Plus d’un quart des pertes civiles à Mossoul dues aux frappes de la coalition

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Au moins 2 521 civils ont été tués et 1 673 blessés au cours de l’opération de reprise de Mossoul qui a secoué la prétendue capitale de l’Etat islamique et ses alentours durant neuf mois. Ces chiffres doivent être considérés comme une «estimation minimale», selon un nouveau rapport sur la libération de Mossoul établi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (OHCHR) et la UN assistance Mission for Iraq (UNAMI), paru le 2 novembre 2017.

Au moins 741 victimes ont été exécutées par les terroristes de l’Etat islamique, tandis que les pertes civiles à cause des combats s'établissent à 1780 civils. Le rapport estime qu’un quart de celles-ci – soit 461 personnes – ont été causées par les frappes aériennes de la coalition durant l’opération. Officiellement, la coalition ne reconnaît pourtant sa responsabilité que dans la mort de 295 civils pendant les opérations de Mossoul. Quant aux victimes restantes, la responsabilité de leur mort «n’a pas pu être attribuée», estime le rapport.

La communauté internationale devrait «enquêter minutieusement sur tous les incidents qui ont causé des morts parmi les civils et dans lesquels la communauté internationale est impliquée, et rendre publiques les conclusions de l’enquête», conseille le rapport. Les responsables des Nations unies n’ont en revanche pas précisé les mécanismes nécessaires pour enquêter sur les frappes mentionnées ou suggéré un organisme pour le faire. 

Outre la nécessité de conduire une enquête, l'UNAMI/OHCHR presse la coalition de payer des compensations aux familles des victimes tuées ou blessées durant les frappes. La coalition menée par les Etats Unis n'est toutefois pas directement mentionnée dans ce cas. «Une compensation devrait être fournie aux familles des civils tués ou blessés pendant les frappes dans lesquelles les dégâts sur les civils sont avérés, comme par exemple ceux du voisinage d'al-Jadida à l’ouest de Mossoul le 17 Mars», statue le rapport, faisant allusion à une frappe qui avait causé la mort de 105 civils.

Les frappes du 17 mars : des bombardements pour deux snipers?

C'est la présence de «deux snipers» qui a été considérée par la coalition comme une raison suffisante pour déclencher les bombardements du 17 mars. La révélation de cette décision a déclenché des accusations d’usage excessif de la force. James Mattis, secrétaire américain à la Défense, a toutefois justifié cette décision par la nécessité de combattre l’Etat islamique. Les pertes civiles dans de telles circonstances sont, selon lui, «une réalité du terrain».

En juillet, un rapport d’Amnesty International avait déjà pointé la coalition du doigt pour des frappes «imprécises et disproportionnées», citant le 17 mars comme exemple d’une telle dérive. Des violations du droit international ont également été commises par les forces irakiennes qui auraient utilisé des «armes explosives et imprécises qui ont tué des milliers de civils peuvent constituer [un] crime de guerre» selon Amnesty.

Le nouveau rapport de l’ONU, toutefois, s'abstient de formuler des condamnations aussi dures. Il en appelle au gouvernement irakien afin d'accéder à la Cour Pénale Internationale (CPI) et note que tout camp ayant commis des crimes doit en payer le prix.

Lire aussi : Le Premier ministre irakien déclare à Mossoul la victoire sur la brutalité et le terrorisme

 

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Un commentaire

  1. Posté par Lara le

    Tant mieux, cela fait des musulmans en moins!

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