Titre : de la question des Roms à la question du Front National

Bruno Bertez
Bruno Bertez
Analyste financier anc. propriétaire Agefi France

Il faut faire échec à la stratégie des socialistes solfériniens de manipuler et de fausser le débat et la représentation politique.

 

 

Nous avons signalé, depuis plusieurs semaines, la mise en place de la stratégie infâme de promotion du Front dans la perspective des municipales et des européennes. Les médias aux ordres ont invité les leaders du Front, ils leur ont donné la parole avec une fréquence et une unanimité jamais vue.

Bien entendu, il s'agissait de les montrer, de les populariser. Chacun sait qu'il y a un rapport entre le nombre de fois où quelqu'un passe à la TV ou à la radio et sa notoriété. Ravis de l’aubaine, les représentants du Front se sont pliés à l'exercice et à la manip. On les a sortis de leur ghetto, ils ont été ravis, on les comprend, de sortir en pleine lumière.

Depuis Mitterrand, la stratégie est au point. On fait monter l'allié objectif Front National quand on en a besoin. Pour ce faire, on lance des thèmes qui le sollicitent, on lui ouvre les portes des médias, on va même plus loin que cela, nous pouvons en attester, mais c'est une autre histoire. Restons dans l'officielle, la dicible.

La manœuvre est simple, elle consiste à faire monter le Front afin de réduire le poids de la droite classique et surtout de la diviser. Il est évident qu'avec une droite aussi stupide, cela marche à tous les coups. Les Fillon, les Copé, se sont crus obligés de se battre sur le champ de bataille balisé par les socialistes et leurs médias complices. Et nos naïfs de prendre position sur la question du Front. Ah les braves gens, il suffit d'appuyer sur le bouton et les voilà, Pavlov professionnels, qui répondent comme on souhaite qu'ils le fassent.

La stratégie consiste à porter la division en de multiples endroits de la droite afin de réduire son poids et ramener sa partie institutionnelle au niveau d'un rapport de forces gérable par les socialistes. Bref, il s'agit, par la stratégie, de favoriser, sinon la constitution d'un Front Républicain, mais d'un esprit de front républicain. Il s'agit en fait, de nier l'opposition qui se manifeste globalement par le rapport droite/gauche très en faveur de la droite, et de reconstituer le fameux bonnet blanc-blanc bonnet. Mieux même, si on réussit à passer à un système avec un seul bonnet pour deux, UMPS, c'est encore mieux.

Le résultat de l'élection de Brignoles était prévu, prévisible, anticipé, préparé. Désir n'a eu qu’à sortir, avec un peu de précipitation il est vrai, son discours sur le Front Républicain, sur le « faire barrage au Front National » pour que la mécanique se mette en branle. Diable, c'est le cas de le dire, Diable, le Front devient le premier parti de France! Ah le danger fasciste, comme il est beau, comme il est utile. D'accord, c'est un crime de gonfler pareilles billevesées, mais quel beau crime, bien-pensant.

D'abord, Brignoles n'est pas la France, ce n'est même pas un test, tant la situation y est particulière.

Ensuite, un vote de rejet, un vote sanction, n'est pas un vote d'adhésion

Enfin, nous ne sommes pas en situation.

Le vote n'est même pas symbolique, l'enjeu n'est pas la conduite des affaires du pays, c'est un vote local, circonstanciel, dont on sait pertinemment qu'il ne porte pas à conséquence, c'est un défoulement. Voilà le mot, un défoulement sans conséquence.

Le monter en épingle est irresponsable.

Mais ce n'est pas pour cela que la question ne doit pas être posée: est-il souhaitable, juste, prudent, de priver les plus de 30% de gens qui se reconnaissent dans les idées du Front sans représentation?
Ajoutons au passage que la même question se pose pour le Front de Gauche.

Le barrage au Front National est une manière de confisquer, de neutraliser, les votes de plus d'un tiers des Français! Et peut-être pas le plus mauvais tiers, c'est à voir. La proportion de forces vives, de travailleurs, de gens motivés au Front National nous parait supérieure à celle que l'on trouve chez les socialistes. De quel droit prive-t-on ces Français de toute voix au chapitre politique, de quel droit se permet-on de dire vous êtes des sous-français? De quel droit même s’autorise-t-on à occulter les débats dont ils sont porteurs, sur l'immigration, sur le respect de l'ordre républicain, sur les valeurs nationales et familiales, sur la monnaie et l'euro, sur le racket fiscal, sur la désincitation au travail, sur le naufrage de l'école, sur la solidarité confisquée?

Au stade de décomposition, de destruction du tissu social et politique actuel, il est juste, sain, intelligent, d'intégrer le Front National, ses électeurs, au débat et à l'expression politique. On ne peut rejeter les citoyens dans le primaire et ensuite arguer du fait qu'ils sont primaires pour leur refuser la participation au débat public. Les gens qui se reconnaissent dans les idées du Front sont des citoyens, ils doivent être traités comme tels.

Et que l'on ne vienne pas nous parler des imbécilités sulfureuses comme le racisme et autres billevesées, l'arsenal répressif du racisme, du révisionnisme existe, il suffit de l'appliquer.

La Bête fasciste n'est pas aux portes de la France. On peut accepter de parler des idées nationales, de la souveraineté, de la famille, des impôts, des charges excessives, du poids de l'Administration, sans avoir la moindre tentation totalitaire. On peut même parler de l'immigration sans rougir et poser la question de savoir comment il se fait que la France ait honte d'examiner sa non-politique en ce domaine.

C'est le non-dit, le réprimé, qui sont dangereux car la conscience et le bon sens, alors, n'ont plus prise.

Chassez la part d'ombre, refoulez la et, le reptilien, la queue du saurien réapparaissent…

Bruno Bertez

 

 

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