Scrutin régional en Andalousie: une répétition générale pour les électeurs en Espagne

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De nouveaux partis comme Podemos qui bousculent une campagne dominée par des accusations de corruption: les élections régionales dimanche en Andalousie prennent tournure de répétition générale pour les législatives de la fin de l'année en Espagne.

"Tout le monde va interpréter les résultats comme un premier tour des élections législatives, bien que les deux scrutins soient totalement différents", commente Anton Losada, professeur de Sciences politiques.

Tous les sondages prédisent qu'aucun des partis en lice n'obtiendra la majorité absolue dans cette vaste région du sud de l'Espagne, où 6,5 millions d'électeurs sont convoqués, et que des alliances seront nécessaires pour former un gouvernement à Séville.

Une raison de plus pour que les analystes considèrent l'Andalousie comme un laboratoire des alliances possibles après les législatives espagnoles, où là aussi il n'y aurait plus de majorité et où quatre partis, deux anciens et deux nouveaux, domineraient le jeu politique.

Du côté des anciens, le Parti socialiste (PSOE) alterne avec les conservateurs du Parti populaire pour gouverner l'Espagne depuis 1982. Au pouvoir depuis 32 ans en Andalousie, le PSOE est éclaboussé par de nombreux scandales de corruption dans une région touristique qui a connu une promotion immobilière débridée.

Il devrait perdre un ou deux sièges par rapport à 2012 dans le scrutin de dimanche, d'après les enquêtes, et être contraint de se chercher un nouveau partenaire après avoir rompu avec les écolo-communistes d'Izquierda Unida et convoqué ces élections anticipées.

Le Parti populaire (PP), qui gouverne à Madrid, est en forte perte de vitesse en Andalousie. Plus encore que dans le reste du pays, les électeurs de cette région dévastée par le chômage ne lui pardonnent pas l'austérité qu'il leur a imposée pour sortir l'Espagne de la crise.

Du côté des nouveaux: Podemos, la gauche radicale qui a fait irruption en 2014 en recueillant aux élections européennes 1,2 million des voix des 36 millions d'électeurs. Au niveau national, il est en tête des sondages. En Andalousie, les enquêtes le créditent de la troisième place, avec 15 sièges.

- Un Parlement fragmenté -

Emmené par un professeur de Sciences politiques portant jeans et queue de cheval, Pablo Iglesias, 36 ans, ses promesses de mettre fin à l'austérité et à la corruption de "la caste au pouvoir" suscitent l'enthousiasme populaire.

Mais les liens de Podemos avec le socialisme du Venezuela et son alliance affichée avec le parti grec Syriza, qui a du mal à tenir ses promesses anti-austérité depuis son arrivée au pouvoir à Athènes en janvier, rebutent une partie de l'électorat, même s'il aspire au changement.

D'où sans doute le succès de Ciudadanos, qui lui aussi prétend nettoyer la vie politique et promet le changement sans risques inconsidérés. "Chez Ciudadanos, nous voulons la justice, alors que Podemos veut la vengeance", affirme son chef Albert Rivera, 35 ans, dans une interview mardi au journal El Mundo.

Né en 2005 comme un parti catalan anti-indépendantiste, Ciudadanos s'est réinventé comme un parti national centriste et réformateur et s'envole depuis peu dans les sondages. Au niveau national, l'institut Metroscopia le créditait en mars de 18,4% des intentions de vote, contre 12% en février. En Andalousie, il arriverait à 10% des voix et 10 sièges.

"Nous pourrions avoir un Parlement andalou plus fragmenté, où des partis nouveaux pourraient entrer en force au point de devenir nécessaires pour gouverner", estime Jaime Ferri Dura, politologue de l'université Complutense de Madrid.

Dans cette hypothèse, ce sont les socialistes andalous, crédités de plus d'intentions de vote, qui devraient pouvoir choisir leurs alliés et se maintenir au pouvoir.

Une perspective qui inquiète Ana Mestre, tête de liste du PP dans la province de Cadix. "En Andalousie, nous avons traversé tellement de difficultés qu'on ne peut se permettre aucune expérience. Une chose est claire: voter Ciudadanos, Podemos ou Izquierda Unida, c'est voter pour le Parti socialiste", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Une douzaine d'élections régionales se tiendront en mai avec les municipales, de quoi renouveler encore les pronostics.

 

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