« Crise » de la presse et des journalistes. La solution : l’Etat, l’Etat, toujours l’Etat ! Oh Etat ! fais-nous du bouche à bouche !

Uli Windisch
Rédacteur en chef
Presse EcriteHopital de prresse

"Crise" de la presse et des journalistes. La solution : l’Etat, l’Etat, toujours l’Etat ! Oh Etat ! fais-nous du bouche à bouche !

Les restructurations et licenciements plus ou moins massifs, subits et souvent peu respectueux de la dignité des personnes  sont devenus courants dans nos sociétés.

Certains passent inaperçus, d’autres créent des mouvements de protestation plus ou moins vastes et déterminés.

Les récentes restructurations dans la presse romande avec des licenciements de plusieurs personnes, voire parfois de l’ordre de la dizaine, notamment de journalistes,  font partie de celles qui ont induit un nombre tout à fait exceptionnel de réactions, de protestations et de prises de position jusque dans les milieux  politiques officiels et dans nombre de partis politiques. Comparées au nombre de licenciements  souvent beaucoup plus importants, voire massifs, qui ont lieu dans d’autres entreprises et secteurs économiques, cette vague de protestations et de prises de position peut paraître  surprenante. C’est un premier aspect qui doit être rappelé car bien des personnes licenciées de manière particulièrement inhumaine n’ont jamais droit à de tels échos, mouvements de protestation  et soutien aussi massif.

C’est un privilège énorme que de bénéficier d’un tel avantage pour ne pas dire d’un tel monopole  de la protestation et du soutien.

Je  pense aussi que l’information, la discussion politique et les médias sont, en principe, une dimension constitutive d’une société démocratique mais à certaines conditions dont plusieurs, essentielles, ne sont plus respectées. C’est là que réside en réalité une grande part de l’explication des difficultés des médias, de la presse écrite et des journalistes.

Premier aspect : la  massive  homogénéité  et unilatéralité de l’orientation politique des médias mainstream, dominants, et cela à tous les niveaux. Bien qu’évident, cela est fortement contesté par les acteurs concernés eux-mêmes. Et avec quelle véhémence!

On nous dit constamment, du côté de ces médias, qu’il y a déjà une très grande diversité dans le monde médiatique suisse et la grande partie des autres acteurs sociaux et politiques acquiescent immédiatement.

Or qui dit diversité ne dit pas nécessairement pluralité, politique notamment, et c’est bien là où le bât blesse.

On peut très bien avoir une très grande diversité des médias, ce qui est effectivement le cas en Suisse, et une pluralité très faible, voire inexistante, dans certaines parties du pays du moins, notamment en Suisse romande.

Plus grave : il y a aujourd’hui une quasi-osmose entre la grande majorité  de monde politique  et celui des médias  qui partagent une vision politique commune, une vision mondialiste, «progressiste», partisane des avancées sociétales en matière de mœurs et autres , même de celles qui remettent en cause de manière fondamentale, frontale et souvent de manière insolente et moqueuse nos valeurs traditionnelles les plus essentielles. Cette vision du monde traditionnelle et conservatrice, qui ne signifie en rien refus d’adaptation aux réalités nouvelles, dans le cadre du respect des identités, des spécificités et des souverainetés nationales, régionales et locales, est totalement minoritaire et sous-représentée dans les médias dominants et encore davantage dans le Service médiatique dit public.

Ce n’est sans doute pas par hasard que les journalistes à la peine se tournent vers l’Etat dont les acteurs leur sont en grande majorité très proches  et l’on sait à quel point des acteurs essentiels comme les partis politiques dits bourgeois, tous sauf l’UDC, comptent sur les médias pour relayer, présenter et défendre leurs idées et projets, même si l’on nous offre toujours des  « débats animés », « contradictoires », etc.

Les acteurs médiatiques et politiques sont, en sus, encore  soutenus par la très grande majorité des  chercheurs qui viennent confirmer, avec bien des recherches, enquêtes et théories, financées par ailleurs par ce même Etat et ces mêmes médias, que la qualité n’est effectivement présente que dans les médias du  Service public ! La boucle est bouclée et le cercle de ceux qui décident aussi.

Jamais il n’y a eu une campagne aussi massive , omniprésente , comme ces derniers temps,  venant de tous les acteurs concernés, de même que de la part de journaux et de revues dont certaines soutenues par les deniers publics,  pour tenter de nous montrer que pour notre bien un soutien de l’Etat à la presse et aux journalistes est indispensable si nous voulons continuer à vivre dans une démocratie digne de ce nom. Je caricature à peine.

Et vous verrez que c’est  ce à quoi va nous amener le Parlement prochainement dans sa « révision » de la législation en matière de politique médiatique.

Or, cela est totalement faux  car nous avons aujourd’hui la preuve que des journaux et des médias antipolitiquement corrects sont viables économiquement, en étant indépendants, et sont en plus de grande qualité et correspondent aux attentes de publics de plus en plus larges. La progression des médias dits conservateurs ou de droite , en réalité ils sont nettement plus pluralistes et ouverts que les médias bien-pensants et politiquement corrects, est  tout simplement impressionnante et cela dans de nombreux pays.

C’est la pluralité qu’il faut encourager puisque derrière la diversité se cache un leurre.

Le comble : ce sont  les médias privés et indépendants qui deviennent les garants d’une vraie et authentique pluralité et en plus ils sont de qualité.

Pire : comme dans d’autres pays, en Suisse, se prépare au Parlement et même à l’intérieur de certains partis politique dits de droite qui se réclament donc constamment de la liberté et de la pluralité, toujours de manière déguisée, la lutte contre le nouveau courant médiatique de la Réinformation, courant qui passe en grande partie par l’internet ; soit les médias et les sites de cette  Réinformation, de l'ensemble de l'information alternative.

C’est cela le vrai scandale dans un pays qui  se veut un modèle de liberté et de démocratie  et qui s’apprête à « réglementer », « mettre de l’ordre dans le désordre de l’Internet », « trier entre le vrai et le faux », ah ! les « fake news ».

On devrai obliger les chercheurs, grassement rémunérés par l’Etat et le Service public médiatique, de faire des recherches précises, concrètes et empiriques approfondies sur le travestissement, les partis pris idéologiques, les erreurs, mensonges et autres bidonnages, enfumages  et propagande  des médias dominants qui prétendent être seuls à  être de qualité et à dire la vérité. MDR

Légiférer, judiciariser, surveiller et punir, interdire, bloquer, « signaler », ceux qui parlent des réalités que les médias bien-pensants taisent, voilà les mesures politiques en préparation pour empêcher une vraie et authentique pluralité, pluralité qui gêne et dérange tant la bien-pensance dominante.

Ces mesures répressives vont venir s’ajouter aux diverses formes d’étatisation de la presse et des journalistes-fonctionnaires. Comme dans les vastes domaines du secteur de la culture.

Ces mesures viendront donc elles aussi s’ajouter au monopole  déjà scandaleux du Service dit public médiatique. Un nouvel avenir radieux , médiatique et journalistique cette fois, nous est promis. Espérons que malgré le tsunami de la propagande politique unilatérale qui va précéder la mise en œuvre de ce projet orwellien, l’opposition citoyenne saisira les vrais enjeux  et s’y opposera, même à armes très inégales.

Signalons tout de même, ce que tout le monde sait sauf la doxa bien-pensante, qu’un média en ligne, sur Internet, qui ne serait que «fake news » ne tiendrait pas longtemps car cela se saurait très vite, à la vitesse de l’Internet et des réseaux sociaux. Certes il y a de tout sur le NET mais nous prenons les citoyens pour des adultes qui savent chercher et trier,  chacun aidant et informant tous les autres , ce qui fait au final pas mal de garanties.

Mais rien n’y fait, les bien-pensants et autres journalistes de gauche, politiquement corrects qui sont de plus en plus menacés, préfèrent tenter de discréditer, de surveiller , de « décodexer », leurs concurrents dans l’information et l’analyse politique, plutôt que de se désidéologiser et de rechercher une vérité approchée, approchée car prétendre détenir la vérité c’est justement de l’idéologie.

Qu’il est difficile d’aimer, d’aimer la vérité , quand on est possédé par l’idéologie tout en prétendant détenir la vérité alors que cette dernière ne peut qu’être visée, recherchée et approchée.

L’information biaisée, idéologisée, intéressée, la désinformation et la vraie  tromperie apparaîtront de plus en plus là où elles se situent véritablement. Dévoilées elles deviennent menace, une menace pour l’existence même de ceux qui en vivaient.

Cela n’empêchera pas l’Etat de venir au secours de la presse et des journalistes, à la demande de ces derniers, et donc avec l’aide des acteurs sociaux et politiques qui ont besoin d’eux pour continuer , eux aussi, à  poursuivre leurs projets et survivre, malgré l’immense fossé qu’ils ont réussi à créer entre eux et une grande partie de la population.

Mais les acteurs du NET continueront eux aussi  leur travail d’information alternative, de Réinformation, en sachant que l’Etat plutôt que de les aider à contribuer à la création d’ une véritable PLURALITE, en plus de la diversité, cherchera par tous les moyens à les faire taire et crever, sans que cela ne soit jamais avoué comme tel, car dissimulé dans un langage hypocrite voulant faire croire que les actions scélérates entreprises contre les médias de la Réinformation le sont au nom de la vérité et pour le bien et le bonheur du peuple.  On connaît la chanson mais il n’est pas sûr que tout le monde veuille encore  l’entendre très longtemps.

A se croire tout puissant, l’Etat et ses soumis, achetés et revendus, prennent cependant un risque majeur  car ils sont de plus en plus dévoilés et montrés sous leur vraie nature.

Les prétendus défenseurs de la démocratie, de l’information de qualité, de la diversité , de la pluralité, etc.,etc.,  en deviendront les fossoyeurs et apparaîtront comme tels.

Uli Windisch, 6 .9.2017

Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que la Commission européenne veut s’attaquer aux « fake news » et créer un groupe d’experts de « haut niveau » sur le sujet. On devine déjà le genre d’experts qui en feront partie et les résultats. On peut déjà prévoir, sans être futurologue, que les gouvernements nationaux  prendront appui sur ce genre d’expertises pour justifier leurs propres mesures répressives.

Il s’agit aussi nous dit  la Commissaire responsable du numérique Maiya Gabriel de « protéger les citoyens » ! Décidément nous n’avons pas la même image des citoyens et nous nous demandons si les citoyens ne devraient pas plutôt  être protégés de ce genre d’experts et de politiques élus par personne. Cela d'autant plus que les autorités suisses ont tendance à s'adapter à l'UE, dont nous ne sommes même pas membres, par anticipation (rappel : l'exemple de S.Sommaruga avec les "migrants").

 

 

 

6 commentaires

  1. Posté par pimpon 47 le

    Moutier 192 licenciements chez Verre Industriel: c’est toute même plus inquiétant que les licenciements après la fin du magazine de gauche l’Hebdo disparu par perte de clientèle. Et les prochains: La Matin, 24 H ET la TdG. Et différence: la verrerie de Moutier à des commandes, par contre les journaux précités perdent leurs lecteurs pour cause de virage à gauche et nouvelles falsifiées « Fakes »

  2. Posté par Dupond le

    La propagande soutenue par les politicards !!

  3. Posté par SD-Vintage le

    +++++

  4. Posté par Bussy le

    Combat d’arrière-garde de gens dépassés, tout sauf progressistes et, bien qu’à gauche, soutenant sans vergogne les puissants de ce monde ! Et à moins d’être complètement con, ça se voit !
    Mais ils ont un gros problème : les jeunes entre 18 et 35 ans, ne lisent plus et ne regardent plus les médias « bienpensants », ils s’informent sur le net, savent trier le vrai du faux, et m’ont l’air d’être très conscients, lucides et réfléchis !
    Faudra trouver autre chose pour la propagande !

  5. Posté par Hans C. le

    Le contrôle des médias est essentiel au totalitarisme de type soviétique qui se met en place en occident.
    On retrouve le même langage mensonger chez les dirigeants européens que celui qui était en cours dans l’ex-URSS. Les séniors se rappellent certainement de Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’URSS de 1957 à 1985 : il aurait parfaitement sa place dans la commission européenne de Junker (le Brejnev de l’UE). Normal, car, fondamentalement, l’UE a les mêmes objectifs que l’URSS (fin des nations, gouvernement mondial de type communiste), la méthodologie pour les atteindre différant légèrement.

  6. Posté par Vengeur le

    Bravo pour votre article M.Windisch.
    Félicitations,car il est extrêmement difficile actuellement d’avoir des renseignements non dirigés par cette fameuse « pensée unique » qui elle même est très facile applicable pour endoctrinement de masse. Les faibles ainsi que les auto-flagellateur en sont les premières victimes.

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