La famille, un pilier essentiel de la société? Votations : 24.11.2013.

Uli Windisch
Rédacteur en chef
famille14.1013

Rediffusion 14.11.2013 ( 20.10.2013). Sur ce sujet aussi la campagne fait rage. La campagne autour de la possibilité de déductions fiscales également pour les parents qui gardent leurs enfants à la maison tournant essentiellement autour d’arguments économiques et financiers il nous semble essentiel d’en appeler à la prise en compte dans les débats actuels de la campagne du fait que la famille est au fondement de notre société et qu’elle ne peut être réduite à une entité économique et financière.
La famille est en ce moment attaquée sous bien d’autres composantes, jusqu’à être vidée de sa substance, au point où certains considèrent qu’un enfant devrait pouvoir s’acheter comme les autres marchandises qui remplissent les caddies des supermarchés.
Derrière cet « objet électoral », en votation le 24 novembre, apparemment partiel et de détail, se cachent en réalité des dimensions et des valeurs qui sont au fondement même de nos sociétés et que certains et même certaines ne semblent même plus être capables de percevoir. Est-ce grave docteur ? Oui car le ver est dans le fruit, même dans le fruit bourgeois.
D’où notre insistance pour ramener le débat à plus essentiel.

 

Un « Comité libéral », de droite donc, est parti en guerre contre la défiscalisation des familles qui gardent leurs enfants à la maison.

Un autre Comité entre en scène pour défendre cette défiscalisation prônée par l’initiative de l’UDC soumise au peuple le 24 novembre.

Situation avant la votation du 24 novembre. En clair, l’UDC et certains responsables de plusieurs autres partis politiques, notamment du PDC, demandent que les parents qui gardent leurs enfants eux-mêmes à la maison puissent, comme les familles qui donnent leurs enfants à garder, faire les mêmes déductions fiscales.

On peut argumenter longuement contre la demande de mettre sur un pied d’égalité les parents qui veulent s’occuper eux-mêmes de leurs enfants, arguments d’ailleurs souvent créés de manière ad hoc. Il y a cependant un certain nombre d’arguments qui militent pour cette égalité et qui sont soigneusement tus. Ils nous semblent fondamentaux.

Derrière l’opposition à une telle égalité, c’est une nouvelle fois l’importance de la famille qui est relativisée,  même par les partis dits bourgeois, voire quasiment niée, comme en France socialiste en ce moment où le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon ( entre autres !) veut, plus généralement encore, soustraire les enfants à tous les déterminismes sociaux, économiques et justement familiaux, et tout cela au nom du fait que ce serait, en priorité, à l’Etat, au nom notamment de la laïcité, et non à la famille, de s’occuper de l’éducation des enfants.

En fait, il ne devrait même pas être nécessaire d’être conservateur pour comprendre le rôle essentiel des parents dans l’éducation et le suivi du développement des enfants. Il ne fait guère de doute non plus qu’un encadrement familial important peut éviter bien des dérives à un enfant. Ce qui n’exclut pas qu’une prise en charge extra-familiale puisse jouer un rôle complémentaire pour nombre de familles devant avoir recours à cette solution et qu’une prise en charge complète par les familles n’est pas une garantie à 100%  pour éviter que les enfants ne « tournent  mal ».

Mais prétendre que le rôle de la famille n’est plus argument important puisqu’un mariage sur deux se termine par un divorce (chiffres à vérifier !), peut tout de même surprendre de la part d’un responsable du parti PLR, dit bourgeois !

L’omniprésence de l’argument financier peut aussi être vue comme une autre dimension de la relativisation fondamentale du rôle de la famille ; une nouvelle donnée significative de la place de la famille pour ces partis-là ? Si c’était le cas, ce serait grave.

Mais si l’on veut vraiment insister sur l’aspect financier, pense-t-on un instant aux économies que l’Etat réalise lorsque les enfants sont élevés par leur famille, même si l‘encadrement familial peut aussi connaître des difficultés et des échecs.

Que les socialistes veuillent étatiser les enfants comme tout le reste de la société n’est pas surprenant, mais que des partis politiques dits bourgeois en arrivent aux mêmes conclusions est déjà plus préoccupant. Il en va de même avec certaines femmes PDC aux  responsabilités politiques importantes et d’autres encore, comme ces femmes sans enfant au modernisme revendiqué serait plus en phase avec une appartenance au parti socialiste.  Pourquoi ne font-elles pas ce grand saut politique, puisque certaines vont jusqu’à moquer les familles traditionnelles.

Encore un effort si vous voulez faire fuir vos membres qui ont une conception plus classique de la famille et qui surtout en ont une de famille.

Se pose ainsi une nouvelle fois la question déjà évoquée à propos d’autres thèmes de société : pourquoi ce gauchissement (en fait une véritable socialisation à froid non perçue comme telle) des partis dits bourgeois ou de droite et leur peu de différenciation avec la gauche, sur des points qui représentent pourtant des piliers essentiels de notre forme de société.

Et, comme toujours dans ces cas-là, les partisans de ce camp dit progressiste vont jusqu’à caricaturer ceux du camp opposé en les traitant sur le mode moqueur de conservateurs, et en les accusant de vouloir obliger les femmes à rester à la maison. Alors qu’ils savent parfaitement que cela est faux et qu’ils ne se rendent même pas compte des effets contraires et des réactions ulcérées ainsi provoquées.

Nulle obligation pourtant de garder les enfants et la femme à la maison « pour tous » ! Mais pourquoi ce mépris implicite, souvent explicite, pour les autres femmes et parfois hommes ! qui souhaitent simplement en tant que parents s’occuper de leurs enfants la maison ? Et pourquoi cet autre refus, celui de reconnaître que c’est là un travail, et combien profitable pour l’ensemble de la société et qui mérite reconnaissance et rémunération, ou au moins des déductions fiscales équivalentes.

Les opposants argumentent donc essentiellement sur le coût, selon une vision fortement matérialiste. S’en rendent-ils seulement compte ?

Un simple rappel et exemple de dépenses gigantesques effectuées par la Suisse et qui auraient pu être évitées : pensons aux pharanoïques travaux de percement des tunnels sous les Alpes qui ont coûté des dizaines de milliards et dont profitent toute l’UE (même si nous n’en sommes pas membres) et que cette dernière était même prête à financer.

Or, de manière on ne peut plus idiote et cette fois avec un égo mal placé, la  Suisse officielle a refusé cette proposition de l’UE, d’y participer financièrement. On aurait pu utiliser ces dizaines de milliards à d’autres fins. Et dans le cas de l’aide aux familles dont il est ici question on avance un coût inadmissible et menaçant, un milliard face aux dizaines susmentionnées !

Une nouvelle fois, que les partis dits bourgeois ne s’étonnent plus que les citoyens et électeurs moqués comme traditionnels s’en vont rejoindre des partis et mouvements qui ont encore comme but de conserver ce qui mérite de l’être tout en ne cherchant pas à l’imposer à tous, contrairement à ceux qui veulent soustraire le plus possible les enfants aux déterminismes familiaux et autres, par égalitarisme, alors que l’on sait depuis longtemps où cela peut conduire.

La famille est d’ailleurs attaquée sous bien d’autres composantes, jusqu’à être vidée de sa substance, au point où certains considèrent qu’un enfant devrait pouvoir s’acheter comme les autres marchandises qui remplissent les caddies des supermarchés.

Derrière cet « objet électoral », en votation le 24 novembre,  apparemment partiel et de détail, se cachent en réalité des dimensions et des valeurs qui sont au fondement même de nos sociétés et que certains et même certaines ne semblent même plus être capables de percevoir.  Est-ce grave docteur ? Oui car le ver est dans le fruit, même dans le fruit bourgeois.

Uli Windisch, 26 octobre 2013

 

Voir encore

Initiative sur les familles (votation 24.11.13 : du pétainisme ?

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Initiative sur les familles: la presse trafique

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2 commentaires

  1. Posté par Chantal Donzé le

    La famille est un thème bien trop précieux et complexe pour le réduire à une déduction fiscale. Ce thème mérite un traitement approfondi, global et intergénérationnel, pour tenir compte aussi des grand-parents. L’article consitutionnel sur la famille aurait pu lui procurer ce cadre, mais il a été rejeté par l’UDC. Le PDC prévoit d’autres initiatives en faveur de la famille : non-discrimination fiscale des couples mariés (qui devrait mener à un pic matrimonial inédit) et exonération fiscale des allocations familiales (quelque soit le modèle familial traversé par les parents / enfants).

  2. Posté par Michel de Rougemont le

    En termes de libéralisme on devrait plutôt se demander pourquoi accorde-t-on une déduction fiscale aux parents qui confient leurs enfants à des crèches. Ou pourquoi l’État s’emmêle-t-il dans le marché de la garde d’enfant et dans son subventionnement?
    La liberté des personnes à travailler ou pas, à avoir des enfants ou pas, à avoir telle priorité ou telle autre, cette liberté s’accompagne de responsabilités qui en découlent.
    Et maintenant l’UDC veut que l’État s’en mêle encore plus au nom de l’égalité de traitement.
    La droite devient un peu courbe.

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