La trêve de Dieu

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La trêve de Dieu fut la plus vaste tentative de l'Eglise de limiter tout acte de guerre. Le mouvement pris naissance dès la fin du Xe siècle pour rencontrer une première forme d'officialisation par sa proclamation solennelle, en 1036, sur la colline de Montriond, à Lausanne, enracinant il y a près de mille ans déjà l'attachement de notre pays à la paix perpétuelle.

Consciente de ne pouvoir empêcher la guerre, l'Eglise, par la trêve de Dieu exigeait, sous peine de sanctions canoniques, la cessation des hostilités du mercredi au lundi et pendant les temps de l'Avent, de Noël, du Carême et à Pâques; une bonne moitié de l'année.

Il y a peu de temps encore, Français et Allemands ennemis sautaient les tranchées pour fraterniser l'espace de quelques heures au son des mêmes mélodies des Noëls de l'enfance. Oublier la guerre en souvenir de cette nuit qui fit de tous les hommes des frères.

En 2013, après plus de deux mille ans de présence chrétienne, certaines terres ne résonneront plus de ces chants d'espérance, plus jamais. On le déplore un instant, puis l'on se commande une autre livre de foie gras. Les chrétiens de Syrie, d'Alep, de Maaloula, connaîtront-ils quelques heures de trêve? On ne sait pas, que nous importe en somme.

En essuyant une dernière flaque d'urine au pied de ses autels, le reliquat d'Occident chrétien ne doit-il pas se demander si les derniers Noëls d'Orient ne préfigurent pas tout de son destin ? La moindre manifestation de ferveur religieuse, pour autant qu'elle soit chrétienne, la moindre crèche, le terme même de Noël sont pourchassés comme le Christ par Hérode, une rage sans précédent se déploie contre le christianisme, nos églises sont souillées, nos cimetières détruits, des militants de la tolérance officielle s'en vont mimer l'avortement de l'Enfant-Jésus, place Saint-Pierre, dans une indifférence amusée. La RTS, notre média public, entame la semaine de Noël avec une série spécial islam, où l'on entend une disciple française se divertir de l'assurance que, prochainement, l'"islam européen" sera la "religion dominante"; l'on savoure pleinement la complaisance, mais le message est clair, au Moyen-Orient comme ici, vous êtes finis, pour vous, pas de répit, pas de trêve et, surtout, pas de paix, à moins de consentir, bien sûr, à disparaître.

Que faire alors ? Rien. Rien sinon contempler ce petit être démuni, rejeté de tous, qui, du fond du secret de sa mangeoire, a constitué de tout temps ce qui symbolise la seule force de l'humain qui aime, sa faiblesse.

Joyeux Noël à tous !

Et vous, qu'en pensez vous ?

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