Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

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Exit l’Etat d’urgence, voici la loi antiterroriste. L’idée n’est pas mauvaise : plutôt que de proroger continuellement les mesures d’exception découlant du contexte de terrorisme endémique dans lequel nous vivons, pourquoi ne pas lui substituer une bonne fois pour toutes une vraie loi antiterroriste ?

C’est le sens de cette loi prétendument « controversée » (mais pas par l’opinion publique) qui a été signée lundi à l’Elysée et est entrée en application dès le lendemain.

La loi institutionnalise donc des pratiques, précédemment qualifiées de lois d’exception, qui étaient devenues impératives pour s’opposer au terrorisme islamique. Par exemple les contrôles aux zones frontalières, aux abords des aéroports, des ports et des gares. On pense évidemment au drame de la gare Saint-Charles, à Marseille.

La loi nouvelle comporte des dispositions relatives aux assignations à résidence et aux perquisitions. Par ailleurs, des lieux de culte pourront être fermés à titre provisoire. Et une violation de ces fermetures sera punie de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.

Enfin, un nouveau crime entrera dans le code pénal : le crime commis par des parents qui inciteraient leurs enfants à commettre des actes de terrorisme. Ce crime sera passible de 15 ans de prison et de 225 000 euros d’amende.

On ne peut qu’applaudir des deux mains, d’autant que chacun pense aux attentats récents, qui auraient pu être évités ou limités dans leur ampleur avec des lois de ce type. On pense à la « charmante » famille Merah, à la mère, au frère. Bien évidemment, le pistolet-mitrailleur dans la tempe des petites filles, c’est Mohamed Merah. Mais les enquêtes de police, a posteriori, révèlent l’influence familiale, le bain de culture microbienne de l’islamisme.

Le sentiment est certes désagréable de perdre un peu de sa liberté, dans un monde de plus en plus policé, borné, contrôlé, depuis le tri sélectif jusqu’aux caméras qui nous filment en continu.

Nous sommes en guerre

Mais sans doute est-ce le prix à payer. La vie de nos enfants passe éventuellement par une renonciation à une part de nos libertés individuelles. La loi est à l’essai, nous dit-on, et sera évaluée d’ici à deux ans.

Nous sommes en guerre. Le laxisme passé a fait des centaines de morts, sur notre territoire, nous ne pouvons l’oublier. Cette loi fait donc figure de désagréable nécessité.

Mais il existe un autre risque, qui doit appeler notre vigilance : il ne s’agirait pas que cette loi se transforme en levier pour accélérer des processus de « normalisation », par exemple à l’égard de lieux de culte catholiques, au motif, par exemple, qu’on y fustige l’avortement libre ou les « mariages » homo, alors même que la « loi républicaine » les ont légalisés. Il convient donc d’être prudent, voire circonspect, à l’égard de tout dispositif qui restreint de fait nos libertés.

Mais il est vrai que, lors des inventaires du début du siècle – qui firent d’ailleurs des morts, uniquement du côté des catholiques défenseurs de leurs églises – l’autorité politique ne s’encombrait pas d’un arsenal législatif. Et le terrorisme était plutôt du côté de Briand et du pouvoir anticlérical.

 

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