La piste soviéto-cubaine.
Malgré la publication de 2891 documents liés à l’enquête sur l’assassinat de John Fitzegerald Kennedy, le mystère reste entier. Au grand dam des médias qui auraient bien aimé trouvé un complot impliquant la CIA et / ou une hypothétique « extrême droite ».
Que Lee Harvey Oswald n’ait pas été tout seul pour ce coup tordu, aucun doute. Car on sait, somme toute, beaucoup de choses sur son parcours erratique. Communiste, soupçonné même d’avoir livré à l’URSS des documents sur les avions-espions U2, il avait vécu deux ans à Moscou où il avait épousé la fille d’un colonel soviétique.
- Khrouchtchev et Andropov (patron du KGB), humiliés par la crise des missiles de Cuba, étaient déterminés à faire payer Kennedy.
- Pour ce faire, ils vont activer un faux transfuge du KGB passé à l’Ouest, Nosenko ; Martina Prusakova (l’épouse d’Oswald) ; un « double » d’Oswald, Alex Hiddel (exécuteur des basses œuvres du KGB) ; des guérilleros marxistes sud-américains ; Oswald lui-même.
- En 1962, Oswald rentre aux Etats-Unis avec sa femme et Alex Hidell (autrement dit sa moitié et son double…).
- Depuis des années, les milieux anti-castristes cubains de Floride sont noyautés par les services secrets de La Havane. Comme ses parrains soviétiques, Castro veut se venger de l’affaire des missiles et de la Baie des Cochons.
- Les liens d’Oswald avec Cuba, via les ambassades soviétiques et cubaines à Mexico notamment, sont avérés.
- Instrumentalisé, mais « grillé », Oswald doit être éliminé. D’où son assassinat par Jack Ruby, patron d’une boîte de nuit à Dallas.
- Jack Ruby est un truand. Mais pas de seconde zone comme on le laissa entendre : en cheville avec les barons sud-américains de la drogue, il avait par le passé vendu des armes à Castro.
- Jack Ruby est mort en prison en 1967. Aux membres de la commission Warren venus l’interroger, il ne lâchera rien, sinon : « Si vous sentiez que votre vie est en danger, n’hésiteriez-vous pas à parler ? »
Les archives déclassées, bien qu’un peu décevantes, nous fournissent cependant quelques éléments intéressants. On y relève, par exemple, le nom d’un certain « Ward » signalé par la CIA et le MI5 britannique. Ce « Ward » n’est autre que Stephen Ward, un ostéopathe impliqué en Grande-Bretagne dans une affaire d’espionnage mettant en cause le KGB.
On savait aussi – mais on en a là confirmation – que le FBI et la CIA surveillaient Oswald en raison de ses liens avec l’URSS. Fin octobre 1963, un mois avant l’attentat contre Kennedy, la division du FBI de Dallas était sur ses traces.
On aimerait savoir, en revanche, pourquoi plus d’une vingtaine de témoins interrogés par la commission Warren sont morts – « accidentellement » dira-t-on – dans les mois qui suivirent leurs auditions…
Alors, Oswald « pigeon » ou agent activé ? Pour l’heure, la seule certitude que l’on a, c’est que JFK a bel et bien été assassiné le 22 novembre 1963.
Photo : La voiture présidentielle dans laquelle JFK sera touché, le 22 novembre 1963.
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