Les titres : Sécurité / Etat d’urgence : épisode 5 – Media / Fin de grève à ITélé – Economie / Paris : 240 millions d’euros pour un toit qui fuit – International / La Turquie est-elle un pays islamiste ?
Cap sur l’Elysée
Emmanuel Macron vole la vedette à la primaire de la droite et du centre. Alors que le verdict quant au candidat des républicains occupe la majeure partie des questions politiques, l’ancien ministre de l’économie a décidé de se déclarer officiellement dans la course à l’Elysée.
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Il aura finalement écourté le suspens. Emmanuel Macron se lance à l’assaut de la présidentielle. C’est à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, dans un centre d’apprentissage qu’Emmanuel Macron a décidé de sortir du bois. Le président du mouvement En Marche ! devait pourtant attendre mi décembre, mais il a finalement avancé son annonce… sans ménagement pour ses anciens collègues du gouvernement.
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Cela ne va pas faire les affaires du gouvernement, déjà très affaibli. Les attaques ne se sont d’ailleurs pas faites attendre. En déplacement dans une école de professeurs, le Premier Ministre a attaqué frontalement le jeune loup de la finance en mettant l’accent sur son arrivisme mais aussi son manque d’expérience et de compétences… Des attaques étonnantes puisqu’Emmanuel Macron était encore l’un de ses ministres il y a quelques mois. De son côté, Benoît Hamon, représentant de l’aile gauche du Parti Socialiste, a fustigé la méthode. Pour lui, la candidature Macron assure l’absence de la gauche au second tour de l’élection présidentielle…
Après cette annonce, une longue route se prépare pour l’ancien locataire de Bercy. Les mauvaises langues commencent déjà à pointer ses faiblesses notamment dans la capacité à réunir les 500 signatures. Pourtant, beaucoup de maires de droite auraient intérêt à aider le candidat afin de disperser les voix de gauche. Par ailleurs, le financement de la campagne d’Emmanuel Macron est également interrogé, mais les nombreux soutiens dont il dispose dans son ancien environnement de travail, puisqu’il travaillait à la Banque Rotchshild, pourrait sans doute débloquer quelques fonds. De même, sa grande proximité avec le monde des médias et notamment Patrick Drahi, dont l’ancien banquier, Bernard Mourad n’est autre qu’un soutien affiché d’Emmanuel Macron.
A droite, l’annonce de la candidature Macron n’a pas non plus ravi les foules. Les commentaires et les critiques sont arrivés en forme de pluies diluviennes pour rester sur le devant de la scène.
Alain Juppé s’énerve – eh oui c’est possible – face à la nouvelle candidature d’Emmanuel Macron. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac a commenté cette annonce dans des termes lapidaires. Pour lui, Emmanuel Macron a poignardé François Hollande dans le dos, c’est un traître et – plus étonnant venant d’Alain Juppé – un ringard ! François Fillon a, pour sa part, ironisé sur le fait qu’Emmanuel Macron n’avait jamais roulé pour le Téléthon, considérant donc que cette annonce n’était qu’une question de temps. Si Alain Juppé se montre le plus virulent à l’égard de l’ancien ministre de l’économie, ce n’est pas un hasard. En effet, sur l’échiquier politique, ils sont très proches, véhiculant respectivement une image d’un candidat de droite penchant à gauche et d’un candidat de gauche penchant à droite… Dans ce jeu, la jeunesse de l’ancien banquier pourrait séduire ceux qui s’interrogent justement sur l’âge avancé du maire de Bordeaux… qui peut toujours se consoler avec le récent ralliement à sa cause de Geoffroy Didier… Avec cela, Alain Juppé pourra tenter de faire croire qu’il n’y qu’un pas entre “droite forte” et “identité heureuse”.
Si l’annonce de Macron a volé la vedette à la primaire de la droite, les candidats doivent pourtant continuer leur course. A la veille du dernier débat, les sondages rythment toujours la campagne. Le dernier en date, réalisé par Opinion Way, bouleverse encore le jeu puisque c’est François Fillon qui est donné vainqueur de l’élection. En effet, quelle que soit la configuration et son concurrent, s’il est en lice pour le deuxième tour, l’élu sarthois l’emporterait. Face à Alain Juppé, il gagnerait la bataille avec 54 % des voix et face à Nicolas Sarkozy avec 57 %. Cette remontée incroyable dans les sondages de l’ancien premier ministre sarkozyste s’explique en partie par son attaque permanente contre les journalistes et les sondages qui l’ont considéré vaincu avant même le vote. Par ailleurs, il semble que François Fillon, en revenant dans le jeu, ait conquis de plus en plus de sympathisants initialement à la cause des petits candidats, notamment de Jean-Frédéric Poisson, le président du Parti Chrétien Démocrate. Charles Beigbeder, élu à Paris et soutien de Jean-Frédéric Poisson ne voit pas cela d’un bon œil et n’hésite pas à plaider la cause de son candidat.
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De son côté, le Front National poursuit son chemin présidentiel. En pleine inauguration de l’Escale, le QG de campagne du parti, les cadres dont Marine Le Pen ont profité de l’occasion pour donner leur point de vue sur la candidature Macron.
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L’inauguration du QG de campagne, à deux pas de l’Elysée, était aussi l’occasion de présenter le logo et le slogan. La Présidente du Front National les a fait découvrir en vidéo.
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Le Front National poursuit donc sa route vers l’Elysée avec ses locaux à deux pas du Palais. Mardi, le parti s’était également réuni pour sa 4e convention, après celle sur l’éducation, celle sur la condition animale et une troisième sur la culture, pour plancher sur le problème des banlieues afin d’élaborer son programme pour la présidentielle.
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Et voilà, on approche de la fin de ce cap sur l’Elysée. Avant de se quitter, passons à notre rubrique Tableau d’honneur. Ce soir, François Billot de Lochner, président de la Fondation de Service Politique nous parle des questions sociétales dans la campagne de la droite et du centre.
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Sécurité / Etat d’urgence : épisode 5
L’état d’urgence pourrait être une nouvelle fois prolongé. Le premier ministre, Manuel Valls, l’a déclaré dimanche. Une décision sécuritaire mais aussi politique à quelques mois de l’élection présidentielle.
La France se dirige vers une nouvelle prolongation de l’état d’urgence. Le dispositif, instauré après les attaques du 13 novembre, a déjà été prorogé 4 fois. La dernière date du 26 juillet dernier, quelques jours après les attentats de Nice et devait prendre fin en janvier 2017. Mais Manuel Valls a indiqué une possible prolongation de quelques mois pour protéger la campagne présidentielle, sans pour autant préciser sa durée exacte.
Le premier ministre a indiqué qu’il était difficile de mettre fin à l’état d’urgence de le climat actuel. Selon Manuel Valls, le dispositif a permis des interpellations et des contrôles administratifs efficaces. Depuis son instauration, plus de 4 000 perquisitions administratives, la plupart réalisées dans les 3 premiers mois après son entrée en vigueur, ont été conduites et 95 assignations à résidence sont toujours en cours, selon un bilan dressé le 7 novembre dernier par Bernard Cazeneuve. Ces perquisitions ont permis la saisie de près de 600 armes à feu, “dont 77 armes de guerre”, selon le ministre de l’Intérieur. Tout en se déclarant “très prudent”, le premier ministre a par ailleurs estimé que le risque d’attentat menés par des commandos comme ceux du 13 novembre avait “plutôt tendance à diminuer” même s’il n’a pas exclu des attaques semblables à celle de Nice.
Cette procédure est toutefois largement critiquée. La commission d’enquête parlementaire sur les attentats juge son efficacité limitée dans le temps. De plus, étant en vigueur depuis plus d’un an, son caractère exceptionnel est largement battu en brèche. Des associations et des magistrats dénoncent également un recul des libertés et de l’Etat de droit. La prorogation de l’état d’urgence ne pouvant être validée que par voie législative, le gouvernement devra compter sur le vote des députés. Un vote à priori déjà acquis même si la gauche n’est pas unanime sur la question et que la droite y est très largement favorable.Media / ITélé : les journalistes rendent les armes
Fin de grève à Itélé ! Les salariés du groupe Canal + ont voté à l’unanimité moins deux voix la fin du conflit avec la direction de la chaîne. Après 31 jours de grève, un record dans le secteur audiovisuel depuis 1968, les journalistes vont reprendre le travail une fois que le protocole d’accord sera signé. Le mouvement avait débuté avec l’annonce de l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur la chaîne d’information en continue. Inquiété dans des scandales sexuels impliquant des mineurs, le présentateur sera néanmoins bien présent sur la chaîne.
C’est donc une défaite pour les grévistes qui n’ont pas non plus obtenu la séparation des postes de directeur général et de directeur de la rédaction. La direction d’Itélé leur a seulement concédé des “garanties” sur l’indépendance de la rédaction. 25 journalistes ont annoncé ce mercredi qu’ils quittaient la chaîne d’information, des départs qui s’ajoutent à ceux de 10 autres qui avaient déjà prévenu de leurs départs. C’est donc près d’un tiers de la rédaction qui quitte le navire dans une chaîne télévisée qui comptait 120 journalistes il y a encore un mois…
L’arrivée de Jean-Marc Morandini avait allumé le feu aux poudres mais sa non-éviction révèle bien que les raisons de la mobilisation sont plus profondes et reflètent une opposition entre les journalistes et le nouveau patron du groupe Canal + : Vincent Bolloré. C’est d’ailleurs l’homme d’affaire qui sort grand vainqueur de ce duel. Non seulement il n’a pas cédé aux demandes des journalistes mais il a également fait des économies sur les salaires des grévistes dans un média où la rémunération des salariés représente 60 % des charges. Après avoir fait un passage en force à Canal + où les programmes et l’organisation de la chaîne ont été bouleversés, Bolloré continue donc dans sa stratégie de réorganisation du groupe.Economie / Paris : 240 millions d’euros pour un toit qui fuit
A Paris, la Canopée du forum des Halles, un immense toit qui a coûté 240 millions d’euros au contribuable parisien, a un petit souci : il fuit ! Les dizaines de milliers de passants qui traversent le forum tous les jours se plaignent d’être trempés car le toit laisse passer l’eau. Résultat, la mairie a demandé à l’architecte de boucher les trous, ce qui risque de coûter encore quelques millions. Natasha Koenigsberg
Un toit qui éblouit les habitants des immeubles voisins, à cause de sa surface vitrée qui reflète vivement le soleil. Un toit dont l’immense majorité des visiteurs et des passants du Forum des Halles disent qu’il n’a aucun charme, pour ne pas dire qu’il est moche. Un toit enfin, qui, dès sa conception a été prévu pour laisser passer l’eau, contrairement à la raison d’être normale et évidente d’un toit… Tout cela pour 240 millions d’euros, une somme astronomique qui aurait permis de bâtir plus de 1 600 logements sociaux, ou bien, de créer plus d’une centaine de crèches dans Paris, ou encore, de construire une quinzaine d’écoles ou une dizaine de collèges.
Voilà le bilan désastreux de la désormais tristement célèbre Canopée des Halles. Anne Hidalgo, qui a hérité de ce dossier aberrant de son prédécesseur, Bertrand Delanoë, tente désespérément d’éteindre l’incendie, ou plutôt, de colmater les fuites. L’architecte Patrick Berger, qui a conçu la désastreuse canopée s’est vu sollicité par la mairie pour trouver un moyen de… boucher les trous du toit !Problème, le porte-faux immense du toit, qui fait 150 mètres carrés empêche d’alourdir la structure. Et comme ladite structure est faite de volets penchés il sera difficile de capter l’eau de pluie, de la canaliser et de l’évacuer… Pour l’instant, rien n’a fuité du projet d’étanchéification de la Canopée, ni les solutions envisagées, ni surtout, le prix des travaux qu’il faudra envisager… sans parler des mois de nuisance qu’ils ne manqueront pas de provoquer pour les commerçants du forum, tout comme pour les riverains…
International / La Turquie est-elle un pays islamiste ?
Cinq mois après la tentative de coup d’Etat, la Turquie est peut-être à un tournant de son histoire contemporaine. Les purges contre les opposants et la menace de rétablir la peine de mort éloignent un peu plus le pays d’une éventuelle adhésion à l’Union Européenne. Le président Erdogan, souvent accusé d’instaurer un régime islamiste, compose aujourd’hui avec les nationalistes.
Un coup d’Etat, des purges massives d’opposants politiques, un éventuel rétablissement de la peine de mort : Ankara inquiète l’Europe. Cinq mois après le coup d’Etat raté, le pays connaît des changements importants et semble paradoxalement se détourner de ses penchants islamistes. En effet, pour tenir la Turquie d’une main de fer, Recep Tayyip Erdogan doit composer avec les nationalistes. La tentative de coup d’Etat ayant été fomentée par une composante politique à tendance islamiste, comme la sienne, le président se tourne désormais vers le Parti d’action nationaliste. Pour avoir le soutien de ce dernier, Erdogan n’hésite pas à intensifier sa politique de répression à l’égard des Kurdes. Ainsi, les députés prokurdes et leur leader ont été arrêtés et le chef d’Etat a affirmé qu’il validerait le rétablissement de la peine de mort si le parlement votait dans ce sens.
L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne semble donc de plus en plus improbable. Le président Erdogan critique désormais directement Bruxelles et envisage de recourir à un référendum sur la question. Les purges pratiquées après la tentative de coup d’Etat et les prises de positions idéologiques du président turc ont longtemps laissé penser que la Turquie prenait un virage islamiste mais paradoxalement Erdogan a changé de cap non seulement dans sa politique intérieure mais aussi au niveau international. Depuis 3 mois, Ankara se rapproche de la Russie et de l’Iran et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis pourrait aussi avoir de l’importance. Le nouveau président américain ne sera en effet peut être pas aussi intransigeant que son prédécesseur sur les questions relatives aux droits de l’homme et à la démocratie. Après avoir un temps flirté avec l’Union Européenne, Erdogan joue donc la carte du pragmatisme en consolidant son pouvoir intérieur et en établissant de nouvelles alliances et semble s’éloigner de la tentation islamiste.L’actualité en bref
– A peine 14 % des clandestins ont émigré pour fuir la guerre ! C’est ce qui ressort du rapport 2016 de Médecins du monde. Sur les 10 000 personnes interrogées, 53 % ont rejoint l’Europe pour raisons économiques et 20 % pour raisons politiques. L’ONG dénonce également le mythe selon lequel ces populations émigrent pour profiter du système de santé. En effet, ils ne sont que 3,5 % à venir en Europe pour cette raison. Médecins du monde invite donc les politiques à cesser d’utiliser cette fiction pour culpabiliser leurs administrés.
– Un émoticône voilé bientôt sur vos smartphone ! Rayouf Alhumedhia, une fille de 15 ans originaire d’Arabie Saoudite et domiciliée en Allemagne a vu aboutir sa requête de création d’une icône voilée auprès du Consortium Unicode. La jeune fille déplorait qu’il n’existe pas d’émojis représentant les 550 millions de femmes musulmanes qui, comme elle, portent le hijab avec fierté et qu’aucun espace ne leur soit réservé sur le clavier…L’émoticône sera disponible en 2017.
– Le calisson d’Aix devient une marque chinoise. Un industriel de la région de Shanghaï, vient en effet de déposer cette dénomination commerciale dans son pays. La marque Calisson d’Aix est pourtant bien protégée mais seulement en France. La nouvelle a provoqué un profond malaise parmi les confiseurs provençaux qui fabriquent ce produit depuis le 16ième siècle.
– Christopher Lannes présente sa nouvelle émission avec l’ancien président du FNJ Julien Rochedy. En partenariat avec Le bréviaire des patriotes, le créateur de La petite histoire se lance dans une nouvelle aventure intitulée Sécession. Chaque mois, dans un entretien exclusif, Christopher Lannes interrogera Julien Rochedy sur l’actualité mais aussi sur des sujets qui méritent approfondissement et réflexion.
Et ce soir, retrouvez Perles de culture. Frédéric Pic et Louis André vous emmènent voir “Moi Daniel Blake”, “La mort de Louis XIV” et “Bleeder”. Anne Brassié vous fera ensuite découvrir les sculptures en grillage d’Odile Moulin. Annie Notto vous emmènera enfin visiter le village de Montrésor, près de Tours : un petit bijou dans un écrin de verdure.
Cet article JOURNAL DU MERCREDI 16 NOVEMBRE 2016 : SÉCURITÉ / ETAT D’URGENCE : ÉPISODE 5 est apparu en premier sur TVLibertés - Nous, c'est vous.
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