Belgique — Les filières universitaires à éviter pour trouver un emploi

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Des filières universitaires font le plein malgré des perspectives d’emploi très incertaines, quand d’autres tentent vainement d’attirer des jeunes. C’est le cas de la filière Information et Communication, qui conduit au métier de journalisme. Les universités belges diplôment annuellement 200 journalistes et les hautes écoles, près de 450. Au total, il y aurait quelque 500 candidats par an sur le marché des médias. À en croire l’association des journalistes professionnels de Belgique, c’est trop, beaucoup trop, eu égard aux débouchés : à peine une trentaine de postes libres par an. Résultat : la branche est l’une des plus encombrées et a la plus faible qualité d’insertion.

Un déséquilibre entre filières

Dans ses tableaux, le Conseil des recteurs dresse chaque année un portrait chiffré de la population étudiante. Ainsi, par rapport aux années 1990-1991, les effectifs à l’université ont progressé de plus de 50 %. Un niveau jamais atteint. Le hic : ils augmentent surtout en sciences humaines, qui représentent plus de 60 % des étudiants. À Mons par exemple, on enregistre, d’une année à l’autre, une croissance de 25 %. Comme à l’Université catholique de Louvain, où les inscriptions, cette année, ont bondi de 27 % en histoire de l’art. Au total, rien que pour les sciences humaines, il y aurait 47 000 étudiants. Alors que les filières scientifiques stagnent. Ainsi il y a quinze ans, on y comptait 24 % des inscriptions, contre 20 % il y a cinq ans. Les chiffres à notre disposition ne permettent pas de ventiler les inscriptions selon le sexe des étudiants.

Quel boulot peut-on décrocher avec une maîtrise en sciences politiques ou en psychologie ? Impossible de répondre à ces questions très concrètes. L’agence pour l’emploi wallonne (Forem) publie des enquêtes par catégorie de diplôme. Il étudie ainsi le parcours des jeunes diplômés trois ans après leur sortie de l’enseignement supérieur. Le diplôme qui permet la meilleure insertion professionnelle est le bac (3 ans d’études à l’université ou dans de hautes écoles). Après trois ans, les bacheliers ont un taux d’insertion professionnelle de 93 % tandis que chez les porteurs d’une maîtrise (5 ans à l’université uniquement), il s’élève à 87 %. En d’autres termes, les premiers connaissent un taux de chômage de 7 %, les seconds, de 13 %. « Les bacheliers ont un meilleur taux d’insertion, car ils effectuent des stages en entreprise et ce faisant, ils se créent un réseau. Or, à l’université, les stages restent trop rares dans la plupart des filières », explique Jean-François Marchal, chargé des études au Forem.

Mais l’institut wallon est incapable de fournir des informations précises sur le taux de chômage selon les filières d’études, ou sur l’adéquation entre le diplôme obtenu et le travail occupé. Les sociologues, les gestionnaires culturels, les chimistes occupent-ils, eux, un boulot qui correspond à leur diplôme ? « Les jeunes demandeurs d’emploi qui se présentent chez nous sont ceux qui font le plein dans les filières universitaires : les diplômés en droit, en psycho, en communication ou encore en kiné [chiropraxie]. Les autres ne passent pas par chez nous, car ils sont recrutés par d’autres canaux », signale Jean-François Marchal.

Diplômés des filières artistiques et philosophiques les plus mal lotis

« Selon la filière suivie, tous les diplômes n’ont pas la même valeur sur le marché de l’emploi et ne constituent plus une garantie absolue de protection contre les situations de chômage », précise-t-on chez Actiris, qui scrute également la situation des jeunes un an après leur sortie. En 2011, les bacheliers artistiques présentaient le taux de sortie du chômage le plus faible (55 %). Parmi les titulaires d’une maîtrise, les plus mal lotis étaient les philosophes (taux de sortie de 44,2 %) et les historiens de l’art (55,6 %).

Source : Le Vif/L’Express

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