La dictature au Venezuela et ses défenseurs en France

Michel Garroté
Politologue, blogueur
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Michel Garroté  --  L’ONU a condamné mardi 8 août 2017 "l’usage excessif de la force" [un euphémisme...] par le régime du Venezuela et a accusé les forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir causé la mort d’au moins soixante-treize manifestants antigouvernementaux. Une trentaine d’autres morts sont imputée à des groupes armés pro-gouvernementaux. Entre le 1er avril, date à laquelle ont commencé les manifestations de masse, et le 31 juillet, plus de 5'051 personnes ont été placées en détention arbitraire.
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Au-delà des détentions arbitraires figurent des crimes comme la torture : décharges électriques, suspensions prolongées par les mains ou les pieds, sodomies avec des bâtons, chantage et tortures psychologiques, asphyxie au gaz et menaces de mort à l’encontre des détenus ou de leurs familles. El Hélicoïde, le siège de la police politique à Caracas, est le plus grand centre de torture d’Amérique latine (voir lien vers source en bas de page).
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A ce propos, dans Valeurs Actuelles, Virginie Jacoberger-Lavoué écrit notamment (voir lien vers source en bas de page) : Au pays de Maduro, il n’est pas bon être opposant. Déjà en 2014, six jours après l’arrestation de Leopoldo Lopez lors d’une manifestation antigouvernementale qui avait dégénéré faisant trois morts et des dizaines de blessés, une étudiante de 22 ans, qui manifestait pacifiquement à Valencia, a été abattue par la milice dite des « colectivos ». Elle s’appelait Genesis Carmona et était si belle qu’elle avait été sacrée « reine de beauté », et si généreuse qu’elle était très « populaire », témoignent ses amis étudiants. Pour marquer sa contestation, les seules armes de Genesis Carmona étaient un drapeau de son pays et un petit sifflet.
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Elle a été abattue d’une balle dans la tête, tuée sans sommation comme nombre d’autres manifestants depuis ; décédée à l’hôpital le plus proche où elle avait été amenée en moto. C’était il y a trois ans, en quelques semaines de contestation, le bilan était alors déjà accablant, 43 morts et des centaines d’arrestations dont des mystérieuses disparitions. Outre les « colectivos », qui agissent comme une milice, la garde nationale bolivarienne, corps de l’armée, interviendrait dans les manifestations avec la complicité de mercenaires en tenue de civils, ajoute Virginie Jacoberger-Lavoué (voir lien vers source en bas de page).
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De son côté, Renée Fregosi, philosophe et directrice de recherche en science politique à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Seuls les fanatiques de la violence "révolutionnaire" et les nostalgiques des mythes bolchevik et cubain, affirment encore que le chavisme est de gauche. Depuis 2014, le Venezuela de Chavez s'enfonce dans la crise politique et humanitaire, la répression et l'arbitraire. Les pénuries alimentaires, en produits d'hygiène et en médicaments, ont atteint un niveau tel que, après un mouvement d'exil continu des élites depuis 2003, c'est une émigration de masse qui s'est mise en branle et qui inquiète les pays voisins. Et à ce jour, on dénombre plusieurs centaines de morts parmi les manifestants, la plupart des jeunes gens, des milliers d'arrestations suivies de tortures dans les commissariats et en prison. Les principaux leaders d'opposition sont empêchés de mener le combat politique parce que détenus et/ou privés de leurs droits civiques, sous des prétextes les plus fallacieux. L'élection frauduleuse et inconstitutionnelle d'une assemblée constituante est le dernier épisode en date de la descente aux enfers de la dictature.
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La logique autoritaire est présente au cœur du chavisme dès l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez et sa Constitution de 1999. Mais pendant les premières années de son régime, Chavez donne l'impression de rétablir une justice sociale dont les Vénézuéliens étaient frustrés, après en avoir connu les bienfaits pendant les deux décennies 60-70. Cependant, la presse est de plus en plus muselée, la radio devient exclusivement au service du pouvoir et les fréquences de télévision progressivement monopolisées par le gouvernement. Par ailleurs, les expropriations d'entreprises se multiplient et l'antisémitisme officiel fait son apparition pour la première fois dans l'histoire du pays. Mais c'est la tentative calamiteuse de coup d'Etat de 2002, intentée contre Chavez par une droite historiquement très minoritaire au Venezuela, qui va donner l'occasion au régime de dévoiler totalement son vrai visage.
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Le régime castro-chaviste :
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Fidel Castro avait souhaité par le passé lier le destin de Cuba à celui du riche Venezuela. Mais Romulo Betancourt, le leader de AD, fondateur de l'Etat providence démocratique et promoteur de l'OPEP, y avait fait résolument barrage. Hugo Chavez va permettre de réaliser ce vieux rêve cubain. En proclamant le "Socialisme du 21ème siècle", Chavez a ouvert la voie aux Cubains qui vont progressivement s'emparer de tous les rouages de l'Etat vénézuélien: les missions sociales, les forces armées, les transports (notamment aérien), et jusqu'aux services de l'état civil. Après la mort de Chavez en 2013 et l'avènement de Nicolas Maduro, formé à Cuba, le castrisme règne en maître sur la destinée du Venezuela. Pour le plus grand malheur des Vénézuéliens.
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L'autoritarisme politico-militaire de Chavez converge avec celui du communisme cubain qui pour être tropical n'en est pas moins léniniste dans sa conception de domination et stalinien dans ses pratiques répressives. Le système de corruption instauré sous Chavez, combiné avec un dirigisme économique centralisateur, va perdurer sous Maduro. Les résultats vont être lucratifs pour la "boliborguesia" (la bourgeoisie bolivarienne) et catastrophiques pour la grande majorité de la population vénézuélienne.
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L'opposition au régime n'est ni majoritairement de droite ni oligarchique :
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Depuis plusieurs mois, les enquêtes d'opinion indiquent que plus de 70% de la population rejette le gouvernement de Maduro. Mais le meilleur sondage est sans conteste les élections législatives de décembre 2015. Malgré les obstacles multiples entravant la campagne électorale de l'opposition et les différents types de fraude organisés par le pouvoir, la MUD (Mesa de Unitad Democrática) a obtenu plus de 60% des voix, et compte tenu du mode de scrutin, plus des deux tiers des 167 députés.
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La MUD est un vaste rassemblement de plusieurs partis politiques de plus en plus unis par la répression qu'ils subissent tous. Certes, il existe quelques figures marquées à droite comme María Corina Machado, mais elles sont rares et jouent elles aussi le jeu de l'opposition pacifique. Le candidat de la MUD à la présidentielle, Henrique Capriles, est le leader de Primero Justicia, parti de centre-droit issu de la démocratie-chrétienne qui n'est pas à proprement parler un parti de droite. Et surtout, les trois partis membres de l'Internationale Socialiste, Acción Democrática, Voluntad Popular et Un Nuevo Tiempo totalisent 62 élus sur les 112 de la MUD.
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Les affidés du chavisme, ses clients et ses idiots utiles :
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Seuls les fanatiques de la violence "révolutionnaire" et les nostalgiques des mythes bolchevik et cubain, affirment encore que le chavisme est de gauche et conspuent l'opposition de la MUD comme étant de droite voire d'extrême-droite. Or la seule oligarchie qui existe aujourd'hui au Venezuela est celle des clans au pouvoir qui se sont considérablement enrichis depuis la fin des années 90. Lorsque la France Insoumise et le PCF défendent encore le régime chaviste malgré sa violence contre le peuple, on ne peut que se souvenir du cynisme et de la mauvaise foi des défenseurs de l'Union soviétique à l'époque du "paradis socialiste" et de "l'avenir radieux".
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Ce que le chavisme appelle "démocratie" n'a rien à voir avec une définition libérale de la démocratie représentative. Et la nouvelle Constituante n'a rien à voir avec un débat constitutionnel. Dans l'univers de la Révolution bolivarienne, le peuple a toujours raison mais seulement s'il soutient le pouvoir ! Il devient l'anti-peuple lorsqu'il vote contre le chavisme. La nouvelle assemblée nationale issue du scrutin du 6 décembre 2015 est donc considérée comme une assemblée "bourgeoise" qui "veut imposer son modèle contre-révolutionnaire".
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C'est cette conception que partagent les soutiens du chavisme en Amérique latine (Morales en Bolivie, Ortega au Nicaragua ou Kirchner en Argentine), en Espagne (Podemos) ou en France. Et lorsqu'ils sont soutenus financièrement, leur concordance idéologique, n'en est que plus forte. D'autres, ignorants tout du Venezuela proclament leur tiers-mondisme d'un autre âge et excusent l'autoritarisme par exemple au motif absurde que l'Etat serait historiquement quasi inexistant dans ce pays qui fut par le passé un modèle d'Etat providence moderne. Clients, affidés ou idiots utiles, les défenseurs du castro-chavisme sont tout autant ridicules que coupables.
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S'appuyant sur une forte mobilisation populaire et pacifique, l'opposition a tenté sans répit de trouver la voie d'une "transition à la démocratie", c'est-à-dire une sortie pacifique et négociée de la dictature. Mais pour ce faire, il faudrait que le régime se fracture suffisamment pour imposer aux "durs" cette négociation. Jusqu'à ce jour, les tentatives du Vatican, de l'OEA et du Mercosur, se sont toutes heurtées à l'intransigeance du pouvoir. Mais sans doute faudrait-il surtout que Cuba rende sa liberté de destin au Venezuela pour sortir de l'impasse, conclut Renée Fregosi, (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/08/08/venezuela-l-onu-denonce-l-usage-excessif-de-la-force_5170006_3222.html
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https://www.valeursactuelles.com/monde/venezuela-lhorizon-sous-tension-87319
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http://www.huffingtonpost.fr/renee-fregosi/en-finir-avec-la-dictature-au-venezuela-et-les-mensonges-de-ses_a_23065007/?utm_hp_ref=fr-homepage
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10 commentaires

  1. Posté par Panache l'Écureuil le

    Du temps de Chavez, alors qu’il y avait des manifestations de rue contre son régime, j’avais entendu sur une chaîne de la BBC les propos d’une Vénézuélienne très BCBG lancer ces propos qui m’ont littéralement laissé abasourdi:
    – Le gouvernement de Chavez utilise l’argent du pétrole (qui était nationalisé) pour construire et maintenir des écoles, des hôpitaux, des routes et chemins de fer, etc, etc. N’est-ce pas terrible?

    En effet, Madame, n’est-ce pas une honte abominable qu’un gouvernement gaspille ainsi l’argent qu’il récolte de ses ressources pétrolières pour le mettre au service du peuple?
    Je tenais à relater cela pour montrer l’attitude d’une certaine oligarchie nationale, que d’aucuns appellent aussi la bourgeoisie compradore, c’est-à-dire celle qui s’identifie avec une puissance étrangère et agit de mèche avec celle-ci autant qu’elle peut, sans la moindre prise en considération du peuple. Car franchement, préférerait-elle des écoles délabrées, des hôpitaux sans ressources, des routes émaillées de nids de poule, des chemins de fer rouillés, etc, etc?

  2. Posté par Dominique Baettig le

    Il faut garder un droit d’inventaire critique face à la propagande impériale étasunienne…

  3. Posté par Claude le

    Il est indispensable d’avoir aussi le verso de la pièce, car la situation au Venezuela n’est pas faite que de recto : http://www.les-crises.fr/venezuela-un-autre-regard-sur-les-manifestations/
    Les ingérences étrangères sont toujours une source de misère pour les états nations, idem UE (vassale des USA) pour la Suisse.

  4. Posté par France le

    Narco-dictature sanguinaire soutenue par Pékin, Moscou et la gauche marxiste-mondialiste

  5. Posté par Maurice le

    Quelle bonne idée, MesZigues, de mentionner ici les recherches minutieuses de Marie-Monique Robin !

  6. Posté par Maurice le

    Il est indispensable d’avoir aussi le verso de la pièce, car la situation au Venezuela n’est pas faite que de recto :
    http://arretsurinfo.ch/lecons-venezueliennes/
    Bruno Guigue est un chercheur en analyse et en philosophie politique.

  7. Posté par Anne-Marie le

    L’international communiste et alliés … à l’origine du chaos au Venezuela. L’opposant Capriles n’est plus candidat, il a été inhabilité par la dictature narco-chaviste-maduriste pour 15 ans… Il a failli devenir Président en 2015, mais c’est la fraude qui a gagné… grâce aux trucages de Smartmatic ..

  8. Posté par Roland Marquis le

    On assiste depuis quelques mois à un excellent travail de désinformation et de propagande orchestré par la CIA. Son directeur, Mike Pimpeo, en avait fait état et donné des explications quant aux financements des mouvements d’opposition au gouvernement du Venezuela.

  9. Posté par Laporte le

    Tout comme nous, vous avez sûrement entendu dire qu’il se passe quelque chose au Venezuela ces derniers temps. Comme à chaque fois dans ces cas-là, nous sommes inondés d’informations provenant des médias privés qui ont leurs propres intérêts. Comme toujours, on entend le même refrain, avec des concepts fait pour nous faire peur et non pour nous informer.
    On utilise directement les grands mots, Répression, Dictature, Censure. Mais nous sommes déjà habitués à lire en filigrane les intérêts de l’oligarchie, des Banques et de l’Empire nord-américain qui se cachent derrière ces informations.
    Nous allons essayer d’avoir une lecture plus profonde et de comprendre ce qu’il se passe réellement au Venezuela.
    Il est très important de faire une analyse géopolitique.
    Tout d’abord il faut savoir que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole connues dans le monde. Pour bien comprendre ce qu’il se passe au Venezuela, il faut aller voir ce qu’il se passe chez son voisin du Nord, les États-Unis. C’est une des sociétés les plus consommatrice de dérivés du pétrole dans le monde.
    Premièrement, en ce qui concerne la consommation d’essence, les États-Unis ont le plus haut pourcentage de véhicules par habitant de la planète, et bien sûr, il y a le besoin d’autres dérivés du pétrole comme les plastiques, les vêtements et les cosmétiques.
    Pour soutenir cette société dépendante du pétrole, les États-Unis doivent importer 60% du pétrole qu’ils consomment.
    Essayons d’avoir un regard plus général. D’où vient le pétrole qui est consommé aux États-Unis ?
    Le Moyen-Orient est une région clé.
    Les États-Unis importent une partie importante de leur pétrole d’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. Avec ces alliés, ils ont une stratégie pour avoir une hégémonie politique dans la région.
    Ce sont donc ces intérêts énergétiques, gaz et pétrole, qui sont derrière la guerre en Irak, les violences actuelles en Syrie, l’occupation en Palestine et l’intervention en Libye.
    Donc, après avoir analysé tout cela, un calcul très simple nous permet de comprendre pourquoi le Venezuela est si important pour les États-Unis.
    Le pétrole qui vient du Moyen-Orient passe par le détroit d’Ormuz fait le tour de l’Afrique par le sud jusqu’au Texas. Ce voyage dure de 40 à 45 jours.
    Alors que le pétrole vénézuélien ne prend que 4 à 5 jours pour arriver aux États-Unis. En comparant les coûts d’acheminement entre le Moyen-Orient et le Venezuela, on comprend mieux quels sont les intérêts Nord-américains dans tout ça.
    Il est très important de comprendre comment ces intérêts ont déterminés l’histoire du Venezuela.
    Pendant plus de 40 ans, celle-ci fut déterminée par ce que l’on a appelé le pacte de Puntofijo, un accord politique passé entre les deux principaux partis du pays, action démocratique et Copei (le comité d’organisation politique électoral indépendant).
    Grâce à ce pacte, ils ont coordonnés un programme politique commun, la seule chose qui changeait c’est l’alternance entre l’un et l’autre parti en fonction des élections. Ces deux partis de droite ont séquestrés totalement la démocratie vénézuélienne pendant plus de 40 ans et ne faisaient que défendre les intérêts de l’oligarchie, laissant le peuple vénézuélien sans aucune représentation politique. Ce qui a permis de garantir un barril de pétrole à bon prix pendant toutes ces années pour le États-Unis.
    Cela a généré énormément de mal-être au sein du peuple qui a commencé à se manifester de plus en plus et de plus en plus fort. En février et mars 1989, ces manifestations sont arrivés à un niveau extrême et s’est produit ce que l’on a appelé le Caracazo. Ce moment tristement historique pour le Venezuela, où le gouvernement a donné l’ordre de tirer sur les manifestants. Plus de 3000 personnes sont mortes en une semaine.
    Parmi les dirigeants militaires qui ont refusé de tirer sur les manifestants pendant le Caracazo, il y en avait un très particulier, le commandant Hugo Chávez Frías. Après un essai raté de coup d’état militaire pour faire tomber ce régime assassin de l’oligarchie, le commandant Chávez s’est présenté aux élections, il fut élu en 1998 président de la République de Venezuela.
    Le gouvernement du Commandant Chávez a signifié un changement historique pour les vénézuéliennes et les vénézuéliens.
    Tout d’abord grâce à l’énorme renforcement de la démocratie dans le pays. Toutes les institutions de l’État ont été restructurées plus démocratiquement grâce à l’Assemblée Nationale Constituante. En 15 ans de Révolution Bolivarienne, il a été organisé pas moins de 19 élections dont 18 ont été remportées par le processus révolutionnaire.
    Ce processus de démocratie représentative permanente est renforcé par différents procédés de démocratie participative.
    Les politiques sociales ont également généré d’importantes avancées, la pauvreté est passée de 54,2% en 1995 à 23,9% en 2012, la mortalité infantile a diminué de 50 %, la santé et la sécurité sociale représentent ensemble 21% du budget de l’État, les inscriptions universitaires sont passées de 800.000 à 2.600.000, il y a 75 universités publiques sur tout le territoire, l’analphabétisme a été éradiqué dans tout le pays.
    Évidemment, l’empire nord-américain n’est pas resté les bras croisés en voyant que, pour la première fois de son histoire, un gouvernement vénézuélien s’occupait beaucoup plus de son peuple que des intérêts Nord-américain et que le nouveau processus d’unification et d’émancipation de l’Amérique Latine menaçait son hégémonie politique.
    En 2002, les États-Unis ont clairement soutenu un coup d’état contre le gouvernement démocratiquement élu d’Hugo Chavez. Suite à cette tentative, déjouée grâce à la mobilisation populaire, ils ont fomenté un sabotage économique via une grève du pétrole soutenue par l’oligarchie. Ce nouvel essai de déstabilisation a également échoué.
    Ce qu’il se passe actuellement n’est autre qu’une nouvelle tentative de déstabilisation.Mais la stratégie actuelle est différente, c’est ce que l’on appelle le “golpe suave“ (coup parlementaire).
    La première étape est la guerre économique. Malgré les multiples changements dans l’économie du Venezuela, le pays continue à dépendre de manière importante des importations pour satisfaire les besoins de base.
    L’oligarchie, qui est historiquement responsable de cette situation, essaie maintenant d’en profiter. D’un côté, certains industriels qui font partie de cette oligarchie qui veut en finir avec le processus révolutionnaire génère une pénurie de multiples produits de base, pour créer un mécontentement de la population, d’un autre côté, certains secteurs de l’importation, qui veulent aussi en finir avec le processus, spéculent grâce aux Dollars au lieu de les utiliser pour importer des produits de premières nécessités. Ceci démontre une nouvelle fois le cynisme de cette oligarchie vénézuélienne qui est prête à tout pour reprendre le pouvoir.
    Maintenant voyons le 2ème et sans doute le plus important des axes du “golpe suave” qui porte sur la manipulation médiatique. L’opposition putschiste vénézuélienne est à double face, l’une qui se montre pacifique et l’autre qui est clairement violente.
    Certains médias de communication tant au Venezuela qu’à l’extérieur sont devenus l’axe central de cette stratégie de “golpe suave“ en manipulant de façon honteuse les faits qui se passe sur le terrain. Ils veulent faire croire au monde entier que le gouvernement vénézuélien réprime violemment de simples manifestants pacifiques. Mais cette histoire, on ne la connaît que trop bien, nous ne tomberont pas si facilement dans ces pratiques.
    Si l’on regarde l’histoire de ces dernières années en Amérique latine, on se rend compte que les États-Unis et les oligarchies ne sont pas restés les bras croisés face aux mouvements progressistes, il y a eu tout d’abord le premier essai de coup d’état en 2002 au Venezuela, en 2010, le coup d’État en Honduras qui malheureusement a réussi.
    Par la suite, ce fut le tour de l’Équateur où, par chance, la tentative de coup d’état en 2010 n’a pas réussi. Mais on ne s’arrête pas là, le gouvernement du Paraguay de Lugo n’a pas eu cette chance et en 2012, il a été victime d’un coup d’état parlementaire et finalement, en 2012 et 2014 il a également été dénoncé des tentatives de coup d’état en Bolivie.
    Actuellement au Venezuela, l’histoire essaie de se répéter mais nous ne laisserons pas cela arriver. Nous, les peuples d’Amérique Latine, avons beaucoup appris de notre passé et cette fois-ci, nous ne permettrons pas que ni l’empire nord américain, ni les oligarchies nationales réussissent à faire tomber le processus de changement dans lequel nous sommes.
    Courage et forces compañeros vénézuéliens, ne laissons pas se réaliser ce “golpe suave” !

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