Le lapsus révélateur du parti socialiste valaisan

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Il y a quelques mois, le petit monde romand, médusé, avait pu suivre cette affligeante histoire de drapeau qui-n'est-pas-nazi-mais-qui-aurait-pu-l'être dans le carnotzet d'Oskar Freysinger. Certains critiques improvisés étaient lamentablement tombés dans le panneau, parmi lesquels, en tête de gondole, le sémillant Gaël Bourgeois, président du parti socialiste du Valais romand; parti qui réchauffe, au demeurant, en son sein quelque solide antisémite, mais passons.

Profitant de l'occasion qui lui était offerte, M. Bourgeois avait rengorgé son triple menton pour déclamer de son ton le plus grave:

"Je trouve cela inquiétant pour quelqu’un qui a un minimum de culture. Les gens savent qu’ils ont voté pour quelqu’un qui flirte avec l’extrême droite mais cela n’a jamais été aussi clair qu’avec ce symbole affiché chez lui." (source)

Tout cela est parfaitement ridicule, nous sommes d'accord, et sent l'instrumentalisation de triste facture, mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

Lors de l'un de ces sujets oiseux dont elle seule a le secret et qui fleurent si bon la pénurie de main-d'oeuvre des vacances de la Toussaint, la rédaction du Forum de la RTS a tenté laborieusement de mettre en lien l'image fantasmée qu'elle se fait du caractère valaisan avec... la baisse des nuitées. Tant il est vrai, à la RTS, qu'argent et rentabilité sont la vérité et la preuve de tout. Face à Jean-Marie Fournier, évidemment, pour poignarder la particularité régionaliste dans le dos, l'internationaliste local, en grande livrée de moraliste, Gaël Bourgeois. Le Valais, les Valaisans, ne passent pas les fourches caudines du référent étriqué de la gauche bien-pensante; trop libre, trop fier, trop grand pour ces bassesses, son "image" est "catastrophique". Le Judas de piquet remplit à merveille son rôle de petit bailli de l'idéologie de la grande ville lorsque soudain, patatras, l'accident (dès 01:57):

"Un Valais qui est incapable de se remettre en question, qui est incapable d'accepter la volonté populaire souveraine de ses compatriotes, qui [...] qui [...] etc.

Jean-Marie Fournier, comme nombre d'autres Valaisans, se complaisent à poursuivre ce rôle-là en étant des espèces de Walkyries... de Winkelried pardon." (02:46)

Et là c'est le drame, la référence à la mythique germano-wagnérienne, sa confusion avec la gloire militaire helvétique, suscitent le tollé; Martine Brunschwig-Graf est convoquée d'urgence pour une réunion de crise. Des précautions s'imposent, le fauteur a peut-être des reproductions sonores de Parsifal dans sa discothèque. On dresse une projection du nombre d'anciens - et de néo - nazis qui auraient pu un jour assister à une représentation du Nibelungen; c'est la tragédie. On panique, on cherche à tout prix un élu pour déclarer qu'il "trouve cela inquiétant pour quelqu’un qui a un minimum de culture", mais impossible, il s'agit de Gaël Bourgeois tout de même.

Et bien non, ça ne marche pas comme ça, ça ne marche d'ailleurs jamais comme ça, parce que, jour après jour, nuit après nuit, votre horizon socio-culturel a été tissé pour permettre certains amalgames et en interdire d'autres. Et si vous ne pensez pas comme ça, c'est probablement que vous devez être Valaisan. Bienvenue !

 

Un commentaire

  1. Posté par Jean-Baptiste Aegerter le

    Je suis outré, on ne se moque pas ainsi du goître de nos édiles, c’est honteux !

Et vous, qu'en pensez vous ?

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