Entretien avec Naser Khader

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Naser Khader est un homme politique danois d’origine syrienne. Né le 1er juillet 1963 à Damas, il est membre du Folketinget, le parlement danois, et responsable des questions d’intégration pour le parti populaire conservateur danois.  Il nous a accordé un entretien exclusif, essentiellement sur la problématique de l’immigration.

Quelle est la situation actuelle par rapport à l’asile au Danemark?

Le nombre de demandeurs d’asile au Danemark a chuté depuis 2015, ce qui a entraîné le gouvernement danois à fermer plusieurs centres pour requérants d’asile en 2016. Plusieurs facteurs ont conduit à cette chute; des décisions prises au niveau européen et le fait que le gouvernement danois a ajusté continuellement la loi sur l’immigration et lui a apporté des améliorations. Le Danemark est un petit pays avec un système d’aide sociale généreux. Et, pour qu’il puisse perdurer, nous devons être extrêmement prudents sur le nombre de personnes à accueillir.

D’après les services d’immigration danois, trois quarts des requérants d’asile dont l’âge a été testé, et qui affirmaient être des enfants, sont en réalité âgés d’au moins 18 ans. Comment expliquez-vous ce chiffre si élevé?

Malheureusement, de nombreux jeunes demandeurs d’asile mentent à propos de leur âge car il est beaucoup plus facile de recevoir le statut de réfugié si vous avez moins de 18 ans. Je suis sûr qu’ils sont bien conscients que le fait de mentir par rapport à leur âge augmente leurs chances. Ce n’est pas un problème danois, c’est un problème européen. D’après moi, il faudrait augmenter les tests sur l’âge.

Le parlement danois a approuvé une loi, l’année passée, qui permet aux autorités de confisquer des biens aux migrants et de repousser les délais du regroupement familial. Est-ce que cela a eu un impact sur les demandes d’asile?

Je crois que la loi sur l’immigration, de manière globale, a conduit à ce que moins de personnes demandent l’asile au Danemark. La loi qui permet aux autorités de « confisquer les biens de réfugiés » a été utilisée à quatre reprises durant l’année passée. Dans deux cas, cela concernait des demandeurs d’asile venus en avion d’Iran. Au total, 30’600 euros ont été saisis. La raison pour laquelle il est possible de confisquer l’argent des personnes qui demandent l’asile au Danemark est liée au fait que nous pensons que l’Etat n’est pas tenu de payer de manière automatique pour les personnes qui, visiblement, peuvent le faire elles-mêmes. Cela s’applique de même manière aux Danois en ce qui concerne l’assistance sociale. Si vous avez de l’argent, alors l’Etat ne va pas subventionner votre loyer, etc. Par ailleurs, aucun bijou n’a été confisqué.

En Suisse, un nombre significatif de demandeurs d’asile sont dépendants de l’aide sociale, même plusieurs années après leur arrivée. Est-ce la même chose au Danemark?

Malheureusement, cela a été prouvé qu’il est très difficile d’intégrer les réfugiés sur le marché du travail, même après plusieurs années au Danemark. Ce problème suscite nombre de débats au Danemark et, au parlement, nous sommes constamment en train de travailler à l’améliorer.

Quelle est votre position sur le conflit en Syrie? 

La communauté internationale-y compris l’Europe-a été bien trop passive par rapport aux causes actuelles des problèmes des réfugiés : La Syrie de Bachar al-Assad est toujours en place. Aussi longtemps que le problème lié à Assad et à l’Etat islamique ne sera pas traité, les frontières européennes vont continuer à être soumises à une pression intense. Je trouve difficile à comprendre de quelle manière la crise syrienne est devenue, à l’heure actuelle, un problème européen. Cela ne l’est pas. C’est un problème international.  L’Europe doit prendre sa part dans une solution au niveau international mais elle ne doit pas être seule. Dans ce contexte, les pays du Golfe jouent un rôle crucial. L’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, les Emirats Arabes Unis font partie de ces quelques pays qui n’ont pris aucun ou bien à peine quelques réfugiés. Ces nations ont, évidemment, des capacités financières bien supérieures au Liban ou à la Jordanie pour absorber un nombre substantiel de réfugiés. Le fait que les pays du Golfe ne fassent absolument rien est un scandale. S’ils avaient pris leurs responsabilités, la pression sur l’Europe serait actuellement très différente. L’Europe, l’ONU, la Communauté internationale laissent tout simplement tomber la population civile syrienne. Il ne faut pas faire des recherches très approfondies pour réaliser que le président russe Vladimir Poutine est loin d’être innocent dans toute cette crise. La Russie et Poutine fournissent Assad avec des armes en Syrie. C’est un fait. Il y a très probablement un degré de passivité de la part de l’Occident qui est dû aux relations complexes et difficiles avec la Russie. Et la population civile syrienne paie actuellement le prix ultime pour cela.

Traduction à partir de l’anglais par Alimuddin Usmani

 

Extrait de: Source et auteur

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Un commentaire

  1. Posté par Maurice le

    Sa réponse à la dernière question montre bien que ce Syrien est de mèche avec les Européistes désireux de faire tomber Bachar El-Assad, sans même examiner de près ce qui se passe en Syrie parce qu’il vaut mieux ne pas dévoiler le soutien quasi-inconditionnel des États-Uniens et des Européistes aux différentes factions islamistes de Daesch, utilisées pour détruire la Syrie.

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