Elections en Valais. Un vrai choix politique et idéologique. MàJ,3.3.2017

Elections ValaisannesDrapeauetMontagnes

Je suis personnellement concerné par ces élections car électeur en Valais et dois donc choisir. Alors comment?

Pour ce qui est du côté « animé » de la politique valaisanne, j’y suis habitué ayant même publié un livre sur les élections  communales en Valais, livre qui a donné lieu à une émission de la Télévision suisse romande (Temps présent , Cabales à Chermignon, 21.1.1977 ; le livre : Lutte de clans, lutte de classes,  Chermignon la politique au village, 1976, Ed. L’Age d’Homme). L’incroyable animation et vivacité de la politique locale apparaissait d’autant mieux qu’elle avait été filmée in vivo pendant les élections, également sous l’aspect des pratiques les plus surprenants, spectaculaires, voire problématiques pour certains.

Un trait fondamental apparaissait très concrètement : au niveau communal les électeurs ne votaient pas en fonction de leur appartenance politique ou orientation idéologique mais surtout en fonction de critères de parenté et de quelques autres critères très compliqués à démêler et en fait communs aux sociétés segmentaires d’autres cultures anthropologiques.  Les affiliations  partisanes intervenant seulement dès le niveau cantonal et ensuite fédéral, toujours cependant avec la présence de facteurs de parenté, d’appartenance locale et clanique, simplement dans une beaucoup moins grande mesure.

Les élections cantonales actuelles, mars 2017, constituent en revanche une rare clarification idéologique en ce sens que le rôle des idéologies politiques est en train de devenir primordial, de même que la distinction de plus en plus nette entre  partis conservateurs traditionnel (ici le parti  démocrate-chrétien, PDC) qui ne le sont plus guère dans leur grande majorité, et un parti clairement conservateur et défenseur lui de ces valeurs traditionnelles, soit le parti de  l’UDC, et auquel se joignent de plus en plus des PDC déçus par l’orientation moderniste de leur parti conservateur historique autrefois nettement plus attaché à ces valeurs familiales et conservatrices traditionnelles. Au point qu’actuellement un dirigeant PDC notoire, qui a même était Président du Grand Conseil, le législatif cantonal, est aujourd’hui candidat avec l’UDC Oskar Freysinger et une femme UDC haut-valaisanne (germanophone) sur une liste « Ensemble à droite ». Une véritable clarification idéologique, pas si fréquente en Suisse, au grand dam du PDC qui a hésité à exclure son magistrat. De quoi chauffer une ambiance électorale déjà électrique mais offrant en plus un vrai choix de société.

A cette opposition idéologique s’ajoute encore une lutte fratricide entre deux personnalités politiques ayant joué et jouant encore un rôle au niveau de la politique fédérale : Christophe Darbellay et Oskar Freysinger.

Le premier, se voulant catholique traditionnel, attaché à la famille  tout en ayant un enfant hors mariage et étant connu comme un opportuniste impénitent (surnommé la girouette), prêt à toutes les alliances, même contre nature idéologiquement, intrigant de première, co-responsable d’une détérioration du climat politique suisse plus général en ayant participé avec les socialistes notamment à l’éviction de Christophe Blocher du Conseil fédéral, a annoncé très tôt que s’il était élu il revendiquerait le Département actuellement occupé par Oskar Freysinger, celui de la formation-donc de l’éducation- et de la sécurité, même s’il n’avait qu’une voix de plus que ce dernier. Sa haine de l’UDC constitue une autre  vraie obsession de ce personnage prêt à tout pour arriver à ses fins personnelles. Il est connu  non seulement comme pécheur-enfant illégitime qualifié de « grave erreur d’un soir » mais comme menteur compulsif, ici ayant par exemple accusé précédemment l’UDC valaisanne d’actes de vandalisme dont elle n’était pas responsable et encourageant lui-même  de tels actes en demandant l’arrachage des affiches de cette même UDC.

Mais à un enfant du pays de retour bien des Valaisans pardonnent tout ou presque et voteront tout de même pour lui.

On ne va pas jusqu’à voter pour un âne si on en présentait un comme le prétendent depuis longtemps des plaisantins ; en revanche il semble qu’un coq de village peut avoir de bonnes chances surtout s’il est prêt à toutes les combinazione, prêt à suivre les vents les plus changeants et contraires, se prêter aux contorsions les plus inimaginables; il peut  même soulever des enthousiasmes.  La question est de savoir jusqu’à quel point et avec quelle ampleur. Elu il le sera , pas avec mon vote, on l’aura compris ; il faut juste espérer que les électeurs ne lui pardonneront pas absolument tout au point de lui permettre de s’offrir le département de la formation, donc de l’éducation, soit de l’éducation des enfants, même de ceux qui sont le résultat d’un  « grave accident d’un soir », ce qui lui permettrait en plus d’assouvir sa haine viscérale de l’UDC, les vrais conservateurs, en éjectant Oskar Freysinger. Jusqu’à quel point les Valaisans PDC voteront-ils aveuglément  PDC ou également « Ensemble à droite »? That’s the question.

En clair, je voterai en espérant voir élus au moins trois politiciens clairement de droite (sur les 5 que compte le gouvernement valaisan) afin de faire face aux vents contraires et versatiles et à un socialiste sectaire et inquiétant.

Uli Windisch, 2 mars 2017

Autres articles sur le candidat, ici, ici, ici, ici, ici; le nombre étant très important pour d'autres articles taper simplement Christophe darbellay

9 commentaires

  1. Posté par aldo le

    Je me rappelle que lors de nombreuses discussions entre collégiens valaisans, il y avait un mot clé qui tombait souvent, « c’est mon cousin », « c’est le cousin de … » Une grande famille les valaisans… Et maintenant je comprends mieux que la technique de Darbellay, n’en fait qu’un copieur, car les précurseurs foisonnaient déjà depuis longtemps. C’était pourtant simple. A chaque coup tiré, ils créaient une profusions de liens familiaux et ainsi lorsqu’ils se présentaient aux élections, le mot d’ordre était voter pour la famille et l’Eglise et son croissez et multipliez ne faisait qu’encourager ces pratiques. Un pour tous, tous cousins ! Pas trop de place pour la démocratie là dedans. Et Couchepin qui porte bien son nom, combien de cousins pour pouvoir accéder au C.F. ?

  2. Posté par Arturus le

    Il est devenu très sociale-iste en offrant ces spermatozoïdes, ce n’est qu’un petit saut à GAUCHE dirait un socialiste !!!!! Les personnes que je plein le plus sont l’épouse et ces enfants. Tire toi pour le respect de ta famille !! et va mettre ta burka !!

  3. Posté par Margo le

    Quant à Darbellay…. le démocrate chrétien, Darbellay, intègre et chrétien exemplaire, père de famille nombreuse… le silence s’impose.. par respect à sa famille. Tant va la cruche à l’eau, qu’elle se brise. Franchement, ils nous prennent pas tous pour des blaireaux ??? bons qu’à saigner et endormir avant la levée des impôts…

  4. Posté par Margo le

    Les valaisans, à l’instar de la majorité des citoyens occidentaux, savent qui sont les fossoyeurs de leurs valeurs, de leurs assurances sociales, de leur culture et de leurs pays, jadis paisibles et HEUREUX ! Sans compter que tous les autres partis, sauf l’UDC, sont à la botte de l’UE, envers et contres les votations fédérales. Ils ne représentent plus leurs administrés. Je suis certaine que l’UDC va encore bien progresser…

  5. Posté par S. Dumont le

    Très bonne analyse!
    En Suisse, comme dans presque tous les pays européens, nous sommes représentés par 2 partis. La gauche – tous bords confondus – et l’UDC. Le premier est très ouvert aux autres et le deuxième est très ouvert aux nôtres même si, pour ce dernier, je n’adhère pas à son côté néo-libéral.

  6. Posté par johnbull le

    Rien à rajouter, tout est dit. Fine analyse de la complexité de la réalité valaisanne ….

  7. Posté par Amarillys Taylor le

    Est ce que les valaisans pardonneront l’incartade de leur chef de file bien que leur parti se dit « chrétien » certainement, le tribalisme d’une majorité de valaisans me semble dépasser celui des massais africains. On ne vote pas pour une personne, ni pour un programme politique mais fanatiquement pour celui qui est du « bon » parti. Alors pas de surprises ? Espérons en avoir une bonne avec la liste de droite.

  8. Posté par Dominique Schwander le

    Darbellay est de gauche. Pour la gauche la politique c’est une guerre avec des armes non conventionnelles. Raison de plus de ne pas voter pour lui.

  9. Posté par Corto le

    Suisse : A la mosquée de Winterthur, l’imam appelle à la mort des… Chrétiens et de tous les non musulmans

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