Les malhonnêtes

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Nous aurons, bien évidemment, l'occasion de revenir sur la dialectique de la défaite des adversaires de l'initiative "pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants"...

En attendant, force est de constater que la joie de la victoire est profondément gâchée par le choc mental, moral et psychologique qu'a constitué le fait d'avoir dû se battre aussi durement sur une question pourtant si évidente.

Car, disons-le franchement - les circonstances nous le permettent aujourd'hui - les opposants ne nous ont pas convaincus de la pureté de leurs intentions, ni sur le fond ni sur la forme d'ailleurs. Et si nous ne craignions de les entendre pleurnicher pendant des semaines, nous n'hésiterions pas même à écrire qu'ils se sont comportés comme de parfaits salauds - au sens premier et exact du terme de "contraire à la morale et à la loyauté" -, amalgamant la cause la plus pure aux plus sombres desseins, se présentant en victime de la dureté des termes tout en abreuvant leurs adversaires d'injures et répétant inlassablement le même mensonge, sachant pertinemment qu'il était faux, mais ne pouvant s'en départir tant la simple vérité semblait constituer une gêne.

Ils n'ont pas fait leur travail de politiques de s'occuper des intérêts du peuple, ils avaient d'autres intérêts. Lesquels ? Nous n'osons même l'imaginer tant la chose semble manquer de la plus élémentaire logique. Les quelques raisons timidement avancées ne suffisent pas à expliquer l'acharnement et l'ampleur des moyens engagés pour permettre - car c'est bien de cela qu'il s'agit et de rien d'autre - à des pédophiles dénoncés, jugés et condamnés, de pouvoir disposer un jour d'une nouvelle chance de côtoyer des enfants dans une situation de domination et d'autorité. Qui peut vouloir cela ? Car c'est cela qu'ils ont voulu, c'est certain !

Il faudra aussi parler de l'attitude des médias publics, qui s'apparente à la forme la plus évidente de complicité dans cette entreprise vastement crapuleuse de séparer la population des évidences par toute une batterie d'arguties plus abracadabrantes les unes que les autres. En 2008, le refrain portait sur les génocides, seuls frappés d'imprescriptibilité, et sur le jugement de valeur entre la mort d'un peuple et le martyre d'une enfance. En 2014, ce furent les concepts abscons de "proportionnalité" et d'"Etat de droit", fredonnés sur l'air de c'est-écrit-dans-les-livres-et-vous-êtes-trop-ignorants-pour-comprendre. Il ne s'agit pas d'un vulgaire vote "anti-système", il s'agit du rejet de plus en plus violent d'une conception qui ne voit pas les outils de l'"Etat de droit" comme fondamentalement soumis au service du bien commun. En fait, il s'agit du rejet d'une vision qui ne voit plus le Bien comme un bien.

Mais le mensonge n'a pas pris, le peuple a vomi les miasmes tièdes et purulents de cette charogne de philosophie politique, qui préfère assumer le risque voir des milliers d'enfants violés plutôt que d'interroger l'idole du juridisme. Idole barbare, divinité avide, qui ne protège en somme que cette petite oligarchie parlementariste qui s'agace à voir vaciller les fondements du strapontin dont elle s'est faite un trône. On n'y croit plus, les ficelles sont usées, les peuples sont fatigués de leur voir toujours tenir le même couteau par le même manche, fatigués, même, qu'il y ait encore un couteau et un manche; la liberté est attendue.

Lesobservateurs.ch, site "conservateur" (une insulte, paraît-il), virulent ? Absolument ! Il est des situations qui exigent l'indignation et qu'un homme se lève parfois pour nettoyer les marches du temple, à grands coups de cordes si nécessaire.
Ce qui nous navre, c'est cette certitude croissante qu'ils feront tout pour divertir l'expression de la volonté populaire, qu'un d'entre eux se dresse, comme au moment d'écrire la loi d'application sur l'imprescriptibilité des crimes pédophiles, pour expliquer que le peuple, cette bête, n'a pas compris ce qu'il devait comprendre et qu'il faudrait, par conséquent, corriger ce qu'il n'a pas voulu pour le remplacer parce qu'il aurait dû vouloir.

Cette façon de voler le peuple, de le voler après avoir échoué à le tromper, nous révolte, et cette révolte ne peut s'exprimer qu'en un cri, et ce cri ne peut être que violent, et cette violence est une angoisse, le premier ferment des révolutions.

Vous l'avez compris, lesobservateurs.ch ne seront jamais le relais laconique des incohérences des puissants, nous avons une intelligence sensible des choses qui nous entourent, nous voulons interroger les parois de ces murs qui, autrefois, encadraient nos liberté et qui, aujourd'hui, se réduisent au point qu'elles pourraient bien nous écraser. Vous pensez sans doute que nous exagérons, c'est fort possible, mais écoutez donc la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, hier, sur les ondes de Forum, qui continue d'opposer "son" texte de révision du code pénal à celui de l'initiative, excipant d'un énième conflit juridique relatif au respect de sa conception exclusive de la "proportionnalité" (dès 04:08):

"Je pense, pour la population, la chose la plus importante, c'est qu'on a déjà décidé des mesures."

A savoir ses mesures à elle - ou plutôt ses contre-mesures, au sens stratégique du terme -, celles de la révision, qui entreront en vigueur au 1er janvier 2015.

Voilà comment ça marche: il y a un texte d'initiative, vous faites campagne en prétextant qu'il y a un autre texte, qui fait tout et mieux que l'initiative, que vous tentez de faire passer pour un "contre-projet", ce qu'il n'est pas, le peuple des votants vous oppose un refus sec et sonnant, et vous en tirez la conclusion que la signification de tout cela est un soutien inconditionnel à votre texte et à votre interprétation, alors que ce qui devait être compris est l'exact inverse; ça se passe comme ça...

Seulement voilà, vous êtes au pouvoir, vous tenez le couteau par le manche et vous avez quelques années devant vous pour noyer l'application de l'initiative dans le formol des juridismes. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un coup d'Etat, un putsch parlementaire contre la volonté populaire.

5 commentaires

  1. Posté par Marendo Müller le

    Pendant ce temps, en Chine, toute personne reconnue coupable du viol d’un enfant de moins de 14 ans est automatiquement exécuté. Il semblerait que le respect de leurs enfants (souvent uniques il est vrai) ne soit pas encore surpassé par le culte du laxisme « humaniste » à l’européenne. https://en.wikipedia.org/wiki/Capital_punishment_in_China

  2. Posté par piche le

    Toujours sur le votions, et toujours sur la malhonnêteté, ne serait-il pas envisageable que les textes proposé au peuple ne soient pas alambiqué comme ce fut le cas pour de trop nombreux objets.
    Quand tu es contre tu dois voter oui et si tu es pour tu dois voter non.. ce genre de pirouette est absolument détestable et devrait être combattue par le conseil des états lors de le mise en consultation de initiative.

  3. Posté par piche le

    ce fut un vrai combat que d’argumenter pour cet objet et entendre tant de personnes pourtant lettrées argumenter contre m’a profondément choqué.

  4. Posté par Pascal le

    J’aimerais tant que ce boomeran, JeaDa, existe. Mais le citoyen est stupide. On lui fait un bébé dans le dos et que fait-il aux prochaines élections ? Il se rue pour réélire les mêmes. J’aimerais tellement que des C. Levrat ou C. Sommaruga se fassent sortir lors des prochaines élections, mais cela n’arrivera malheureusement pas.

  5. Posté par JeanDa le

    Qu’ils continuent leurs manœuvres abjectes pour contrer systématiquement le peuple … je me réjouis de voir le boomerang.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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