Chrétiens tués et brûlés au Pakistan : « Même les animaux ne se comportent pas comme cela »

Un coupe de chrétiens battus à mort, puis brûlés dans un four à briques. Cela s’est passé mardi, non loin de Lahore, au Pakistan, pour une accusation de blasphème. Ce genre de violences ne cesse d’augmenter dans la région du Penjab.

Ces actes sont tournés contre les minorités non musulmanes sunnites du pays. Les accusations de blasphème sont souvent instrumentalisées contre elles, ou pour régler des conflits personnels. Mais pas seulement, comme l’explique à Antonino Galofaro, Gilles Boquérat, chercheur à l’Institut français des relations internationales. Entretien à écouter sur Radio Vatican

Les autorités de la province du Pendjab, où s’est déroulé le drame, ont indiqué à l’AFP avoir ordonné la constitution d’un comité restreint pour accélérer l’enquête sur cette affaire et ordonné à la police de renforcer la sécurité dans les quartiers chrétiens. Ces derniers représentent 3 des quelque 180 millions de Pakistanais. Ils font partie d’une minorité souvent très pauvre et cantonnée à des emplois subalternes. Les deux victimes étaient également des ouvriers de four à briques, un secteur qui emploie près de cinq millions de Pakistanais dans des conditions proches de l’esclavage selon les syndicats locaux.

Le Vatican, par la voix du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, a dénoncé, au micro d’Hélène Destombes de Radio Vatican, des« actes barbares ». Dans cet entretien, il redit combien il était choqué tout en maintenant que la seule voie possible pour se sortir d’une telle crise restait le dialogue : « Je suis choqué. Évidemment, on reste sans parole devant des actes d’une telle barbarie. Et ce qui est encore plus grave, c’est qu’on invoque la religion, de manière spécifique. Or, une religion ne peut pas justifier de tels actes, de tels crimes. Il y a cette loi sur le blasphème, la blasphemy law, qui pose un problème. (…) Je crois que le dialogue s’impose. Malheureusement, personne ne le dit assez. Plus la situation est délicate, plus le dialogue s’impose ». 

Le problème principal reste la blasphemy law, loi anti-blasphème en vigueur au Pakistant sur laquelle s’appuient, entre autres, les détracteurs d’Asia Bibi : « Il y a cette loi sur le blasphème, la blasphemy law, qui pose un problème, a insisté le Cardinal. (…) Je pose la question : est-ce que l’on peut rester ainsi, passifs, devant des crimes qu’on légitime par la religion ? Depuis l’introduction de la blasphemy law, il y a eu près de soixante exécutions. Et d’ailleurs, cela ne touche pas que les chrétiens. Il y a aussi des minorités touchées, des avocats, des opposants au régime qui ont été exécuté de manière barbare ».

« Je crois que nous sommes arrivés là au paroxysme, a ajouté le président du Conseil pontifical. C’est ce que Saint Paul appelle le mystère de l’iniquité. Le mal à l’état pur. Même les animaux ne se comportent pas comme cela. Nous sommes vraiment dans une période de précarité totale, tout peut arriver : la personne humaine n’est pas respectée, la vie ne compte pas. »

sources: Radio Vatican

Un commentaire

  1. Posté par Nicolas le

    Le Vatican prône le dialogue tout en restant sans parole devant cet acte odieux. Tout est dit, merci Cardinal, une bonne bière et au lit.

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