Syrie – Dictature laïque ou régime théocratique islamiste

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Michel Garroté  --  Christian Vanneste estime (dans une analyse en deux parties sur son blog et une analyse sur Boulevard Voltaire), qu'en terre d'islam, les dictatures laïques (photo ci-dessus : combattante chrétienne anti-EI), le plus souvent à caractère nationaliste et militaire, sont un moindre mal en comparaison des régimes théocratiques islamistes (voir liens vers sources en bas de page) : Les dictatures « laïques » défendent un équilibre instable qui protège les minorités contre une dictature religieuse beaucoup plus proche du totalitarisme. C’est une illusion de penser que, dans les pays musulmans, la transition démocratique pourrait se faire par le biais de mouvements associant la démocratie et l’islam. La Turquie d’Erdogan y avait fait songer. On voit ce qu’il en est advenu.
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Le calamiteux Obama a entretenu cette illusion. Ni la Turquie, ni l’Egypte, ni la Syrie ne sont l’Allemagne, pas plus que les Frères Musulmans ne sont comparables aux Démocrates Chrétiens. Pour une raison simple, c’est que le message du Christ distingue Dieu et César, la religion et la politique, alors que le califat, c’est-à-dire l’unité des deux pouvoirs, spirituel et temporel, régissant jusqu’aux plus petits détails de la vie quotidienne, est au coeur de la pensée islamique, sunnite en particulier. Enfin, quelques pays richissimes, nullement démocratiques, ont les moyens de financer les troubles qui ont éclaté dans le monde arabo-musulman. On observera qu’ils ont abouti à des changements de régime en Tunisie, et en Egypte, et qu’en revanche, là où c’était une majorité chiite qui manifestait, au Bahreïn, l’armée saoudienne voisine a rapidement fait taire les mécontents.
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Ailleurs, de la Libye au Yémen, en passant par la Syrie et par l’Irak, c’est la guerre qui s’est installée. L’objectivité nous oblige malheureusement à constater que des Philippines au Nigeria, la violence est associée à la présence islamiste. Or, depuis 2011, sur la « guerre civile syrienne », nos médias ont curieusement répandu des contre-vérités, qui étaient aussi celles des gouvernants français, de droite et de gauche, et plus généralement des Occidentaux. La première, récurrente, a consisté à présenter le « régime » comme totalement impopulaire, et rejeté par la majorité de la population, puisqu’il était censé monopoliser l’Etat au profit de la minorité alaouïte. C’était faux. Les autres communautés minoritaires, chrétienne, druze, kurde, etc. ne lui étaient évidemment pas défavorables, mais une grande partie des Syriens, sunnites par tradition, préféraient l’ordre et la paix au désordre et à la guerre.
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Sans doute auraient-ils accueilli la démocratie à l’occidentale avec sympathie, mais il n’en a jamais été question. Il n’y a aucune force politique, aucun courant de pensée dominant qui puisse rendre cette évolution possible, tant les notions de liberté, d’égalité et de tolérance trouvent un terreau difficile dans des pays islamisés depuis près de 1400 ans. Si beaucoup de Syriens ont quitté le pays, pour se réfugier dans les pays voisins plus qu’en Europe, contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, bien plus nombreux sont ceux qui ont rejoint les zones contrôlées par le régime et où il était possible de vivre à peu près normalement.
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Au début de la rébellion, beaucoup, par opportunisme, et sans doute alléchés par les offres des nombreux et généreux étrangers qui s’intéressaient au devenir de la Syrie, ont rejoint l’opposition, le Conseil National Syrien, en Turquie, et l’Armée Syrienne Libre. Très rapidement, il est apparu que les combattants sur le terrain étaient avant tout des islamistes répartis en de nombreux groupes souvent rivaux, soutenus de l’étranger, par l’étranger et composés de nombreux étrangers. Une carte de la situation militaire actuelle est parlante : l’essentiel du pays, son coeur, avec la majorité de la population, et aujourd’hui la plus grande partie du territoire sont loyalistes, tandis que les zones dissidentes sont aux frontières, de la Turquie et de la Jordanie.
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L’armée syrienne, après avoir connu des pertes considérables, dont on parle peu, et des désertions qui ont davantage retenu l’attention, est aujourd’hui victorieuse et accueillie en libératrice. Des volontaires la rejoignent. A Deir-Ez-Zor, lorsque la dernière offensive de l’Etat islamique a coupé en deux la poche de résistance, la population a reçu des armes et participé à la défense. Ces actes de courage comme le pont aérien russo-syrien pour ravitailler chaque jour les habitants encerclés et leur libération par une percée-éclair auraient pu et dû susciter une légitime émotion, si nos médias leur avaient attribué l’importance qu’ils méritaient. La situation actuelle, à la lumière du bon sens, appelle la conclusion suivante : un Etat qu’on a voulu renverser de l’extérieur rétablit son autorité sur son territoire avec l’appui d’alliés qu’il a invités. En revanche, un certain nombre de forces disparates soutenues par des pays aux calculs contradictoires persistent à entretenir les tensions dans les zones périphériques, ajoute Christian Vanneste (voir liens vers sources en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 20.9.2017
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Sources :
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http://www.christianvanneste.fr/2017/09/17/syrie-la-france-est-elle-une-democratie-i/
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http://www.christianvanneste.fr/2017/09/19/syrie-la-france-est-elle-une-democratie-ii-suite-et-fin/
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http://www.bvoltaire.fr/guerre-syrie-desinformation-realite/
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4 commentaires

  1. Posté par Maurice le

    Grand merci Monsieur Garroté pour cette belle synthèse qui fait chaud au cœur !
    Dès le début, on voyait que tout était faussé, dévoyé, déjà par l’attitude de certains politiciens comme le Suisse Burckhalter, et surtout du côté des médias, car toutes les informations nous étaient jetées en pâture avec fanatisme et arrogance.
    Il était pourtant facile d’imaginer qu’il s’agissait des mêmes ignominies que celles qui avaient déjà eu lieu en Afghanistan, en Irak, en Libye…
    Malheureusement, l’immense majorité a cru sur parole et avec naïveté tout ce qu’on leur fourguait. Et malheureusement encore, si ça devait se reproduire, ça se reproduirait…

  2. Posté par UnOurs le

    Le peu que je sais de la région, c’est que les soldats du gouvernement légitime syrien ne crient pas « Allah machin chose » toutes les vingt secondes et qu’ils ne sont pas dans mon quartier « à tenir les murs » avec une attitude hostile:

    https://youtu.be/Wb1M1wbEj0U

    En revanche, les islamistes, ceux contre qui il faudra peut-être aussi se battre un jour ici, sont ceux qui bénéficient de matériel occidental:

    https://youtu.be/rRcWLqotiac

    Et ne pas oublier ceci (Zemmour, excellent comme d’habitude):

    http://www.fdesouche.com/885603-eric-zemmour-limprobable-alliance-entre-israel-larabie-saoudite

  3. Posté par jsg le

    Bref, je ne suis pas un « spécialiste » du Moyen Orient loin s’en faut, toutefois, dans le domaine de la logique, pure et dure, nous sommes une fois de plus tombé dans le panneau du bon musulman martyrisé par un dictateur ! Et la charria c’est quoi ?
    Bref nous n’imposerons rien à l’Islam et à son Coran imprégné de sourates haineuses, dont se servent les ordures qui pensent à tuer ceux qui n’ont pas leur étroitesse d’esprit.
    Alors, bon courage aux apôtres du vivre ensemble ! Vous êtes terrorisés en voyant ce que vos théories à la noix ont engendré comme haine, et la balkanisation arrivera, sous les sarcasmes du président Poutine, qui était dans le vrai.
    Bravo, encore bravo !

  4. Posté par Christian P. le

    Et non Bachar n’est pas cet horrible dictateur que l’on nous vend tous les jours depuis des années….
    Preuve en est les centaines de millier de personnes rentrée au pays ces dernières semaines.

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