La réalité Schengen/Dublin

Yvan Perrin
Ancien Conseiller national
schengen

Session extraordinaire « La réalité Schengen/Dublin : libre circulation des criminels et abus dans le droit d’asile ».
Le 19 mars 2005 à La Chaux-de-Fonds, à l’occasion de l’assemblée des délégués du Parti socialiste, la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey prononçait ces fortes paroles: « Schengen nous apportera plus de sécurité ».

Aujourd'hui, avec huit ans de recul, on mesure à quel point l'intéressée était dans l'erreur. L'ouverture des frontières a donné une bouffée d'oxygène au crime vagabond, conséquence fort sensible dans le canton de Neuchâtel eu égard à sa longue frontière avec la France. Les statistiques policières unifiées au niveau suisse depuis 2009 démontrent clairement que Neuchâtel est particulièrement touché.

Ainsi, on remarque ainsi que lorsque la criminalité baisse de 5% au niveau suisse entre 2009 et 2010, elle reste stable à Neuchâtel qui ne bénéficie pas de l'embellie constatée au niveau national. Lorsqu'au contraire la situation se dégrade entre 2010 et 2011 à hauteur de 6% sur l'ensemble du territoire, la criminalité déjà supérieure à la moyenne augmente de manière plus importante dans notre canton.

Cette situation particulièrement défavorable s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, la proximité immédiate de la frontière garantit un repli rapide aux criminels qui viennent se servir chez nous. Ces délinquants peuvent donc agir sans grand risque avec d'intéressantes perspectives de butin. Ce n'est pas un hasard si en parallèle aux cambriolages commis au préjudice des particuliers, de nombreuses entreprises travaillant les métaux précieux ont été les cibles d'individus souvent lourdement armés et volontiers violents. Les agressions de ce type laissent fréquemment des séquelles graves et durables chez les victimes qui peinent à retrouver une vie normale après pareil événement.

Le printemps arabe a également apporté son écot à la dégradation générale que les professionnels observent, à commencer par un homme volontiers considéré comme la référence suprême en la matière, à savoir Olivier Guéniat, commandant de la police cantonale du Jura

Ce spécialiste constate que le nombre de victimes augmente et qu’on ne peut pas continuer de cette manière. L’homme va même jusqu’à évoquer des centres fermés, solution qu’il fustigeait dans les termes les plus clairs il n’y pas si longtemps encore.

Pour résumer la situation telle qu’elle est vécue dans le terrain, rien de mieux que l’avis d’un professionnel, à savoir Jean-Marc Widmer, président de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police et non un nationaliste du Parlement comme un ponte du parti socialiste désigne les membres de l’UDC :

« Nous, les policiers, nous nous sommes fait avoir. On nous a vendu le fait que nous pourrions accéder à la banque de données des policiers européens. Mais on a complètement occulté les problèmes de l’ouverture de la frontière. C’est devenu une passoire. Les armes, la drogue, les gangs lyonnais et les bandes de Roms passent beaucoup plus facilement. Il faut absolument remettre des gens aux postes frontière.».

Ces mots émanent d’un homme qui représente les 23’000 policiers et policières qui tentent chaque jour de juguler la délinquance et rétablir une certaine qualité de vie dans nos rues.

Dans son article 2, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 précise que les droits naturels et imprescriptibles de l'Homme sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. Les rédacteurs des 17 articles qui composent la déclaration seraient bien surpris s'ils revenaient parmi nous aujourd'hui. Ils constateraient avec effarement combien notre société dite moderne malmène ces droits essentiels. Nous serions bien inspirés de nous souvenir que la première tâche de l’Etat consiste à garantir la sécurité des personnes et des biens et prendre les mesures qui s’imposent pour rétablir les droits fondamentaux reconnus il y a déjà plus de 2 siècles.

Yvan Perrin  

5 commentaires

  1. Posté par bigjames le

    C’est vrai qu’il y a encore quelques douaniers à nos frontières.
    Mais n’en déplaise à M.Favre, c’est justement le contrôle des personnes qui manque.
    La libre-circulation des personnes est à l’origine de l’immigration clandestine de masse, et de tous les braquages et vols qui sont perpétrés dans le canton.
    Il faut juste être de mauvaise foi pour ne pas l’admettre.

  2. Posté par Gil Favre le

    @ Monsieur Perrin
    La Suisse n’a pas une union douanière avec l’UE. Si les contrôles des personnes sont interdites depuis Schengen, il est en revanche totalement licite d’exercer un contrôle – même systématique – sur les marchandises. Ne vous en déplaise, ce n’est donc pas Schengen qui a mis un terme aux contrôles à la frontière, mais la volonté politique suisse de favoriser les échanges commerciaux (y compris la « petite » routine des frontaliers) ;)

    C’est une belle excuse politique d’invoquer Schengen alors que le politique a donné l’ordre aux CGFr de ne pas ou moins procéder aux contrôles de marchandises sans que rien (autre que des considérations économiques) ne l’y contraignait ! :)

    Vous voulez être efficace ? plutôt que de demander la dénonciation Schengen, que diriez-vous de proposer d’intensifier le contrôle des marchandises à la frontière ? Bien sûr, votre parti perdra certains financements privés et le patronat va « gueuler »… mais la sécurité des Suisses n’est-t-elle pas à ce prix ?

  3. Posté par Marceline Dilonardo le

    Ce constat, fait pour le canton de Neuchâtel, est valable également pour celui de Genève!

  4. Posté par Amarillys Taylor le

    Tout à fait d’accord avec Mr. Perrin qui décrit de façon magistrale la situation vécue par tous les Suisses depuis cette malheureuse « ouverture » de Schengen. Arrêtons enfin de penser politiquement correct et de dire et espérer que ces gens vont accepter nos lois et nos coutumes. Il n’en sera rien et nous paierons chèrement notre naïveté.

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