-t-il alors commencer à parler de cette subvention cachée ou indirecte aux entreprises exportatrices de notre pays, car ces 22 milliards ont été payés pour offrir un accès facilité à ces entreprises et qu’ils ont été payés par la caisse publique du peuple suisse, et qu’en réalité ce n’est alors rien d’autre qu’une subvention indirecte pour ces exportateurs.

Et pour quelle finalité ? Pas pour un accès (au sens strict) au marché européen, la Chine, le Japon, les USA ont accès au marché européen, mais bien pour un accès « facilité » du point de vue technique et administratif, c’est-à-dire pour une économie en moyenne de 1 à 3 % sur les prix de vente à l’export vers l’UE pour les entreprises concernées ! Pour les théories néolibérales d’un pur et libre marché et d’entreprises qui ne doivent rien à personne vous repasserez ! C’est le peuple suisse qui leur paie et leur subventionne un accès « facilité » au marché européen.

 

Ce que nous avons appris en 2017.

 

Il faut espérer qu’en 2018 on cessera de dire simplement accès au marché, cette notion va revenir sans arrêt, et que les citoyens corrigeront les journalistes et les politiciens en exigeant qu’ils parlent d’accès « facilité » au marché, car on vient de le voir ce n’est pas du tout la même chose. Et l’on ne croit pas que le peuple suisse soit prêt à perdre sa souveraineté pour quelques points de marge à l’exportation… D’autant s’il s’agit d’entreprises exportatrices qui n’ont parfois plus de suisse que le nom, créées à partir de capitaux européens et de personnel européen qu’il a fallu faire venir, pour fabriquer et exporter des produits estampillés d’un swissmade qui leur permet de vendre de ce seul fait 20% plus cher sur les marchés internationaux…

L’année qui vient pourrait donc bien être celle du début d’un compte à rebours final (final count-down) qui pourrait certes durer quelques années, certains indices le laissent à penser. Ce n’est très certainement  pas un hasard si l’UE a visé la bourse suisse et sa place financière, si l’on y ajoute la déclaration inattendue du chef de l’UBS, Sergio Ermotti, qui en octobre expliquait que l’UBS pourrait bien se délocaliser si la législation n’allait pas dans le sens désiré [Bloomberg Markets, 03.10.2017]. Le problème est ici presque déjà circonscrit, et il est certain qu’il va être encore plus complexe et difficile à appréhender en comparaison de ce que nous avons déjà vu.

La position des milieux financiers et des banques sur nos relations avec l’UE n’a jamais été vraiment très claire. Au début des questions sur l’intégration avec l’UE ces milieux semblaient tous feux tous flammes puis sont devenus étrangement silencieux avant de recommencer à être pro-UE, l’afflux démographique monstrueux de la libre-circulation qui a permis aux débiteurs hypothécaires de facilement se renflouer et donc aux banques de sortir des imprudents risques hypothécaires qu’elles ont pris durant la spéculation immobilière de la fin des années 90 n’y est sans doute pas pour rien, puis désormais l’accès au marché financier européen qui les fait évidemment saliver, bien que çà et là on trouve des avis discordants et plus prudents sur cette dernière question. La déclaration du CEO d’UBS est éminemment éclairante à ce propos, car s’il explique que le siège d'UBS en Suisse n'est pas garanti, il révèle que c’est pour des questions de législation helvétique qui devient trop contraignante, mais cette législation de plus en plus contraignante vient en partie de l’UE… Délocaliser devient alors une question à plusieurs tranchants… Pourquoi délocaliser chez celui dont viennent précisément les réglementations étouffantes ou dans des pays dans lequel le parti socialiste peut devenir du jour au lendemain le seul maître à danser, comme c’est le cas dans la plupart des pays d’une UE qui si elle interdit désormais de ne pas assez taxer (cf. supra RIE III) n’interdit certainement pas de taxer beaucoup plus que les autres.

 

L’année 2017 et celles qui précèdent ont montré que le peuple suisse se retrouve en Suisse face à des décideurs et des cadres politiques qui tranchent et prennent des décisions sans n’avoir jamais en main toutes les informations nécessaires pour évaluer les situations.

Un exemple emblématique concerne précisément l’UBS qui en 2008 dut être sauvée par le peuple suisse, qui en cas de  déconfiture aurait supporté la charge de l’argent qui fut indirectement prêté à l’UBS par la Banque nationale via le fond de stabilisation Stabfund, au bas mot 39 milliards… Les PLR et les PDC furent les premiers à se féliciter de ce sauvetage finalement réussi qu’ils avaient soutenus et qui permit à l’UBS de devenir une si ce n’est la première banque au monde recapitalisée et véritablement assainie, un avantage compétitif incomparable pour l’UBS face à la concurrence mondiale. Sauf – les PLR et les PDC l’ignorent encore probablement aujourd’hui – que si nous avions fait partie de l’UE (dans laquelle ils veulent nous faire entrer) cette aide telle qu’elle a été mise en place, qui a procuré un avantage certain à l’UBS, n’aurait pas été permise à teneur des lois européennes qui interdisent les aides d’Etat…

Si l’UBS a pu être sauvée aussi vite et se retrouver assainie plus rapidement que n’importe laquelle de ses concurrentes c’est précisément parce que nous ne faisons pas partie de l’UE… Il est bon parfois de rappeler la réalité, d’autant plus à des gens qui violent notre constitution, en prétendant en savoir plus que tout le monde. De même de rappeler au monde bancaire que sans la ténacité et la résistance du peuple suisse à ne pas vouloir faire partie de l’UE, la première banque de Suisse n’aurait pas pu être sauvée avec autant de succès qu’elle l’a été… et que cette réussite l’UBS la doit donc au peuple suisse et certainement pas au PLR et au PDC qui si on les avait suivis dans leur volonté de nous faire adhérer à l’UE auraient rendu ce sauvetage impossible de cette façon.

 

De la même manière les années 2016 à 2017 nous ont appris qu’en Suisse les conditions et l’histoire même du Brexit ont été passées sous silence, par la RTS notamment, que la majorité des Suisses – ne parlons plus des politiques – ignorent les raisons qui ont poussé un pro-UE notoire comme David Cameron a paradoxalement faire voter son peuple pour sortir de l’UE. Cette contradiction semble ne pas avoir frappé l’esprit de beaucoup de penseurs économiques dans notre pays.

Si un néolibéral pro-UE comme David Cameron a voulu sortir de l’UE c’est à cause des conflits judiciaires entre l’UE et le Royaume-Uni sur les questions de taxation financière [affaire C - 2014/283] et surtout parce que les impérialistes économiques de la zone euro – nommément la France et l’Allemagne, qui avec la constellation de petits pays en quête d’argent qui les suivent forment les membres de la zone euro Eurogroupe – ont cherché par les biais des législations européennes à forcer la partie de l’industrie financière londonienne qui traite de l’euro à se délocaliser-relocaliser en zone euro, soit bien évidemment à Francfort ou Paris, la belle affaire, voire au Luxembourg patrie du très gentil et amical président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker… [Cas T -2015/133].

Cette délocalisation d’une partie de la finance britannique vers la zone euro que la RTS nous décrit aujourd’hui à tour de bras et à n’en plus finir comme une terrifiante conséquence du Brexit serait de toute manière arrivée, Brexit ou pas. La discussion était sur le tapis depuis plus de cinq ans. Les Britanniques ont juste essayé de se défendre et quitte à être dépossédés d’une partie de leur place financière alors valait-il mieux pour eux dans ce cas récupérer leur souveraineté, ce qu’ils ont fait. C’est juste de  l’intelligence. D’autant qu’ils avaient compris que face à la combinaison franco-allemande et de leur pays satellites en quête d’argent [l’Eurogroupe] ils ne pourraient plus jamais faire valoir leur voix dans les instances de Bruxelles ou au parlement européen. Une leçon que les Suisses et leurs milieux financiers devraient méditer, méditer et encore méditer. [Pour un historique et le détail de cette question voir  Un référendum à 200'000 milliards in BREXIT (3)].

Tout cela on le voit n’est pas sans rapport avec ce qui se passe aujourd’hui en Suisse. Maintenant, on le constate, c’est à la place financière et à la bourse suisse que l’UE commence à s’en prendre.

Ce que cherche maintenant l’UE c’est à nous intégrer plus profondément à la zone euro par le biais de l’accord cadre institutionnel. Nos montagnes, du moment que leurs transports peuvent les traverser, l’UE n’en a rien à faire, la masse de capitaux sous  gestion en Suisse c’est par contre une autre histoire.

Il est difficile de comprendre comment quelqu’un qui travaille dans les milieux financiers en Suisse puisse ne pas soutenir les partis souverainistes, c’est tout simplement leur place de travail qui est désormais en jeu…

Pour en finir avec l’absurde, on relèvera que si le peuple suisse et l’UDC n’avaient pas autant résisté aux spécialistes du PLR et du PDC qui chaque jour veulent nous faire entrer un peu plus dans l’UE, les banques suisses seraient aujourd’hui soumises, comme toutes les banques européennes,  à la nécessité de financer et d’alimenter le fond du mécanisme de résolution unique (MRU) qui a pour but de recapitaliser les banques qui ont failli durant la crise financière de 2008 et sont loin d’avoir toutes été assainies. On peut donc laisser les savants journalistes de la RTS nous expliquer les effroyables conséquences pour le Royaume-Uni d’avoir quitté l’UE, puisque sans cela, les banques établies au Royaume-Uni auraient dû se soumettre à l’autorité de la Banque centrale européenne et contribuer au fond de secours européen pour un montant probable de 20 milliards… ce qui à coup sûr aurait décidé nombre de banques américaines, helvétiques et asiatiques à quitter Londres… (Cf. œuvre citée, Brexit).

 

Perspectives pour 2018 et au-delà.

 

Après ce qui vient d’être dit, il tombe sous le sens que la question de la place financière de la Suisse et la question de la souveraineté de son peuple sont liées et qu’elles doivent plus que jamais être discutées et anticipées.

Pour le simple citoyen souverainiste que je suis quelques évidences cependant s’imposent.

La première est que  les partis souverainistes doivent désormais massivement s’emparer des questions fiscales sous l’angle de l’intégrité nationale. Le discours des Schneider-Ammann (tout le monde peut entrer, tout le monde peut sortir, à la fin je ne sais pas, en attendant je me remplis les poches) doit rapidement être maîtrisé et neutralisé. On voit ici que ces PLR et PDC posent désormais un vrai problème à notre économie nationale. Plus nous allons avancer, plus les risques de délocalisations et les chantages politiques qui vont avec vont s’accroître. Les propos du CEO d’UBS, Sergio Ermotti, sont remplis de sagesse et font figure d’avertissement. Pour lui la délocalisation possible d’UBS n’est pas de son ressort, cette volonté si elle survient viendra des actionnaires qui sont tous en majorité étrangers et qui n’hésiteront pas à prendre cette décision si la délocalisation représente pour eux un gain rapide et ponctuel. Cela doit faire figure de leçon avant qu’elle ne se réalise.

En Suisse toutes les entreprises et tous les capitaux peuvent venir s’y investir, c’est une pratique qu’il est difficile de remettre en question en elle-même. Par contre, l’inverse, la sortie est une matière qui doit absolument être prospectée et approfondie.

S’il n’y a pas de tickets d’entrée pour les sociétés et les entreprises qui viennent en Suisse la question d’un ticket de sortie doit désormais être clairement posée. Et le droit fiscal a les moyens de mettre en place des barrières à la délocalisation. Notamment parce que lorsqu’une société s’en va, délocalise, elle doit présenter un bilan fiscal de sortie, par exemple rendre compte des valeurs latentes non réalisées dans le passé. Ainsi, et par analogie, les entreprises qui ont bénéficié d’avantages, d’aides ou de subventions indirectes, devraient désormais au moment où elles quittent la Suisse avoir à en rendre compte lorsqu’elles s’en vont bénéficiaires. Une entreprise mettons européenne qui est par exemple venue travailler en Suisse, qui par exemple au cours de son existence a mis ses employés au chômage technique et les a fait rémunérer donc par la caisse publique, devrait se voir taxer sur cette aide indirecte si lorsqu’elle repart elle a de solides bénéfices en caisse. Ce n’est là qu’un exemple car la matière est vaste et complexe mais on comprend d’emblée qu’elle doit devenir un chantier prioritaire pour les partis souverainistes. On peut imaginer toutes sortes de moyens, pourquoi pas une taxe d’utilisation sur le swissmade pour qui en a profité et quitte ensuite la Suisse qui l’a laissé en bénéficier, rien de nouveau en soi,  le droit d’utiliser une marque ça se paie.

Car aujourd’hui nous sommes dans une situation où des capitaux européens viennent en Suisse faire du swissmade, en profite, font venir du personnel européen, finance si cela se trouve des politiciens pour qu’ils leur défendent un accès « facilité » au marché UE, au détriment de notre souveraineté, et qui un jour si une opportunité meilleure se présente ailleurs (ce qui au train ou ça va risque forcément de se réaliser) tout simplement s’en iront en nous laissant la charge du personnel qu’ils auront fait venir mais désormais sans emploi. Notre société ne peut pas fonctionner de cette manière, c’est une question qui est aujourd’hui primordiale pour la Suisse. Les partis souverainistes doivent massivement s’en saisir.

On relèvera que le système de croissance par l’importation de travailleurs que nous a imposé la trinité PLR-PDC-PS est en train de se transformer pour la Suisse en une exportation nette de capitaux en faveur de l’UE, aujourd’hui un tiers des bénéficiaires d’une retraite helvétique vit dans un pays de l’UE et donc consomme et paie des impôts dans ces pays, avec un argent que le système helvétique leur paie chaque mois. Des pans entiers de questions macroéconomiques et fiscales ne sont ainsi en Suisse ni maîtrisés ni compris sur le long terme, on en voudra encore pour preuve que personne dans notre pays n’est capable de répondre à la question du coût que peut représenter la migration pour notre système de santé, une question taboue et jamais évoquée puisque faute des statistiques nécessaires personne n’est capable de l’évaluer.

Voilà les exemples concrets d’un système qui marche à l’aveugle (cf. supra : tout le monde peut entrer, tout le monde peut sortir, à la fin je ne sais pas, en attendant je me remplis les poches) que nous imposent par la force (cf. la confiscation de notre vote du 9 février) le trio PLR-PDC alliés au PS et aux Verts. Ce n’est pour ma part pas exactement ce que je comprends comme une conduite économique et stratégique responsable d’un pays et d’une nation.

 

 

Un bilan économique en réalité catastrophique.

 

Dans un monde commercialement de plus en plus concurrentiel et agressif il n’y a en Suisse plus aucune ligne de défense. Nous livrons des aides gratuites à des pays où c’est la Chine qui est en train de s’implanter et de remporter les marchés (ex. Afrique) ou dans des ex-pays de l’Est dans lesquels nos entreprises désormais se délocalisent… Il y a là quelque chose qui ne va pas. Si vous y ajoutez qu’après les attaques internationales contre le secret bancaire soutenues par nos propres parlementaires de gauche, c’est la Conseillère fédérale socialiste,  Simonetta Sommaruga, qui par clientélisme s’en est pris en 2017 d’une manière jamais vue au secteur du négoce international, au point que celui-ci menace aussi de se délocaliser (cf. Vitol), et alors qu’elle veut faire venir de plus en plus de personnes réfugiées sans formation, alors on constate le degré d’irresponsabilité de notre gouvernement actuel, qu’il n’y a en Suisse plus aucune conduite de notre économie pensée en terme de survie et d’intégrité nationale à long terme.

La manière dont l’économie suisse a été conduite ces dernières années est toute entière illustrée par l’affaire des panneaux solaires. Il y a tout juste dix ans on nous annonçait que les Suisses n’avaient pas à s’inquiéter de la mondialisation, les nouvelles technologies, les green-techs, dans lesquelles les Suisses avaient de sérieuses avances allaient en faire des pionniers et des leaders mondiaux, dix ans après, le denier fleuron de l’industrie solaire suisse Meyer Burger vient de se délocaliser en Chine. Bientôt la quasi-totalité des panneaux photovoltaïques installés en Suisse sera importée, des panneaux photovoltaïques dont la Suisse subventionne l’achat, et donc que la caisse public paie en partie, des panneaux fabriqués en Chine qui elle-même en subventionne la production afin d’emporter (de confisquer ?) le marché mondial… autrement dit par le biais de leurs subventions les Suisses sont ici en train de financer l’expansion du marché chinois… (On dit merci qui ?)

Tout cela nous montre que nous sommes gouvernés par des gens considérablement naïfs du point de vue international. Dans la ville « internationale » du bout du lac et autour du Léman, combien de fois n’avons-nous entendu ces PLR-PDC nous parler de clusters, de silicon valley et d’autres concepts high-tech et on en passe ? Nous allions révolutionner le monde. Mais Mesdames et Messieurs du PLR-PDC, des clusters il y en a cent, il y en a mille, cent mille autour du monde !!! Et ceux que vous avez construits ont désormais grâce à vous des loyers et des charges quatre fois plus chers que partout ailleurs dans le monde. (On dit merci qui ?) Dans votre belle Genève si pro-européenne, les arcades commerciales du centre-ville se vident littéralement à vue d’œil (chaque passant peut le constater lui-même, il y en a entre cinq et sept entre le bas de la rue de la Cité et le Bourg-de-Four…) parce que plus aucun commerçant n’est capable d’en payer les prix ahurissants et économiquement grotesques, et cela grâce à votre politique de dérégulation extrême et forcenée.

La thèse néo-libérale des PLR-PDC (tout peut entrer, tout peut sortir), dont un des arguments principaux était aussi de dire que les Suisses allaient en profiter par la baisse des prix que le libre-échange allait amener à l’îlot de cherté helvétique, est en train de montrer tout son ignominie et sa dégueulasserie. Les prix ont baissé, certains, oui, la viande que mangent les plus défavorisés en Suisse n’est plus de la viande, ce sont des matières recomposées avec des déchets et de l’eau. Les prix ont baissé grâce au cassis de Dijon, merci Mme Leuthard, on espère que vous savourez bien votre « vrai » filet de bœuf que la moitié des Suisses n’a déjà plus les moyens de s’offrir. Et cette affaire encore au moment où je terminais ces lignes, un scandale, mais c’est bientôt tous les trois jours, où l’on apprenait que Swissmedic a condamné les hôpitaux universitaires de Zurich, Bâle et St-Gall, pour n’avoir pas annoncé qu’ils avaient acheté du matériel souillé, soit des «  canules utilisées pour des opérations du coeur sur des bébés et des canules d'aspiration en partie rouillées, déformées, contenant des copeaux de métal ou qui se cassaient » (20minutes. 13.01.2018), des produits fabriqués au Pakistan et commercialisés par une entreprise établie à Zoug qui au moment des faits avait comme par hasard disparue… Et cela, dans un pays qui prétend devenir leader sur le marché mondial du bio-médical. Bonjour la réputation…

Mesdames et Messieurs du PLR-PDC et PS, votre politique du tout peut entrer, tout peut sortir, est une vraie réussite ! La réalité c’est que vous ne maîtrisez plus rien.

Vous n’êtes pas à la hauteur des défis économiques qui attendent la Suisse. Parce que du point de vue national une économie ne devient une réussite que lorsqu’elle est au service de ses citoyens et non pas l’inverse.

 

 

Entrer dans une démocratie d’opposition.

 

En tant que simple citoyen souverainiste je me suis demandé ce que je pouvais faire et alors une réponse apparait à la relecture de cet article-bilan. La réforme RIE III est une exigence de l’UE. Alors j’en prends bonne note, désormais je vais m’opposer à RIE III. Je vais m’opposer à tout ce qui est exigé et vient de l’UE, je vais m’opposer systématiquement à tout ce qui sera proposé et qui émane d’un de ces partis qui a violé notre constitution en décembre. Tout ce que je pourrai faire pour épuiser politiquement le PLR, le PDC, le PS et les Verts, je vais le faire. Je vais devenir un neinsager systématique. Je vais dire non et m’opposer systématiquement et par principe à tout ce qui viendra de ces partis et quel qu’en soit le contenu.

En bon Suisse mes votes varient parfois suivant l’objet, je laisse parfois certaines questions de côté sur lesquelles je ne vote pas, soit parce que je n’ai pas eu le temps d’approfondir la question, soit parce que je ne me sens pas concerné, désormais toute proposition qui a été appuyée ou proposée soit par le PS, le PLR et le PDC, les Verts ou demandée par l’UE ce sera NON. Un non que je n’oublierai pas de mettre scrupuleusement dans l’isoloir. Je vais voter non systématiquement avec une discipline de fer contre tout ce qui émanera de ces partis ou les projets qu’ils soutiendront. Les Bersets et compagnie, RIE III, pourront revenir dix fois, cent fois, peu importe le contenu je m’en moque, ce sera non tant que ne sera pas respecté  mon droit constitutionnel à ce que le vote du 9 février soit appliqué. Un vote qui demande le retour à un pays régulé et équilibré.

En Suisse, on peut considérer abstraction faite des partis, qu’au moins un votant sur deux est un souverainiste attaché à la souveraineté de notre pays et de notre peuple. Si on le replace à l’échelle des votations, théoriquement aucun projet ne pourrait plus passer si les souverainistes disent systématiquement non en bloc, si les votes des souverainistes disent systématiquement non et se rajoutent aux autres votants qui votent non à un projet par conviction.

En Suisse les projets qui sont acceptés se voient opposer en moyenne 37% de non [c’est la moyenne sur les 22 derniers votes acceptés sur le plan fédéral], si les souverainistes rajoutent systématiquement leur non à ceux qui s’opposent par conviction il est certain que nombre de projets de ces partis seront d’emblée voués à l’échec.

En 2017 on a pu voir sur les réseaux sociaux que sur des questions comme le vote sur la sécurité alimentaire ou précisément sur RIE III, les opinions des souverainistes étaient divisées, et c’est sur ces opinions variables que comptent le PDC, PLR, PS et Verts pour faire passer leurs projets. Si tous les souverainistes votent systématiquement contre eux et contre leurs projets quels qu’ils soient, ces partis seront tout simplement paralysés et mis hors-jeu et c’est désormais le but recherché.

Bien sûr qu’il y aura des anicroches, des contrecœurs et des regrets, mais ces partis doivent désormais voir tous leurs projets paralysés et c’est cela qui compte ici et maintenant.

Parce que quand même il faut relire ce qui vient d’être dit. Les souverainistes sont plus de la moitié en Suisse, probablement largement majoritaires mais tout ce qu’exige l’UE est appliqué et a été appliqué. Les souverainistes sont la majorité mais ce sont les minorités qui gagnent. Et ça ce sont les faits. C’est la preuve d’un échec, c’est la preuve que la configuration et les rapports politiques tels que nous les pratiquons aujourd’hui sont inefficaces et que nous sommes en train de perdre.

Aucun de ces partis n’a à lui seul, ou selon ses alliances naturelles, assez de voix pour faire passer sans aide un projet devant le peuple, leurs projets ne passent que par des alliances, les souverainistes étant les plus nombreux ils ont la capacité de littéralement paralyser ces partis qui ont violé notre constitution et volé nos votes.

Imaginez seulement ce que deviendraient ces partis s’ils sont dans l’incapacité de faire passer un seul projet. Ils vont tout simplement s’épuiser en forces et en finances. Et parce qu’il faut toujours commencer l’année avec des perspectives séduisantes, on peut imaginer que les dirigeants de l’économie qui auront besoin d’un aménagement législatif ne s’adresseront plus au PDC ou au PLR, mais bien à ceux qui représentent vraiment le peuple et la souveraineté de notre pays.

Quel plaisir ce serait à la fin de l’année de voir que ces partis qui nous ont volé notre constitution ne réussissent plus à faire passer un seul projet devant le peuple, quel crédit conserveraient-ils alors ?

Le citoyen souverainiste doit devenir un résistant, et dans l’isoloir et devant les urnes ce résistant s’appelle un neinsager. Son devoir est de voter systématiquement NON à tous les projets qui n’émanent pas exclusivement d’un parti souverainiste ou de citoyens qui défendent notre souveraineté. Il faut désormais refuser le moindre règlement communal, le moindre changement d’émolument, tout ce qui passe dans l’isoloir, tout ce qui est proposé, si cela vient du PLR-PDC, du PS ou des Verts. Il faut signer toute initiative ou référendum d’où qu’il émane s’il conteste un de leurs projets.

Nous devons faire passer la souveraineté avant toute autre considération, c’est la seule manière que nous avons de gagner.

Si tous les souverainistes deviennent systématiquement des neinsager nous allons bloquer la politique du pays.

Ils veulent nous confisquer notre démocratie directe et notre économie, nous allons devenir une démocratie d’opposition et de blocage. N’hésitez pas à en répandre l’idée.

Je vous souhaite une bonne année à tous.

Michel Piccand, janvier 2018

 

(1) http://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2017/02/28/conclusions-eu-swiss-confederation

 

(2) https://mouvement-9fevrier.org/la-croissance-economique-de-la-suisse-un-drame-politique-cache/

 

(3) https://www.amazon.com/s/ref=dp_byline_sr_ebooks_1?ie=UTF8&text=Michel+Piccand&search-alias=digital-text&field-author=Michel+Piccand&sort=relevancerank

 

 

 

10 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    @ S. Dumont: Je suis comme vous, je vais voter NON pour la TVA et l’IFD le 4 mars prochain.
    Trop c’est trop ! Le peuple souverain suisse, si on le sollicite, DOIT s’exprimer.
    Le gouvernement actuel DOIT tenir compte des résultats des votations populaires. En cas de déni de celui-ci, comme le 9 février 2014, il ne lui reste plus qu’à démissionner …

  2. Posté par S. Dumont le

    Merci beaucoup à Michel Piccand pour cet excellent article!
    Avec nos politiques PLR, PS, les Verts et le PDC, nous vivons en permanence dans le mensonge, la peur, le chantage, les non-dits et la langue de bois et cet article est un bel exemple auquel il faut y ajouter la naïveté et l’incompétence.
    Pour ma part, je suis devenue une résistante permanente et j’informe également mon entourage sur les dangers des initiatives en cours touchant à l’UE et à d’autres institutions internationales tout comme les initiatives cantonales.
    Mais, je vais aller encore plus loin, comme probablement le 20 à 30 %, je vais refuser, le 4 mars 2018, l’initiative du Conseil fédéral sur le renouvellement de l’IFD et de la TVA, car j’estime que nos taxes et impôts divers, sont largement suffisants pour régler les affaires courantes.

  3. Posté par Frank Leutenegger le

    Merci pour cette mise au point. A titre personnel, je pense que si nous continuons cette politique de soumission systématique envers l’UE, la Suisse va tout simplement disparaître.
    Il m’est arrivé de voter pour d’autres que UDC, c’est désormais terminé. Et même dans ce parti, je choisirai encore.

  4. Posté par Maurice le

    Grand merci, Michel Piccand, pour cet article fouillé et cette mise au point indispensable !
    Je votais déjà contre tout ce qui concerne l’Union européenne, mais maintenant je vais aussi voter contre tout ce que proposent les partis que vous citez, je ne voterai donc plus que pour l’UDC, en espérant qu’il y aura le moins possible de tricherie lors des votations (bourrage des urnes en faveur de ces partis véreux, ou visionnement des résultats par transparence pour éjecter les bulletins qui ne plaisent pas…).
    Je m’étais déjà rendu compte de la grande quantité d’entreprises malhonnêtes et louches venues en Suisse depuis 2002 pour en tirer un maximum de profits avant de se tirer pour ne pas être prises la main dans le sac, et qui discréditent l’honnêteté et la qualité des entreprises suisses car, établies en Suisse, elle passent pour des entreprises suisses, et même utilisent la croix suisse, et souvent on les reconnaît tout de suite, car cette croix usurpée est fausse… Malheureusement, lorsque les médias dénoncent ce genre de choses, ils ne mentionnent jamais qu’il s’agit d’entreprises étrangères établies en Suisse du fait des accords bilatéraux avec l’Union européenne, ils ne disent pas non plus d’où elles proviennent, ces entreprises, souvent du même pays d’ailleurs…

  5. Posté par Socrate@LasVegas le

    Un énorme MERCI à vous M. Piccand pour cet article passionnant d’où ressort bien le comportement déloyal d’une majorité des élus envers le Peuple, mais où transperce aussi l’appel, l’espoir d’une (re)prise de son destin par le Souverain…qui l’est encore en Suisse malgré le maladroit déni de démocratie du 9 février 2017, en fait un sérieux avertissement au Peuple assoupi!
    Concernant l’article ci-dessus, est-il prévu qu’il soit publié dans les quotidiens à fort tirages (24h du WE, …) et dans l’affirmative peut-on y apporter une contribution financière?

    Pour ma part, cela fait déjà bien longtemps qu’en cas de doute ou de renseignements insuffisants, je vote l’inverse de ce que propose le conseil fédéral…mais vais élargir la pratique en suivant rigoureusement vos conseils!! Je trouve aussi pertinentes les propositions de JeanDa.

    N.B. Merci aussi pour votre plainte déposée auprès du Conseil des « droits de l’homme »…

  6. Posté par Mark Poujol le

    Une chose de plus doit être faite: empêcher la tricherie, le bourrage des urnes, lors des votations. Eh oui, chez vous en Suisse, cela se produirait désormais (les cantons de Vaud et Genève sont à très haut risque). Car ILS sont décidés à faire passer leur volonté à tout prix même si, pour cela, les règles démocratiques doivent être violées (dixit JCJ, le copain de vos CF Simonetta et Doris)!

  7. Posté par Piccand Michel le

    Merci à Mr et Mme JeanDa et Myrisa Jones pour leurs chaleureux commentaires.

    Un commentaire de ma part en supplément qui concerne l’affaire des anticancéreux falsifiés en Suisse que l’on vient d’apprendre :

    Les scandales se succèdent si vite qu’on n’a même plus le temps de les écrire, voir ci-dessus dans le bilan 2017 le scandale des canules cardiaques pour bébé rouillées…

    Aujourd’hui le Matin nous apprend qu’une entreprise Alkopharma a volontairement vendu en Suisse des milliers de médicaments anticancéreux périmés…

    C’est juste à vomir !!!

    Regardez simplement l’historique de l’entreprise Alkopharma, venue s’installer en Suisse à Martigny en 2003 (juste après l’introduction de la libre circulation en 2002).

    Venue faire du fric en Suisse, l’entreprise a aujourd’hui disparu (dissoute selon le registre du commerce, comme l’entreprise de Zoug des canules pour bébés), ses propriétaires ressortissants de l’UE condamnés à une amende avec sursis par la justice suisse… et 2 amendes ridicules pour les responsables techniques.

    Des vies humaines saccagées et torturées, une image de la Suisse foutue dans les égouts, par des gens qui ne sont même pas de notre pays.

    https://epaper.lematindimanche.ch/#article/200/Le%20Matin%20Dimanche/2018-01-14/2/84108116

  8. Posté par Jean Durand le

    Je connais assez bien la Belgique, cette semaine il y avait un article de presse selon lequel Donald Tusk craignait la sortie de son pays d’origine, la Pologne, de l’UE. Espérons que ça se produit au plus vite et que la Pologne soit suivie d’autres états membres tant que le Politburo européen se prend pour Dieu.
    En fait, il y a deux Europes: celle des institutions entièrement déconnectées de la réalité, et celle des citoyens dans chacun des pays membres. Je comprends que le résultat de certaines votations en Suisse dérangent les apparatchiks, par contre au sein de la population UE on a un grand capital de sympathie. C’est ce que les réactions dans mon entourage me disent après la votation du 9 février et autres.

  9. Posté par Myrisa Jones le

    Merci monsieur Piccand pour la qualité de votre article.
    La description que vous faites de la situation dramatique, dans laquelle nous conduisent depuis des années nos zélites stupides et sans aucune vision, est tellement évidente pour moi, que cela fait des années que je suis devenue une neinsager. Je vote systématiquement non à tout ce qui vient de l’UE et tout ce qui soutenu ou projeté par ces partis politiques.
    Et j’espère qu’un jour viendra, où tous ces vendus paieront le prix fort, et dans leur vie personnelle, les conséquences de cette soumission territoriale, politique et économique à l’UERSS, comme la population est déjà en train de le payer chèrement au quotidien. Car hélas, le pillage de la Suisse ne fait que commencer…

  10. Posté par JeanDa le

    Merci Monsieur Piccand pour cette belle analyse dont je partage sans aucune restriction les raisonnements et conclusions.
    Il est devenu évident pour moi que :
    1) Il nous manque un mécanisme de mesure de la conformité des actions gouvernementales à la Constitution et aux mandats donnés, mesure associée à un mécanisme de destitution rapide et efficace des élus aux résultats trop insuffisants.
    2) Un « Bureau de protection de la Suisse » qui élabore une liste des mesures de rétorsion graduelles que nous pourrions mettre en place à l’encontre de l’ue en cas de violation manifeste de nos droits (ou simplement d’injustice de traitement).

Et vous, qu'en pensez vous ?

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