Le candidat PS Roger Deneys : paisible jardinier et …commissaire politique.

Uli Windisch
Rédacteur en chef

Rediffusion avant le jour J. Elections cantonales genevoises du 6 octobre 2013. Série.
Le journal Le Matin du 7 août 2013 fait l’apologie du député socialiste au Grand Conseil genevois et candidat au Conseil d’Etat le 6 octobre prochain avec trois autres de ses camarades socialistes. Jardinier si paisible nous dit-on, et on l’est dans sa famille de père en fils. Ses tomates venaient de virer au rouge au moment de l’interview.
Derrière ce jardinier paisible se cache aussi un vrai flic de la pensée ou si l’on préfère un commissaire politique qui n’aime pas que le rouge des tomates mais le rouge de rouge politique. De cela évidemment on n’en parle pas dans l’interview.

Comme la gauche va toujours fouiller dans les moindres recoins des personnes de droite  en espérant trouver dans leur biographie un fait qui tue, nous allons aussi rappeler les basses besognes dont le sieur jardinier est capable. Ce n'était pas "autrefois" mais il n'y a que quatre ans. On connaît depuis longtemps des bons pères de famille, et maintenant des jardiniers, qui en politique montrent un tout autre visage et des pratiques à peine imaginables.

Lorsque j’avais publié une chronique en mai 2009 dans laquelle je critiquais le socialiste allemand  Per Steinbrück ( le même donc que celui qui est en ce moment candidat à la Chancellerie allemande contre Angela Merkel et qui au lieu de militer avec ses camarades engrangeait une fortune en donnant des conférences grassement payées; ndr: avec le même Steinbrück à sa tête, le PS allemand vient d'atteindre, le 22 septembre 2013, un score catastrophique, et suite à cela ce challenger de Merkel  a démissionné de ses responsabilité au PS) . Je le critiquais non pas parce qu’il voulait nous envoyer la cavalerie mais, ce qui était moins connu, parce qu’il avait dit que les Suisses étaient des criminels de longue date à cause du secret bancaire, et je rappelais qu’à propos de passé criminel nous n’avions pas de leçon à recevoir des  socialistes allemands. Et que bien des socialistes étaient devenus nazis, et non des moindres.

Cela avait déclenché une telle tempête que les dirigeants socialistes suisses avaient demandé au recteur de mon Université ainsi qu’au Conseiller d’Etat socialiste responsable du DIP, Charles Beer, de rendre des mesures punitives à mon égard, en fait ils voulaient mon exclusion de l’Université ou des sanctions très graves, ce qui revient pour ainsi dire au même. Bref ils voulaient le fameux Berufsverbot, qu’ils ont tellement l’habitude de dénoncer à propos des leurs.

Le paisible jardinier et député susmentionné était venu à leur secours en tenant du haut du Grand Conseil genevois des propos diffamatoires et destructifs, et tentant de dénigrer avec une rare violence mon travail de 40 ans à l’Université de Genève ( quinze ouvrages de renommée internationale publiés, jamais de reproches à propos de mes cours, multiples services à la Cité et au pays, conférencier international,etc). Tout cela n’était plus rien. Il fallait détruire l’individu, l’exclure, quelles que soient ses qualités. Le parti communiste français apprenait cela à ses militants dans les années 1950-1960 et certains socialistes suisses y ont participé. Devinez lesquels ?

Rappel de ces propos indignes et orduriers afin que l’on ne pense pas que j’exagère.

Il faut dire que ce socialiste aux propos scandaleux avait même jugé nécessaire de développer une interpellation urgente au Grand Conseil en demandant au Conseil d’Etat de prendre position ! Rien que cela.

Le texte de l' interpellation «  urgente » du député Roger Deneys :

Secrétariat du Grand Conseil
Interpellation présentée par le député :
M. Roger Deneys
Date de dépôt :11 juin 2009
IUE 797
Interpellation urgente écrite
M. Uli Windisch ne met-il pas en péril la réputation de qualité de
l'enseignement universitaire genevois ?
Mesdames et
Messieurs les députés,
M. Uli Windisch enseigne depuis de nombreuses années à l'Université de
Genève, tout en suscitant régulièrement la polémique en raison de ses prises
de position publiques qui manquent singulièrement de références
scientifiques, donnant l'image peu flatteuse de compétences dignes du café du
commerce, même si elles ont pour certains le mérite de flatter et conforter les
idées les plus brunâtres répandues dans notre société par des partis
extrémistes tels que l'UDC.
En 2003, pour avoir défendu publiquement, dans certains cas, la
lapidation des femmes, un enseignant genevois avait été contraint de quitter
l'enseignement public genevois. Le gouvernement expliquait alors que
l'apologie d'une telle pratique était contraire à la fois aux valeurs de la
république et aux principes des droits de l'Homme, que l'école genevoise ne
pouvait enfreindre.
Le 14 mai dernier, dans la rubrique "invité" du quotidien "Le
Nouvelliste", le professeur de sociologie de l'Université de Genève Uli
Windisch a publié un texte qui, à défaut de constituer une négation des droits
de l'Homme, met sérieusement en doute ses compétences scientifiques et, par
là même, jette le discrédit sur la haute école qui l'emploie.
Que M. Windisch éprouve un dégoût viscéral pour l'idée de socialisme, et
abhorre les partis socialiste et écologiste suisses, c'est évidemment son droit.
C'est également son droit de le clamer haut et fort. La question est ici de
IUE 797 2/5
savoir si M. Windisch, étant donné la fonction et l'institution qu'il représente,
peut utiliser n'importe quelle manière pour le faire.
Un scientifique, un professeur d'université, même dans le domaine des
sciences sociales est, nous semble-t-il, tenu d'aborder son champ d'étude de
manière neutre. Comme le rappelait l'historien et philosophe français Henri-
Irénée Marrou dans un ouvrage sur la connaissance historique, un bon
historien se devait d'être capable de mettre entre parenthèses ses propres
convictions pour atteindre la compréhension de l'autre: "(…) la rencontre
d'autrui suppose, exige, que nous "mettions en suspens", placions entre
parenthèses, oublions pour le moment ce que nous sommes pour nous ouvrir
sur cet autrui". Il ajoutait également que "cela n'est pas donné à tous; chacun
de nous a rencontré dans la vie des hommes qui se révèlent incapables de
s'ouvrir, de prêter attention à autrui (de ces gens dont on dit qu'ils n'écoutent
pas quand on leur parle): de tels hommes feraient de bien mauvais
historiens".
On peut transposer cette exigence à la sociologie et examiner, de ce point
de vue, le texte de M. Windisch, dont le titre, à lui seul - "Notre ennemi: le
socialisme de la démagogie et des bas instincts" - exprime une vraie mise
entre parenthèses des convictions de son auteur rétribué à l'année, rappelonsle,
pour tenter de comprendre et de donner à comprendre la société dans
laquelle nous vivons, et non pour tenter de la déformer à l'image de ses
propres fantasmes.
Plus loin, s'en prenant aux déclarations du ministre allemand Peer
Steinbrück quant au secret bancaire suisse, là où l'on attendrait une analyse
éclairée de la part d'une autorité universitaire, c'est un torrent de haine,
d'approximations et d'amalgames que déverse M. Windisch: "Nous n'allons
pas nous abaisser à la même démagogie et vulgarité, en rappelant «Aux»
Allemands qu'ils ont l'habitude de s'en prendre aux Autres et aux minorités
jusqu'à les exterminer par millions et qu'ils se sont acharnés à construire des
camps de concentration et des fours crématoires de plus en plus
«performants» pour éliminer de plus en plus de Juifs et de plus en plus vite".
Et d'ajouter ce raccourci saisissant: "Ou encore que Hitler était socialiste
avant de devenir nazi", une thèse - Hitler aurait été, selon M. Windisch un
sincère partisan du socialisme internationaliste du début du 20ème siècle, si
l'on comprend bien - qui ferait rire n'importe quel historien débutant. Et nous
ne commenterons même pas ici le rapport qu'il pourrait exister entre la
critique d'une politique fiscale d'un pays voisin et la mise en oeuvre de
l'Holocauste…
3/5 IUE 797
En conclusion, M. Windisch lance son cri du coeur partisan: "En attendant
on peut toujours recommander de ne plus voter pour les socialistes et les
Verts qui ne sont pas capables de défendre fermement notre pays, pays qui
n'est certes pas parfait mais qui a constamment le souci de s'autocorriger
plutôt que d'accuser les Autres?"
On relèvera au passage que si les propos du ministre allemand Peer
Steinbrück ne sont pas marqués du sceau de l'élégance et de la finesse, il n'en
demeure pas moins que d'autres ministres d'autres pays européens ont
également eu l'occasion d'exprimer des avis remettant en cause les pratiques
fiscales amorales de la Suisse. On citera au hasard l'actuel ministre français
du budget, M. Eric Woerth, qui n'a à notre connaissance que peu de liens
avec le socialisme dénoncé par M. Windisch, puisqu'il appartient au
gouvernement de Nicolas Sarkozy, le petit chouchou de toute la droite
helvétique…
La question, encore une fois, n'est pas ici de savoir si le citoyen Windisch
a le droit ou non de publier des textes contenant une argumentation et une
logique dignes d'une dissertation de deuxième année d'école primaire (heures
de rattrapage). La question est de savoir si, laissant libre cours à son véritable
niveau intellectuel - "il n'est pas donné à tout le monde" d'aborder la réalité et
l'Autre avec empathie - ses haines et obsessions personnelles, il est encore
crédible dans un rôle où la neutralité, la nuance, la volonté et la capacité
d'expliquer et expliciter des phénomènes sociaux devraient constituer l’un
des garants scientifiques de l'Académie qui l'emploie. En d'autres termes, il
s'agit ici de savoir si le professeur Windisch n'a pas commis, en publiant ce
texte, une faute professionnelle grave, de nature à mettre en péril la
réputation de qualité de l'enseignement universitaire genevois, d'autant plus
que les projets de formation en journalisme proposés par M. Windisch à
l'Université de Genève ont déjà suscité des doutes sérieux de la part des
professionnels concernés.
Le Conseil d'Etat peut-il en l'occurrence nous donner quelques
garanties quant à la façon dont il entend, avec le Rectorat, préserver la
réputation de qualité de l'enseignement universitaire genevois ?
IUE 797 4/5
Notre ennemi: le socialisme de la démagogie et des bas instincts
15 mai 2009 | Catégorie: société
ULI WINDISCH
Beaucoup de choses ont été dites sur le ministre allemand Steinbrück,
mais pas assez sur le fait qu’il s’agit en fait d’un idéologue socialiste typique.
Il ne faut jamais oublier que les socialistes comme les communistes veulent
changer l’homme et la société, de manière plus ou moins radicale. Or, on
devrait maintenant savoir à quoi mène cette volonté aveugle et fanatique de
vouloir révolutionner radicalement l’homme et la société. On ne le rappellera
jamais assez: 50, 100 millions de morts. Le vaccin n’a-t-il pas été
suffisamment puissant pour que l’on soit enfin guéri de cette illusion
meurtrière?
Donc, que fait-on quand on n’arrive pas à changer l’homme et la société
autant qu’on le voudrait? Plutôt que de passer à l’autocritique, on s’en prend
aux Autres; c’est en eux que réside le mal, parfois le mal absolu, que l’on a si
souvent cherché à annihiler. Accuser les Autres et généraliser: deux
mécanismes idéologiques de base. Le démagogue en chef s’en prend à LA
Suisse, Aux Suisses, qui deviennent en plus des criminels puisque l’évasion
fiscale est devenue «criminelle». Jamais on n’admet la faillite de sa propre
incompétence et de certaines illusions socialistes (certaines formes de la
social-démocratie réformiste ont connu des succès et j’ai voté pour certains
de leurs représentants).
Le déficit de l’Allemagne est-il de 80 milliards? On dira que la Suisse lui
est redevable de 100 milliards! Il fait bon taper sur la petite Suisse, mais sur
les pratiques scandaleuses anglaises et américaines on se tait. A la plus vile
démagogie s’ajoutent la peur et la lâcheté.
Nous n’allons pas nous abaisser à la même démagogie et vulgarité, en
rappelant «Aux» Allemands qu’ils ont l’habitude de s’en prendre aux Autres
et aux minorités jusqu’à les exterminer par millions et qu’ils se sont acharnés
à construire des camps de concentration et des fours crématoires de plus en
plus «performants» pour éliminer de plus en plus de Juifs et de plus en plus
vite. Ou encore que Hitler était socialiste avant de devenir nazi.
Mais si le socialisme revient à tabler sur les bas instincts, il faut espérer
que le pic à glace électoral le frappera.
5/5 IUE 797
En attendant on peut toujours recommander de ne plus voter pour les
socialistes et les Verts qui ne sont pas capables de défendre fermement notre
pays, pays qui n’est certes pas parfait mais qui a constamment le souci de
s’autocorriger plutôt que d’accuser les Autres?
(Le Nouvelliste)
http://www.commentaires.com/societe/notre-ennemi-le-socialisme-de-lademagogie-
et-des-bas-instincts

Source : DeneysInterpellation29.8.13

 

Une règle veut que dans un tel cas, si 20 députés le demandent, le Président du Grand Conseil lit devant l’ensemble de ce dernier le courrier d’une  personne qui estime avoir été maltraité, voire diffamé en son sein, ce qui a donc été mon cas!

Texte de la réponse de Uli Windisch à  l'interpellation "urgente" du député socialiste Roger Deneys :

DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE
Master et Ecole doctorale en Sciences de la Communication et des médias

UNI MAIL -40 boulevard Pont-d’Arve  |  CH-1211 Genève 4

Directeur du Programme : Prof. Uli Windisch

Genève, le 14 septembre 2009

 

Monsieur Eric Leyvraz

Président du Grand Conseil genevois

2, rue de l’Hôtel-de-ville

1204 Genève

 

Concerne : interpellation urgente  du député R.Deneys du 11 juin 2009  de nature diffamatoire à mon encontre et réponse du Conseil d’Etat

 

Monsieur le Président,

 

J’attendais la réponse du Conseil d’Etat, que je trouve exemplaire, pour réagir  à l’interpellation  urgente  du député R.Deneys.C’est  bien sûr avec stupéfaction que j’ai pris  connaissance du  texte  de l’interpellation de ce député qui est  de nature clairement diffamatoire à mon encontre.

Ce député ne connaît visiblement rien de mon activité pendant plus de trente ans au service  de l’Université( par ex  rédaction de quinze ouvrages publiés  dont plusieurs  traduits dans différentes langues  et qui font référence au niveau international dans mes domaines de recherche ; enseignements jamais contestés par les étudiants, création d’une filière en Communication , médias et journalisme , et qui correspond elle aussi aux meilleurs standards européens et connaît un des plus grands succès parmi les masters que propose la Faculté SES d’UNIGE,etc).

Même s’il doit exister une certaine   immunité parlementaire, il me semble que cela ne devrait pas permettre à un député  de diffamer des personnalités scientifiques de renom et qui, au contraire de ce qui est prétendu,  font bénéficier  UNIGE de leur réputation et de leurs activités scientifiques  internationales depuis des décennies.

Ce député se demande même si je ne mets pas en cause les droits de l’homme et si l’une  de mes nombreuse chroniques  politiques  ne met pas sérieusement  en doute  mes compétences scientifiques , et si je ne jette pas le discrédit  sur l’UNIGE.Il veut même me donner des leçons sur ce que devrait être mon activité scientifique.

La diffamation devient plus nette lorsqu’il qualifie  certaines de mes chroniques de «  dignes d’une dissertation de deuxième année d’école primaire (heures de rattrapage) » et  qu’il se demande « si je  n’ai pas commis une faute professionnelle grave, de nature en mettre  en péril  la réputation de qualité de l’enseignement  universitaire genevois ».Les gens de gauche, si prompts à parler de Berufsverbot, seraient-ils  ravis de l’appliquer à ceux qui pensent autrement qu’eux ?

Enfin il prétend que la formation en journalisme  que j’ai mise sur pied « a suscité  des doutes sérieux de la part des professionnels concernés ».Cette dernière affirmation est non seulement fausse  mais également diffamatoire.Plusieurs Ecoles de journalisme internationales de référence  collaborent  déjà avec  avec nous , étant donné sa qualité.Il est vrai que des personnes de gauche ont tout fait pour tenter de faire échouer  la création de cette formation et aujourd’hui des étudiants en nombre,de gauche également !, se battent et font même des recours car nous ne pouvons tous les accepter(cette année nous avons plus de cent candidats pour notre master et ne pouvons en  prendre qu’une trentaine ).

On voit là la vraie nature de certains socialistes, je dis bien de certains car j’en fréquente  aussi  de remarquables.La devise de ce député socialiste se rapproche sans doute   du fameux slogan  digne des régimes totalitaires : » calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».Je n’ose imaginer ce que seraient capables de faire  de tels idéologues   s’ils étaient  majoritaires au pouvoir.Je croyais qu’après tant d’expériences totalitaires  et les dizaines de millions  de morts  qu’ils ont causés  le vaccin aurait été efficace. Mais ce n’est visiblement qu’une illusion et le combat continue contre   ces haines  idéologiques destructrices.

En lisant ce genre de propos diffamatoires  de la part d’un élu au Parlement  on peut se demander qui nuit vraiment  à l’image de Genève et de la politique.

Je vous présente , Monsieur le Président , mes  bonnes salutations.

 

Uli Windisch, Professeur à l’Université de Genève,Directeur du Programme du Master  et de l’Ecole doctorale en communication et médias

Source : Deneys_rep_UWdef30909_8.2013.   

 

Réponse du Gouvernement genevois au député Roger Deneys :

 

Secrétariat du Grand Conseil
Date de dépôt : 26 août 2009
IUE 797-A
Réponse du Conseil d’Etat
à l'interpellation urgente écrite de M. Roger Deneys : M. Uli
Windisch ne met-il pas en péril la réputation de qualité de
l’enseignement universitaire genevois ?
Mesdames et
Messieurs les députés,
En date du 12 juin 2009, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat
une interpellation urgente écrite qui a la teneur suivante :
M. Uli Windisch enseigne depuis de nombreuses années à l'Université de
Genève, tout en suscitant régulièrement la polémique en raison de ses prises
de position publiques qui manquent singulièrement de références
scientifiques, donnant l'image peu flatteuse de compétences dignes du café du
commerce, même si elles ont pour certains le mérite de flatter et conforter les
idées les plus brunâtres répandues dans notre société par des partis
extrémistes tels que l'UDC.
En 2003, pour avoir défendu publiquement, dans certains cas, la
lapidation des femmes, un enseignant genevois avait été contraint de quitter
l'enseignement public genevois. Le gouvernement expliquait alors que
l'apologie d'une telle pratique était contraire à la fois aux valeurs de la
république et aux principes des droits de l'Homme, que l'école genevoise ne
pouvait enfreindre.
Le 14 mai dernier, dans la rubrique "invité" du quotidien "Le
Nouvelliste", le professeur de sociologie de l'Université de Genève Uli
Windisch a publié un texte qui, à défaut de constituer une négation des droits
de l'Homme, met sérieusement en doute ses compétences scientifiques et, par
là même, jette le discrédit sur la haute école qui l'emploie.
Que M. Windisch éprouve un dégoût viscéral pour l'idée de socialisme, et
abhorre les partis socialiste et écologiste suisses, c'est évidemment son droit.
C'est également son droit de le clamer haut et fort. La question est ici de
IUE 797-A 2/4
savoir si M. Windisch, étant donné la fonction et l'institution qu'il représente,
peut utiliser n'importe quelle manière pour le faire.
Un scientifique, un professeur d'université, même dans le domaine des
sciences sociales est, nous semble-t-il, tenu d'aborder son champ d'étude de
manière neutre. Comme le rappelait l'historien et philosophe français Henri-
Irénée Marrou dans un ouvrage sur la connaissance historique, un bon
historien se devait d'être capable de mettre entre parenthèses ses propres
convictions pour atteindre la compréhension de l'autre: "(…) la rencontre
d'autrui suppose, exige, que nous "mettions en suspens", placions entre
parenthèses, oublions pour le moment ce que nous sommes pour nous ouvrir
sur cet autrui". Il ajoutait également que "cela n'est pas donné à tous;
chacun de nous a rencontré dans la vie des hommes qui se révèlent
incapables de s'ouvrir, de prêter attention à autrui (de ces gens dont on dit
qu'ils n'écoutent pas quand on leur parle): de tels hommes feraient de bien
mauvais historiens".
On peut transposer cette exigence à la sociologie et examiner, de ce point
de vue, le texte de M. Windisch, dont le titre, à lui seul - "Notre ennemi: le
socialisme de la démagogie et des bas instincts" - exprime une vraie mise
entre parenthèses des convictions de son auteur rétribué à l'année,
rappelons-le, pour tenter de comprendre et de donner à comprendre la
société dans laquelle nous vivons, et non pour tenter de la déformer à l'image
de ses propres fantasmes.
Plus loin, s'en prenant aux déclarations du ministre allemand Peer
Steinbrück quant au secret bancaire suisse, là où l'on attendrait une analyse
éclairée de la part d'une autorité universitaire, c'est un torrent de haine,
d'approximations et d'amalgames que déverse M. Windisch: "Nous n'allons
pas nous abaisser à la même démagogie et vulgarité, en rappelant «Aux»
Allemands qu'ils ont l'habitude de s'en prendre aux Autres et aux minorités
jusqu'à les exterminer par millions et qu'ils se sont acharnés à construire des
camps de concentration et des fours crématoires de plus en plus
«performants» pour éliminer de plus en plus de Juifs et de plus en plus vite".
Et d'ajouter ce raccourci saisissant: "Ou encore que Hitler était socialiste
avant de devenir nazi", une thèse - Hitler aurait été, selon M. Windisch un
sincère partisan du socialisme internationaliste du début du 20ème siècle, si
l'on comprend bien - qui ferait rire n'importe quel historien débutant. Et nous
ne commenterons même pas ici le rapport qu'il pourrait exister entre la
critique d'une politique fiscale d'un pays voisin et la mise en oeuvre de
l'Holocauste…
En conclusion, M. Windisch lance son cri du coeur partisan: "En attendant on
peut toujours recommander de ne plus voter pour les socialistes et les Verts
3/4 IUE 797-A
qui ne sont pas capables de défendre fermement notre pays, pays qui n'est
certes pas parfait mais qui a constamment le souci de s'autocorriger plutôt
que d'accuser les Autres?"
On relèvera au passage que si les propos du ministre allemand Peer
Steinbrück ne sont pas marqués du sceau de l'élégance et de la finesse, il n'en
demeure pas moins que d'autres ministres d'autres pays européens ont
également eu l'occasion d'exprimer des avis remettant en cause les pratiques
fiscales amorales de la Suisse. On citera au hasard l'actuel ministre français
du budget, M. Eric Woerth, qui n'a à notre connaissance que peu de liens
avec le socialisme dénoncé par M. Windisch, puisqu'il appartient au
gouvernement de Nicolas Sarkozy, le petit chouchou de toute la droite
helvétique…
La question, encore une fois, n'est pas ici de savoir si le citoyen Windisch
a le droit ou non de publier des textes contenant une argumentation et une
logique dignes d'une dissertation de deuxième année d'école primaire (heures
de rattrapage). La question est de savoir si, laissant libre cours à son
véritable niveau intellectuel - "il n'est pas donné à tout le monde" d'aborder
la réalité et l'Autre avec empathie - ses haines et obsessions personnelles, il
est encore crédible dans un rôle où la neutralité, la nuance, la volonté et la
capacité d'expliquer et expliciter des phénomènes sociaux devraient
constituer l’un des garants scientifiques de l'Académie qui l'emploie. En
d'autres termes, il s'agit ici de savoir si le professeur Windisch n'a pas
commis, en publiant ce texte, une faute professionnelle grave, de nature à
mettre en péril la réputation de qualité de l'enseignement universitaire
genevois, d'autant plus que les projets de formation en journalisme proposés
par M. Windisch à l'Université de Genève ont déjà suscité des doutes sérieux
de la part des professionnels concernés.
Le Conseil d'Etat peut-il en l'occurrence nous donner quelques
garanties quant à la façon dont il entend, avec le Rectorat, préserver la
réputation de qualité de l'enseignement universitaire genevois ?
REPONSE DU CONSEIL D’ETAT
Le Conseil d’Etat saisit l'opportunité de cette interpellation pour clarifier
d’une part la mission de l'Université telle qu'elle découle de la loi sur
l'Université du 13 juin 2008 et de préciser les engagements pris par l'alma
mater pour garantir la qualité de son institution.
Premièrement, la loi sur l'Université à son article 2, alinéa 1, confie à
l'institution universitaire genevoise, l'enseignement supérieur de base et
approfondi, la recherche scientifique fondamentale et appliquée et la
IUE 797-A 4/4
formation continue. En outre, « […]elle travaille selon les principes
d'objectivité, de discussion ouverte et de réfutabilité qui fondent une
démarche intellectuelle rationnelle ».
Ceci suppose que tout en garantissant la liberté académique, l'Université
se dote de règles éthiques et déontologiques conformes à sa mission et les
moyens de veiller à leur respect. A cet effet, un comité d'éthique et de
déontologie a été récemment nommé par le Conseil d'Etat et représente donc
l'organe compétent pour se prononcer sur les dossiers dont il est saisi dans le
cadre des dispositions légales précitées. Ceci est par ailleurs le cas pour les
propos que M. Windisch a tenus dans le Nouvelliste du 14 mai 2009.
Quant à la qualité d'une institution d'enseignement universitaire, celle-ci
est régie par un dispositif complexe reposant sur un nombre important de
critères qui ne sauraient être réduits à l'appréciation de la qualité d'un unique
membre de la communauté universitaire par exemple. D'une part, l'Université
de Genève, à l'instar des autres universités suisses, est régulièrement auditée
par l'organe d'accréditation suisse (OAQ) et elle procède, d'autres part, à
l'évaluation de ses enseignements dont le suivi est assuré par les instances
chargées, au sein de chaque faculté, de veiller à la qualité des enseignements
fournis. Concernant les mandats du corps enseignant, ceux-ci sont soumis à
des procédures de renouvellement subordonné à un certain nombre de
conditions comme les aptitudes pédagogiques, scientifiques, d'organisation et
de gestion qui doivent correspondre aux exigences fixées par le rectorat et les
décanats des unités principales d'enseignement et de recherche.
Par ailleurs, le Conseil d'Etat et l'Université ont convenu d'un certain
nombre d'objectifs de qualité formalisés dans une Convention d'objectifs
(COB). L'Université se doit notamment de renforcer l'attractivité de la
formation par une offre en prise avec les besoins des étudiants et de la
société, d'assurer l'excellence de la recherche scientifique et sa contribution à
la résolution des questions de société dans un cadre éthique reconnu ou
encore de promouvoir l'égalité des chances et la démocratisation des études.
C'est bien l'ensemble des ces aspects qui forgent la réputation de l'Université
de Genève et qui doivent être soutenus comme le Conseil d'Etat en a convenu
d'entente avec les autorités universitaires.
Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames
et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.
AU NOM DU CONSEIL D'ETAT
Le chancelier : Le président :
Robert HENSLER David HILER

Source : Deneys_repCE

La totalité  de cette affaire qui a duré trois mois et pendant lesquels mon avenir professionnel était en sursis a donné lieu à un ouvrage que j’ai rédigé immédiatement après l’affaire  et qui comprend tous les autres documents relatifs à ce procès d’intention à peine imaginable dans un pays où même les socialistes se prétendent démocrates et pluralistes :

Uli Windisch , L’Affaire UW, Edtions l’Age d’homme, Lausanne, 272 p. 2010.

Rappelez cette tentative de diffamation, voire de Berufsverbot à mon égard de la part de ce candidat au Conseil d'Etat genevois à l'occasion des élections du 6 octobre 2o13 a aussi comme objectif de permettre aux futurs électeurs de choisir leurs candidats en fonction d'une information plus complète.

Uli Windisch, 1er septembre 2013

6 commentaires

  1. Posté par G. Vuilliomenet le

    Monsieur Windisch, j’ai publié votre article sur le mur du PS Ge qui présente Roger Deneys, celui où vous avez ces visages tout déformés, probablement par la haine de ceux qui réussissent.

    Cependant, je pense que mon commentaire a rapidement trouvé son chemin vers la poubelle électronique.

    J’invite ceux qui ont une page FB de faire la même chose et tant pis si le message ne reste pas très longtemps.
    Je pense qu’il faut également partager leurs pages (au PS Ge) car rien n’empêcherait quelqu’un de curieux de voir ce qui se dit et s’écrit ailleurs.

  2. Posté par Josef Loetscher le

    Le socialisme est le plus beau rêve de l’humanité.
    Le socialisme appliqué est le plus grand cauchemar de l’humanité.
    Ne mettez donc pas ce Roger Deneys aux manettes afin qu’il ne passe pas du rêve à la réalisation du rêve. Avec tous les exemples que l’on a eu en bientôt cent ans on sait où ça mène.

  3. Posté par Jan Marejko le

    Nous assistons à d’intéressantes métamorphoses: celle des jardiniers en commissaires du peuple et celle de la science en idéologie. Il y en a encore d’autres à venir.

  4. Posté par Pierre-Henri Reymond le

    Viscéral: 1) relatif aux viscères. 2) sentiment, profond et irraisonné, une peur viscérale.
    Viscère: organe contenu dans une cavité du corps (cerveau, cœur, estomac, foie, intestin, poumon, rate, utérus). Un dégoût « viscéral » implique donc aussi le cerveau? Un domaine inconnu du Commissaire? Que je cite: « … ses prises de position publiques manquant singulièrement de références scientifiques… » Lesquelles n’abordent pas dans l’argumentaire du Commmissaire! À moins qu’il ne soit démontré scientifiquement que Nicolas Sarkosy est le « petit chouchou » de la droite.
    Le commissaire se montre expert en altérité, en recontre avec autrui! Via le Tribunal du Peuple?
    Pour conclure je rappelle une sentence de Vladimir Boukovsky: le procès du communisme et du socialisme n’a pas été fait! Ses références, n’étant pas scientifiques, seraient donc nulles? Qu’en dit le Commissaire?

  5. Posté par Pierre-Henri Reymond le

    Ayant lu, après l’Archipel du Goulag, sept livres de Vladimir Boukovsky. Auxquels s’ajoute la biographie du « maître espion de Staline, Pavel Soudlatov. Lequel offre une vision de l’intérieur du système. Hier un documentaire diffusé par ARTE racontait le parcours « d’un vrai américain, Joe McCarthy »! Surprise! Je vis le portrait d’un apparatchik pur jus! L’appercu concernant le cultivateur de tomates me maintient dans l’ambiance. J’ignore toutefois si Kliment Efremovitch Vorochilov cultivait aussi des plantes potagères.
    Ceci écrit, rappeler « Aux » ( je n’explique ni les guillemets ni la majuscule) qu’ils ont l’habitude de… prête le flanc à un jugement péremptoire! La référence aux crimes passés est discutable. Car, au fond, mis ensembles les millions de morts renvoient à un dénominateur commun: l’idéologie. Et en fin de compte à l’Humain, dans son rapport avec la réalité!
    Vous dites, Monsieur Windisch, que les socialistes veulent changer l’homme. Ce qui n’est à mes yeux que partiellement vrai. Puisque à leurs yeux l’homme est bon. C’est donc la société qu’il faut changer! Or la société étant constitués d’hommes, le moment de serrer la vis arrive immanquablement! De plus il y a toujours un tenant de la doctrine. Les droits de l’homme n’excluent aucun trône! Le Commissaire en sais toujours plus que le prolétariat.
    Le Commissaire Deneys vous exclu du prolétariat? Sa prose n’est pas piquée des vers!
    Celle d’un expert en propos de café de commerce! J’aimerai bien lui exposer « mes idées brunâtres », qui ne doivent rien à l’UDC! Ce sera tout.

  6. Posté par Derek Doppler le

    Tous ces « socialistes » crypto-staliniens sont le cancer de la société, et il est grand temps de les débusquer systématiquement et de les combattre par l’épée car la plume ne suffit plus. Les métastases ne se guérissent pas avec des mots, aussi sincères soient-ils. Et sachez bien qu’ « en face » ils n’hésitent pas, les millions de morts légués en héritage de leur idéologie puante sont là pour le prouver.

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