Trump à Varsovie : un discours appelant au basculement idéologique, culturel et géopolitique.

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Trump à Varsovie : un discours appelant au basculement idéologique, culturel et géopolitique.

 

La portée du discours de Donald Trump à Varsovie est historique et je pèse mes mots. Alors que notre civilisation vieille de 2500 ans est à la croisée des chemins, le président s’est exprimé en leader de ceux qui veulent survivre et triompher. Les banderoles « Make Poland great again » disputaient la scène aux casquettes « Make America great again » mais dans l’assistance le ressenti fut « Make the World great again ».

A des années-lumière du post-truth athéiste politiquement correct, Trump est le premier chef d’Etat à avoir publiquement asséné les vérités qui seront celles des luttes à venir, celles qu’on ose à peine penser tout bas : une civilisation sans âme est condamnée et a contrario une civilisation ayant la foi est invincible. Ce ne sont pas les missiles et les chars qui font la force.

Venant du commandant de la force militaire la plus puissante jamais constituée ces paroles ont dû faire frémir d’approbation Von Clausewitz et Sun-Tzu dans leurs tombes. La guerre est avant tout confrontation de volontés et la volonté la plus forte l’emporte. Staline demandait ironiquement « Le Vatican ? Combien de divisions ? » mais le Christ-Roi n’a pas eu à détruire un seul T-72 pour voir s’effondrer l’URSS.

Christ-Roi

Gageons que ce n’est pas M. Poutine qui nous démentirait, lui qui a dit ressentir ce « cataclysme » et qui remet en conséquence la religion au centre de l’identité russe malgré sa maîtrise indiscutable d’un arsenal thermonucléaire capable de carboniser tout ennemi potentiel. Quand les grands esprits se rencontrent… André Malraux nous avait prévenus : le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas.

Situons le contexte du discours de M. Trump à Varsovie : la place des Krasinski, une petite place dans la vieille ville de Varsovie où est érigé un imposant monument sculptural aux héros de la Résistance. Un lieu caméral, presqu’intime à l’aune des enjeux évoqués mais d’autant plus profond. Drapeaux US et polonais omniprésents sur l’estrade et dans la foule, aucun drapeau de l’UE à l’horizon.

Commémorant le martyr d’une ville qui s’est soulevée contre l’occupant nazi et l’envahisseur soviétique au mépris de la logique militaire, peut-être sans véritable chance de gagner sans armes lourdes face à des armées géantes, par identité, par volonté, par insoumission, bref par esprit, Trump est allé droit à l’essentiel. Ce mot d’esprit est revenu à plusieurs reprises dans le discours présidentiel. Tantôt sur le prompteur, tantôt comme réponse aux vivats de la foule ; « what great spirit !» répondait le POTUS aux supporters qui scandaient son nom à tue-tête. Ambiance électrique avec les anciens combattants de la Résistance assis aux premières loges, dans ce quartier où même les enfants combattaient et mouraient pour leur patrie.

Alors que les nazis  ont fait de la Pologne un lieu d’holocauste et que les soviétiques ont voulu extirper la foi et l’identité des Polonais pendant des décennies, l’âme polonaise réclamait, réclame et réclamera Dieu. Donald Trump a fait allusion à la grande messe célébrée par Jean Paul II à son retour sur sa terre natale en tant que pape, cet événement qui avait fait ressentir à tout le monde que le communisme était à sa croisée des chemins : exterminer les croyants ou s’effondrer. On connaît la suite… un régime totalitaire qui n’est plus apte au meurtre de masse  ne se maintient pas. Or à cette occasion la foule avait entamé un chant catholique dont le refrain est « Nous voulons Dieu, nous les soumis, il est notre Roi, il est notre Seigneur ». C’est ce « We want God » que Trump a repris si pertinemment ce 6 juillet 2017.

Le POTUS en a profité pour entamer un basculement géopolitique. « La Pologne est le cœur géographique de l’Europe mais, plus important, elle est son âme » a dit Trump. Tout comme M. Obama avait parlé du « pivot pacifique » pour souligner le fait que désormais la zone pacifique était globalement plus importante que l’Europe, Trump a discrédité les Etats d’Europe de l’ouest au profit de ceux d’Europe centrale. On est loin de la formule « pays de l’Est », autant dire une révolution copernicienne puisque l’astronome a été nommé dans le courant du discours. La référence à des personnages historiques polonais ayant joué un rôle dans la révolution américaine et sa lutte pour l’indépendance comme Tadeusz Kosciuszko et Casimir Pulaski ont permis à Trump de qualifier la Pologne de « vieil allié ».

Le président américain a rappelé en quoi la Pologne pouvait servir de modèle et d’exemple à un occident vide de sens et de valeurs. Il a fait référence à la disparition pure et simple de l’Etat polonais pendant plus d’un siècle. Cet Etat aurait-il pu renaître de ses cendres sans foi ni sans volonté ?

Donald Trump a ensuite insisté sur le « miracle sur la Vistule » de 1920 lorsque la jeune armée polonaise a stoppé une offensive de l’armée rouge destinée à prendre « Berlin et Paris en passant sur le cadavre de la Pologne ». En 1920, la Pologne a sauvé l’occident d’une invasion soviétique.

Le 1er septembre 1939 la deuxième Guerre Mondiale a été déclenchée par Hitler qui a attaqué la IIème République Polonaise. Le 17 septembre 1939, la Pologne a été attaquée dans son dos par Staline. Cette deuxième attaque est si souvent passée sous silence par complaisance idéologique. Pas par Trump, surtout pas ici.

Ce dernier a mis une emphase toute particulière à décrire les conditions impossibles du combat mené en 1944 par les Polonais contre les Allemands dans cette artère de la ville qu’est l’avenue de Jérusalem, par laquelle il est arrivé à l’hôtel Marriott. Malgré la puissance de feu écrasante de l’ennemi ils n’ont jamais cédé certains points clés. Cette abnégation est la quintessence de l’esprit auquel il voulait rendre honneur et qui s’incarne en une société durablement stable, capable de survivre aux défis et aux dangers qui nous menacent.

Mettant en garde l’occident contre les dangers bien réels qui nous font face Trump a puisé dans l’exemple de la Résistance polonaise la certitude de la victoire du Bien sur le Mal. Une force victorieuse dont les Etats-Unis d’Amérique seront le fer de lance. Pour le commandant suprême des forces armées US il ne fait aucun doute que nous l’emporterons car jamais il n’y a eu une communauté de nations et d’intérêts aussi prolifique et aussi magnifique que la nôtre.

Avec Trump à Varsovie on se situe aux antipodes de l’auto-flagellation suicidaire et masochiste véhiculée par le marxisme culturel à travers ses médias et ses relais dans le monde de la culture, des universités, aux jardins d’enfant, en passant par les radios et le cinéma. Ici le suicide n’est pas à l’ordre du jour.  On se prépare au combat et on croit en la victoire finale. « We will prevail », nous aurons le dessus car nous sommes les plus forts.

Pour finir, Trump a replacé l’humain au centre et promu la famille au détriment de la bureaucratie. Il a rappelé quelles étaient les sources de la prospérité, des découvertes et des innovations par opposition aux lourdeurs et absurdités d’un modèle de civilisation basé sur la primauté de l’Etat sur l’humain.

Il a savamment entretenu un flou diplomatique permettant à ceux qui le veulent d’y lire une défense de la civilisation latine mais au besoin de ne pas exclure d’autres civilisations et de compter sur les Etats musulmans qui sont nos alliés dans la lutte contre l’idéologie islamiste.

 

Alors que certains « journalistes » s’égosillent à commenter des épiphénomènes, les forces profondes de l’Histoire agissent inéluctablement, telles des plaques tectoniques glissant imperceptiblement. Le discours de Trump à Varsovie en a été  la manifestation la plus visible qu’il m’ait été donné  de constater. Comme nous le souhaitait Confucius, « puissiez-vous vivre une époque intéressante ». Donald J. Trump nous a comblés à cet égard.

Jacques-Antoine de Coyetaux, 26.7.2017

Ci-dessous : Trump symboliquement placé pour son discours parmi les combattants de l’insurrection de la Résistance polonaise.

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Un commentaire

  1. Posté par pierre frankenhauser le

    Exemple de héros polonais: le Colonel Kuklinski, sans lequel toute l’Europe aurait probablement été envahie par les Soviétiques en quelques semaines dans les années 1970. Alors chef du département de planification stratégique de l’état major de l’armée polonaise, il transfère à la CIA plus de 35’000 pages de documents secrets concernant la Pologne et le Pacte de Varsovie:

    http://www.air-defense.net/forum/topic/18446-ryszard-kukli%C5%84ski/

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