Les juifs au sein de la Résistance : une page d’histoire moins connue mise au jour

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Georges Brandstatter est né le 24 novembre 1939 en Belgique. Caché pendant la guerre dans une famille chrétienne, il fut enfant de choeur dans la chorale de l’église du village. Ce n’est que vers l’âge de 12 ans qu’il découvre les récits que se racontent les rescapés de la Shoah.

Durant l’entre-deux-guerres, la Belgique connaît un important afflux de réfugiés fuyant les politiques antijuives mises en place en Europe et surtout en Allemagne. A l’aube du conflit, la communauté juive compte environ 50 000 personnes. Une bonne moitié se trouve à Anvers, un tiers à Bruxelles, et le reste sur Liège et Charleroi, la plupart issus d’une immigration récente. La communauté juive de Belgique représente à cette époque une petite minorité. Le 10 mai 1940, les troupes allemandes envahissent le pays. Dans la nuit du 3 au 4 septembre1944, les derniers SS, dans leur débâcle, abandonnent 527 détenus en attente d’un aller simple pour Auschwitz. Ils seront libérés par les alliés. 26 053 juifs auront été déportés, moins de mille reviendront de l’enfer des camps.

Pour Georges Brandstatter, « les témoins vivants vont disparaître. Toute cette vie va devenir l’affaire des historiens et ce ne sera plus tout à fait pareil. » Son oeuvre signe donc un engagement pour la mémoire. Dans un premier ouvrage, il avait fait témoigner des résistants juifs. Avec comme objectif principal de rendre compte des actions de la Résistance au sein des mouvements français tels que l’Armée juive (AJ), l’Organisation de secours aux enfants (OSE), les Eclaireurs israélites de France (EIF), ou les Francs-tireurs partisans – Main-d’oeuvre immigrée (FTP-MOI).

Dans Combattants juifs dans les armées de Libération (1939-1948), il retrace le destin de nombreux juifs engagés contre l’Allemagne nazie et les forces de l’Axe. Pour cela, il a recueilli les témoignages d’une cinquantaine de personnes, en France, en Belgique et en Israël. Sa volonté est de faire perdurer la mémoire de ces récits moins connus de la guerre, ceux de ces hommes et femmes qui ont pris les armes en Afrique du Nord, dans les Balkans, ou au sein des armées alliées. Les différents témoignages expliquent les raisons d’un tel engagement et les risques qui étaient encourus.

Ce livre montre ainsi que les juifs n’ont pas été seulement des victimes : ils ont aussi combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur intègre dans cet ouvrage la période de lutte des nouveaux immigrants juifs en Palestine, cette bataille inlassable jusqu’à la déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël. Un ouvrage intéressant, même si l’on aurait peut-être préféré des témoignages plus détaillés, quitte à ce qu’il y en ait moins.

Combattants juifs dans les armées de Libération, Georges Brandstatter, éditions Ouest-France.

Source : Valérie Chapira, Jerusalem Post, 14 janvier 2016

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