«L’islam radical s’est invité dans les mosquées suisses» : interview de Saïda Keller-Messali, Le Temps 2.9.2017

Saïda Keller-Messali livre Islam Drehscheibe

NDLR. Nos lecteurs nous prient de reprendre

Notre lecteur : "Permettez-moi de vous signaler cette interview de Saïda Keller-Messahli parue samedi dernier (2 septembre 2017) dans Le Temps et dont voici quelques extraits : "
Merci à D. R.
" (...) La Suisse compte plusieurs prédicateurs islamistes et certaines mosquées, albanaises surtout, invitent régulièrement des prédicateurs salafistes étrangers. Comme celles de Regensdorf (ZH), de Viège et de Brigue. Car le wahhabisme, qui fonde la pensée salafiste, a mis le grappin sur les pays balkaniques musulmans après les guerres des années 90. (...)Je reçois des informations que ni les journalistes ni les politiques ne possèdent, j’ai accès à la littérature salafiste qui y circule, imprimée en Arabie saoudite, au Kosovo, en Macédoine et en Bosnie. (...)Les mosquées albanaises présentent aussi un danger, à la notable exception de celles qui sont affiliées à l’organisation de l’imam bernois Mustafa Memeti. En revanche, les quarante mosquées réunies sous la bannière de l’Union des imams albanais de Suisse de Nehat Ismaili sont salafistes. Cette organisation promulgue notamment des fatwas. Elle est liée à une union similaire du Bade-Wurtemberg, en Allemagne, salafiste, qui fait de la publicité sur sa plateforme pour les pires prêcheurs balkaniques et fait la promotion de discours violents et misogynes, par la distribution de milliers de CD aux mosquées allemandes et suisses. Une autre organisation basée à Onex (GE), l’Organisation européenne des centres islamiques (OECI), dont le but est de financer la construction de mosquées en Europe, est constituée de représentants de centres islamiques saoudiens en Europe et de prédicateurs qataris et saoudiens. Il se peut que cinq mosquées en aient profité en Suisse: à Volketswil, Netstal, Wil, Frauenfeld et Plan-les-Ouates – et peut-être bientôt Fribourg, où il existe un projet de construction de mosquée pour 8 millions de francs.
A Plan-les-Ouates, vous voulez parler de la mosquée Dituria (lire LT du 19.01.2017)?
Tout à fait. Dituria est d’obédience salafiste. Lors de son inauguration, les autorités locales étaient présentes, mais aussi le mufti du Kosovo, lequel avait reçu à Pristina, un mois plus tôt, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) des Saoudiens, dont le but est de répandre de par le monde l’islam salafiste. Deux «savants» saoudiens qui publient des nouvelles en arabe ont salué son ouverture, avançant un coût de 4 millions de francs et la présence de personnalités religieuses importantes du Kosovo et même de l’ambassadeur du Koweït en Albanie. Si cette mosquée n’était pas importante, ces gens n’auraient pas fait le déplacement.Ses responsables, que «Le Temps» a rencontrés, assurent que le financement de leur mosquée est local et qu’ils ne dépendent pas de l’Arabie saoudite…
Ils ont beau jeu de l’affirmer, puisque l’opacité financière et organisationnelle prévaut. Mais, encore une fois, les invités présents à l’inauguration d’une mosquée donnent des indications sur ses liens. Il faut comprendre que les réseaux de mosquées sont organisés de manière pyramidale. En Suisse, douze organisations fédèrent chacune plusieurs dizaines de mosquées, chapeautées par une fédération. Au sommet trône la Ligue islamique mondiale. C’est une véritable structure de pouvoir, un système pensé pour implanter partout un courant ultra-conservateur.Dans cette nébuleuse, où se situent les mosquées turques?
La Turquie, membre de la Ligue, joue aussi un rôle de premier plan en Suisse: la totalité des 70 mosquées turques en Suisse sont dans la sphère d’influence d’Ankara. On a vu son pouvoir de mobilisation et d’espionnage, d’ailleurs, lors des dernières élections en Turquie. Une vingtaine de ces mosquées appartiennent au réseau Milli Görüs, islamiste et nationaliste, en lien avec les Graue Wölfe en Allemagne, un mouvement d’extrême droite turque. La Présidence des affaires religieuses en Turquie (Diyanet) soutient les mosquées turques en Suisse, y envoie et paie des imams ultra-conservateurs. Le président de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse, Montassar Ben Mrad, est donc aussi lié à Diyanet. Il a d’ailleurs rencontré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, en mars 2017.Et les courants modérés, où sont-ils?
En Suisse, je ne les vois nulle part, sauf peut-être autour de Mustafa Memeti.Les autorités seraient donc naïves?
Absolument, surtout la gauche, qui fait preuve d’angélisme, par souci de protéger les minorités et le multiculturalisme. Elle craint aussi d’apporter de l’eau au moulin de l’UDC. (...) "

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https://www.letemps.ch/suisse/2017/09/02/lislam-radical-sest-invite-mosquees-suisses

9 commentaires

  1. Posté par Triviño MariCarmen le

    Je suis depuis longtemps les articles de Madame Saïd Keller-Messali et que je soutiens, mais pourquoi son livre n’a pas été traduit en français?
    MariCarmen Triviño

  2. Posté par Fan.. le

    Guy Parmelin propose avec grande sagesse l’achat par l’armée d’avions F-35 !!

  3. Posté par Fan.. le

    Pour le moins que l’on puisse dire, Mme Saïda Keller-Messali connait bien les méthodes pratiquées par l’islam, semble-t-il, un islam pas si pacifique et pas si « amour », mais n’oublions pas non-plus que l’église catholique, aujourd’hui réduite en peau de chagrin, n’est de loin, pas meilleure, restons laïque et démocrate, ça nous a coûté tellement cher !!!!

  4. Posté par Nina le

    Notre démocratie est en danger, surtout pour les générations futures, car il y aura une majorité de musulmans nationalisés au pouvoir pour dicter leurs lois. Que fait nos politiques ? ils sont naïfs et condamnent ceux qui disent la vérité. C’est aussi çà la mondialisation… La Suisse n’existe bientôt plus.

  5. Posté par bigjames le

    Le permis poids-lourds devraient être interdit aux musulmans.
    Question de sécurité. Quand on voit ce qu’ils en font.
    Les patrons qui les engagent n’ont rien compris.

  6. Posté par Bussy le

    Je tiens à dire que j’admire le courage de Mme Saïda Keller-Messali, puissent nos féministes d’opérette avoir la même trempe !

  7. Posté par wouly le

    La stratégie mise en place est très vicieuse. On fait croire que tout se passe bien (intégration, relation, religion, etc ..) On nous ENFUME, tout est FAUX !
    Si nos gouvernants en avaient (des poils au c..l), ils ordonneraient des enquêtes détaillées concernant le financement des mosquées.
    Pendant des années, nous avons eu des enquêtes concernant les fonds juifs en déshérence, les fonds  »illégaux », etc ..
    Je me demande bien pourquoi les autorités suisse ne se préoccupent pas de ce financement de salafistes …

  8. Posté par Bussy le

    Pauvres Suisses et Européens dont les pays ont été parsemés de nids de vipères par des salopards, dont certains doivent plus faire dans la corruption ou l’idéologie nazie de Kalergi que dans l’angélisme….

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