Élites en perdition

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Depuis quelque temps, la question des élites se fait plus pressante. La poussée des « populismes » notamment depuis une quinzaine d’années, ravive les contestations des élites.

Les discours de nos élites occidentales tendent à minimiser et avilir cette contestation dont elles sont l’objet. En ce sens, elles ne cessent de marteler que les votes « populistes » représentent les moins diplômés, les plus pauvres, les rejetés de la mondialisation, bref une sorte de peuple qui compte moins que celui des intelligents, des riches, des diplômés, des mondialistes, qu’elles représentent.

Il y aurait ainsi deux sortes de citoyens : une catégorie supérieure, celle qui vote bien et une autre de « sous-citoyens » qui vote mal. Dans ce bel élan de démocratie qui caractérise nos élites, elles ajoutent régulièrement un argument qui semble ne choquer personne. Il consiste à répéter que, finalement, à bien y regarder, les mauvais citoyens ne représentent qu’une petite minorité, si on tient compte d’une abstention massive globale.

Argument primaire, mais redondant qu’on pourrait évidemment utiliser pour toute élection, même celle des « bons » citoyens. Un journaliste de premier plan, Christophe Barbier, de L’Express, disait après l’élection de Donald Trump que ce n’est pas parce qu’une majorité d’Américains avait voté pour lui que ce n’était pas un « animal » dangereux. La preuve de l’esprit démocratique de nos élites n’est plus à faire. Quel mépris !

C’est que nos élites sont en réalité en bout de course. C’est là le point essentiel qui ressort de ces dernières années. Ces élites qui s’accrochent à un pouvoir né après-guerre et qui dure depuis plus de 70 ans. Si les votes actuels (Pologne, Hongrie, Grande-Bretagne, USA, etc.) sont qualifiés d’« anti-système », c’est bien que les pays occidentaux sont en train de changer de système, ce qui est intolérable pour les élites… du système. L’éternelle loi de Pareto est de retour : le renouvellement des élites s’accompagne toujours de bouleversements, voire de révolutions lorsque les anciennes élites s’agrippent désespérément à leur pouvoir.

Que 5 % de la population détiennent 95 % des richesses d’un pays – autre loi de Pareto – ne semble non plus choquer personne lorsque les votes « anti-système » se développent.

Tout pays a besoin d’élites, la vraie question reposant sur la nature de ces élites et de leur renouvellement, malheureusement totalement verrouillé depuis des dizaines d’années.

Alors les élites en place utilisent tous les arguments de mauvaise foi pour se sauvegarder elles-mêmes, se parant du monopole de l’intelligence, dégradant de plus en plus violemment leurs adversaires à faible quotient intellectuel.

Il n’est pas question de laisser de nouvelles élites s’installer au pouvoir, ces élites primaires, espèces de faux Tsars catastrophiques. Les vieilles élites ne peuvent admettre une autre intelligence que la leur. C’est ainsi que le débat politique n’existe plus et est remplacé par des anathèmes, des excommunications primaires, un mépris de plus en plus violent de la part de nos élites en place.

C’est le signe d’une fin du monde de l’après-guerre et d’une vague d’élites nouvelles qui avancent vers un nouveau monde occidental en recomposition.

Oui, il existe des milliers de gens au moins aussi intelligents et cultivés que nos « élites » et qui osent penser aujourd’hui autrement qu’elles.

Qu’on cesse de brandir cette « intelligence » brillante de nos journalistes, people et politiques formatés. Cette intelligence qui fait mourir à petits feux les peuples occidentaux. Cette intelligence qui paralyse l’action, étouffe les initiatives, nuance à l’excès toute réflexion jusqu’à rendre inopérant tout commencement de décision concrète.

Il faudra encore supporter de lire, de voir et d’entendre nos intellectuels pérorer sur les mêmes thèmes sempiternels, psalmodier les mêmes litanies condescendantes, aligner les mêmes arguments à cent lieues des réalités des peuples et de leur devenir, mais avec de doctes mots de cuistres. Mais que ne feront pas nos « élites » pour conserver leur pouvoir ?

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

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4 commentaires

  1. Posté par Sergio le

    Ces élites sont sérieusement en train de remettre en cause le suffrage universel. Plusieurs formules sont à l’étude. Les coefficients, le vote de tel ou tel compte double, voire triple. Les votes réservés à des milieux autorisés comme les journalistes de gauche. Les aptitudes au vote destinées à certains groupes au détriment d’autres. Et enfin en cas de crise, ce qui est actuellement le cas, plus de consultation du tout (Bruxelles) ou alors le déni pur et simple de la volonté populaire comme en Suisse (contre l’immigration de masse 09.02.2014)

  2. Posté par JeanPaul Costantini le

    Lorsqu’on constate à quel point les autorités sont lâches, incapables d’agir, ne pensent qu’à leur réélection et se moquent complètement du peuple, qui n’a plus envie de leur obéir, peut-on encore parler d’élites ?

  3. Posté par Le Taz le

    Selon les médias, les élites seraient plus intelligentes et plus éduquées, que ceux qui s’opposent à la mondialisation qu’ils appellent populistes. C’est marrant, je suis universitaire, de profession indépendante, j’ai autour de moi des amis qui sont médecins, ingénieurs, mathématiciens, entrepreneurs et nous sommes tous opposés au système…

    Ces fameuses élites dont nous parlent les médias ne seraient-elles pas dans des positions dominantes car elles sont : manipulatrices, menteuses et sans scrupules ?

    Nos universités ne seraient-elles pas devenues des usines à programmer de pseudos élites totalement endoctrinées par la pensée unique et rejetant systématiquement ceux qui réfléchissent et qui remettent en question les dogmes du mondialisme ? Pour faire carrière aujourd’hui, il faut être dans le politiquement correct, sinon c’est l’inquisition ! Il est clair qu’en faisant allégeance aux barons du système, tout devient plus simple.

    Qualifier les dissidents au système de populistes, sous-entendant personnes peu éduquées et une énième manipulation !

    Et ce qu’il y a de très amusant, c’est que ceux-là même qui prônent l’égalitarisme à tout va, sont ceux qui parlent d’élites et de populistes, créant de ce fait une inégalité… Les mêmes parleront également de VIP… Paradoxe intéressant !!!

    Ces « éiltes » semblent en réalité être un pot-pourri de gens intelligents qui sont avant tout manipulateurs, menteurs, sans scrupules et d’idiots utiles auxquels on donne un su sucre pour qu’ils continuent à remuer la queue !

  4. Posté par Huvenois Jean le

    Un Ministre français parlait « d’expérience » pour exercer le Pouvoir (par exemple). Il a raison : il faut une bonne dose d’expérience pour utiliser un jet Privé et s’en aller voir, avec sa famille, un match de football à Berlin aux frais des contribuables. Un Président français qui n’aime pas les riches mais utilise sans la moindre vergogne les services d’un coiffeur personnel payé 10.000 euros par mois ( tout le reste à l’avenant, ben voyons !) Ces profiteurs, ces prédateurs des deniers publics, ces bonimenteurs, ces incapables, ces menteurs, les peuples n’en veulent plus. Quand on pense que tout ce beau monde, soi-disant élites, sont allés jusqu’à légaliser la fraude fiscale (seulement pour eux-mêmes) sous la forme d’indemnités non-imposables, il faut le faire, non ? Ils se gavent, se goinfrent pendant que le peuple est écrasé d’impôts en tous genres. A virer vite, vite, vite !! On n’en peux plus. On n’en veut plus.

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